Une enfance pauvre mais calme…
Née Gabriella Donizetti, le 30 mars 1899, avant-dernière des 11 enfants de Saverio Donizetti et Amanda Fabrizi, elle même petite fille de Violettina Giovanni, vivant à Newark, dans l’ombre de la grosse pomme. En 1919, il ne restera plus que 5 frères et soeurs, dont le petit dernier, Tristano qui n’a jamais connu son père, mort lors d’une rixe avec des « natives » -i.e. immigrés d’origine allemande présents depuis au moins 2 générations! La famille dont le nouveau « chef » a tout juste 17 ans, Marcello, peinera à subsister et rapidement les enfants travaillent : la majorité des filles rejoint la « nouvelle » usine de vêtements prêts-à-porter et les garçons celle de plastique.
Très rapidement, Gabriella se fait une amie un peu plus vieille, Margaret Richards avec qui elle commence à découper les articles et photos des journaux, rêver de Broadway et .. se détourner du droit chemin. Margaret , Dieu sait comment, parvient à « monter » à l’atelier dessin et « enseigne » le dessin et surtout le design de mode à sa jeune amie tandis que Gabriella « emprunte » régulièrement des chutes de tissus… Jusqu’au jour où elle se fait prendre et renvoyer.
Rossée par son frère, et perdant de vue Margaret qui se sera rapidement, sans doute, trouvée une autre BFF, Gabriella âgée de 14 ans entre en rébellion plus ou moins ouverte et sa mère finit par faire appel à une de ses soeurs mariée à New York qui lui trouve un emploi de domestique. La jeune fille accepte avec joie! enfin, elle va quitter ce trou puant pour rejoindre la Grande ville!
« I wanna wake up in the city that doesn’t sleep… ! »
Les conditions de vie chez la vieille Alberta Magrini, apparentée de loin à la Famille, ne sont pas trop désagréables. La vieille dame est une harpie à la mémoire vacillante, ce qui offre des avantages quand on sait sourire et subir les caprices. Le porte monnaie se déleste parfois de quelques pièces mais Gabriella a retenu une chose : on ne vole pas là où on fait son nid. C’est donc davantage chez les amies, et les amies des amies que la jeune fille pioche sa fortune, un ruban par ci, quelques pièces par là, un bijou – rarement- par ci, un scone à la crème par là… C’est aussi à cet âge qu’elle comprend que les époux, fils et petits fils des amies de sa maitresse, tout comme les domestiques de ceux-ci la regardent désormais avec un désir marqué et qu’elle apprend peu à peu à en jouer. Et puis, bien sur, le soir dans sa chambre de bonne, elle rêve de Broadway qui est là, à portée de main, dépensant d’abord ses économies pour s’offrir régulièrement des places de cinéma et de théâtre puis profitant des largesses de ces daddys qui ne demandent au fond qu’à pouvoir la peloter dans le noir… même s’ils réclament parfois plus en la ramenant, elle s’y refuse encore quelques temps. Le temps d’être « prête ». Car la jeune fille devenue jeune femme se fiche un peu de la vertu et de la morale, mais elle a de l’ambition et un plan. Préserver sa réputation n’est qu’un moyen d’assurer sa tranquillité tout comme les emprunts qu’elle ne commet qu’à l’extérieur. De plus, elle veut être actrice soit! Il faut qu’elle s’entraîne.
C’est donc dès l’âge de 16 ans et demi qu’elle commence, dans le secret et devant le miroir de sa chambre, à s’inventer de vies et faire naitre des personnages… Continuant de découper les journaux, de retailler des robes et de les arranger avec ses précieuses « trouvailles », elle fait naitre des jeunes femmes dont elle invente le nom, la vie, qu’elle écrit dans un carnet sous la colle légère d’un article qui l’aura inspirée. D’abord brouillonne, elle s’organise et crée des personnages avec une efficacité redoutable. Si Gaby n’est pas toujours rapide ni intellectuelle, elle est maligne, particulièrement pour servir ses desseins. Ainsi naissent Bianca Lughoni, jeune veuve fraichement débarquée d’Europe, Julietta Lamor, danseuse en quête d’une nouvelle vie, Margaret Richardson… jeune modiste venue de Newark!, ou Elizabeth Norton, jeune orpheline sortie du couvent, et d’autres. Les dimanches et soirées de la jeune femme sont chargés et rentables! elle perfectionne ses rôles et petit à petit remplit sa cagnotte, parfait son talent, et apprend à changer de masque comme de bas! elle développe en parallèle d’autres « compétences ». Ainsi, Julietta Lamor apprendra auprès d’une « amie » prostituée à donner du plaisir aux hommes sans céder sa virginité car c’est Elizabeth Norton qui vendra très cher son pucelage… Néanmoins, dans la mesure du possible, la séductrice évite d’en arriver jusque là, il ne faudrait pas tomber enceinte !
« Nous portons tous des masques, et, il vient un temps où on ne peut plus les retirer sans s’arracher la peau. » (A.Berthiaume)
Ainsi, deux années passent et Gabriella délaisse de plus en plus la vieille Alberta – qui de toutes façons quitte de moins en moins son lit- pour mener ses vies parallèles et relativement lucratives. Relativement car elle n’est pas très économe, il faut l’avouer et les « costumes » coutent cher. Néanmoins, Gabriella apprend, parfait ses rôles, se permet même quelques fantaisies qui auront la vie courte mais lui offriront du bon temps. Experte dans l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes à ceux que la morale arrêteraient, elle continue de profiter de ce que la nature lui a offert pour faire tourner de multiples têtes et remplir ses poches un peu percées. Pour autant, elle ne manque pas de mettre un peu d’argent de côté, la vision de l’édentée du coin de la rue, autrefois parait-il célèbre comédienne, lui occasionnant des cauchemars et des sueurs froides à tel point qu’elle change régulièrement de chemin pour rentrer chez elle afin de s’épargner cette vision douloureuse. Étrangement, la clocharde semble suivre le raisonnement inverse puisqu’elle se retrouve presque systématiquement sur son chemin, lui jetant à la figure supplications et imprécations mêlées que la jeune femme fait taire en jetant des pièces pour éviter les crachats alcoolisés de la pocharde. Ce rappel perpétuel de ce que peut être la déchéance après le succès lui donne de la rage, de la ténacité dans sa volonté de réussir et de profiter de sa beauté tant qu’elle est fraiche.
Et puis la belle devient redoutable. Elle dit ce qu’ils veulent entendre, offre ce qu’ils désirent le plus, car la plupart ne souhaite au final qu’être écouté par une fille belle à damner un saint et se contente d’être le roi du monde dans son regard quand elle leur cède le privilège d’un baiser ou la vue d’un téton. Aux plus généreux, et selon le personnage qu’elle joue, elle offrira le soulagement de sa main, le luxe de sa bouche… Elle s’amusera même à séduire deux fois un vieux monsieur lubrique mais très peu performant sous deux identités différentes! Elle s’enhardit et développe son art souvent sans ouvrir les cuisses à autre chose qu’une main baladeuse. Mais elle sait qu’un jour il faudra sans doute en passer par le lit d’un producteur qui ne se contentera pas de promesses pour obtenir une audition! Car si Gaby devient un parfait caméléon social, passant de rôle en rôle, jusqu’à présent, le succès n’est pas au rendez-vous sur les planches ni devant la pellicule. Elle n’aura obtenu qu’un rôle de figurante, au mieux, dans une production mineure et là, c’est un second rôle qu’elle vise!
Sauf que depuis quelques temps, on a remarqué son manège et c’est peut-être avec surprise que « on » a compris que Clorinda Magrini, jeune serveuse d’un restaurant cherchant la gloire n’est autre que Gabriella à force de filature. Et c’est ainsi qu’un certain Benny débarquera dans une luxueuse chambre d’hôtel, délogeant le dénommé Wallace Ruppert du décolleté de la belle et la belle du pantalon du producteur avec pertes et fracas – ses deux acolytes- pour lui donner une bonne leçon. Le type la fermera, ça c’est sur… Et Gabriella va refaire sa vie. Et ce n’est pas une option. Quelques dizaines de dollars en poche et une valise pleine de « souvenirs » et d’identités, la jeune femme quitte un océan pour un autre et rejoint la côte ouest au printemps 1919…
« Hollywood, here I am! »
La Famille l’oriente donc vers Hank Rottenstein qui lui dégotte une chambre de bonne et un emploi, d’abord à sa librairie puis, plus tard, au Jim Dotta’s fine steackhouse! D’abord prudente et sage, Gabriella – qui se fait appeler Gaby s’inscrivant aux casting sous le nom de scène « Gaby Carlson » – commence par prendre le temps d’appréhender cette ville pleine de promesses et apprend, plus ou moins vite selon la « matière ». Hank lui offrira un peu de la culture générale qui lui manque, les journaux qu’elle épluche au sens propre comme au figuré, lui enseigneront le reste. La ville en pleine expansion doit devenir son royaume et ce n’est pas pour rien qu’elle a choisi la future capitale du 7e art : elle n’a pas renoncé à la réussite et la richesse qui couronnent chaque année des filles bien moins jolies et douées qu’elle. Et puis, la jeune starlette en quête de gloire nommée Gaby Carlson est un personnage qu’elle maîtrise parfaitement…
Pour autant, peu à
peu, Gabriella retrouve ses habitudes, comme une pulsion à laquelle
elle cède. Discrètement et de façon ponctuelle au départ, tâtant le
terrain, elle utilise ses talents pour appréhender cette terre inconnue,
découvrir les cultures, les milieux qui la peuplent, rencontrer des
gens, épier les conversations, enquêter sur ceux qui y règnent,
découvrir leurs secrets, leurs faiblesses… Elle reprend confiance et
replonge dans ses jeux de séduction et ses emprunts, et c’est ainsi que
Lucia Dominguez, – premier costume hispano qu’elle endosse – fera
craquer le désagréable Adelmo Capra qui avait eu l’audace de la traiter
mal alors qu’elle lui avait soit disant servi un steak mal cuit. Cette
fois, elle allait servir un plat qui se mange froid. Lentement, comme
une charmante araignée, Gabriella tissera sa toile autour du type
pourtant marié, l’enivrant de désir, le rendant fou d’amour, se prenant
au jeu avec un peu plus de cruauté que sa petite vengeance aurait
mérité. Testant les limites de son art, elle se laissera couvrir de
bijoux et poussera l’homme jusqu’au divorce, pour mieux le rejeter
ensuite et le laisser mariner dans un désespoir d’autant plus noir qu’il
devra quitter la ville, poursuivi par le déshonneur… Une fois sa
revanche prise, croisant par hasard la ribambelle de gosses abandonnés
par le père volage, Gabriella en concevra du remord et ira se confesser
-en partie- avec une vraie sincérité.
Néanmoins, elle se trouve rassurée : ça fonctionne toujours et pas qu’un peu.
Et puis… il y eut Noël. Et la Famille…

1920-1929 : Madame Peter Gillighan …
Oui, Gabriella aura de bonne grâce accepté d’épouser Peter Gillighan. Elle lui aura même donné trois enfants, dont deux filles et un garçon.
Oui, elle aura renoncé à son rêve de célébrité et pourtant après le succès du Masque de Zorro, la belle aura été recontactée personnellement pour un nouveau rôle mais « on » lui aura gentiment demandé d’y renoncer. Et elle aura obéit d’autant plus qu’elle tombe rapidement enceinte du premier enfant de la nouvelle génération Gillighan, une fille, appelée Emma.
A peu de choses près, durant ces années, Gabriella affichera le profile de la parfaite épouse, puisqu’on lui offre à peu de chose près la jeunesse éternelle et la fortune. Et tout comme elle aura subi avec le sourire la tyrannie de la vieille Alberta ou les attouchements de nombre types, elle peut bien officiellement et dignement ouvrir les cuisses pour un époux ! Mieux, elle l’épaule autant qu’il la laissera faire, le conseille et aide à la bonne réussite de ses affaires s’il lui en laisse l’opportunité mais surtout, elle s’implique dans des bonnes œuvres, se crée un nouveau costume en manteau de fourrure de bonne dame charitable et populaire dans les milieux de nouveaux riches.
Avec le temps, les époux se seront rapprochés, sans pour autant sombrer dans une folle passion, ils établiront des liens de confiance et de respects mutuels, se muant en complicité et tendresse. Quand Peter sera lourdement affecté par l’affaire Hickman, sa femme saura être le soutient qui lui permet de reprendre le dessus et c’est autant dans la joie apportée par leurs trois enfants, que dans la douleur d’une fausse couche qu’il sauront renforcer leurs liens.
Durant ces dix ans, et malgré les différentes tentations qui se seront présentées à Gaby Gillighan, celle-ci ne cèdera qu’une fois à des avances masculines. But what happens in Reno stays in Reno…
C’est une épouse modèle…
L.A. Empire et Sin city…
… qui ne manquera pas, chaque fois que l’occasion s’en présente, de vivre des vies parallèles et d’endosser des costumes, plus rarement qu’à New York mais en étant cette fois mieux entraînée et plus douée. Et plus riche ! L’une fréquente un speakeasy, l’autre s’encanaille habillée en garçon dans les clubs de jazz, l’autre chante dans un club select où l’on se fiche bien qu’elle n’ait pas vraiment une grande voix. Elle utilise parfois ses anciens « costumes » leur inventant une nouvelle histoire pour infiltrer des milieux différents, se faisant une amie ouvrière, séduisant un acteur de seconde zone, cherchant une fois encore à s’infiltrer dans tous les milieux pour tout savoir. Et pour s’adonner à quelques plaisirs secrets, profitant de ses masques pour le faire en toute discrétion. Un peu d’alcool, peu de drogue, un peu plus de sexe avec les deux genres et plusieurs couleurs -mais toujours avec prudence-, de la débauche calculée et qui ne doit surtout pas faire scandale.
Et c’est ainsi qu’elle finira par admettre qu’elle ne veut pas vraiment être célèbre ni faire carrière au cinéma… Ce rêve, c’est celui de Gaby Carlson mais Gaby Gillighan est un rôle bien plus intéressant. Et une nouvelle ambition commence à naître. L’idée lui vient alors qu’elle est enceinte de sa deuxième fille, Anna, et qu’elle se retrouve recluse à son domicile, interdite d’escapades et de déguisements. Occupant comme autrefois ses heures matinales à lire, éplucher et découper les journaux, et notamment un exemplaire de l’Illustrated Daily News, elle réalise combien l’image, la photographie devient importante et aussi combien Los Angeles est encore pauvre en matière de presse dirigée encore et toujours depuis New York. Elle a trouvé sa voie, une voie de l’ombre et de l’information, un « métier » qu’elle connaît et qu’elle maîtrise sans même s’en être rendue compte depuis des années, un projet qui ne devrait pas déplaire à la famille puisqu’il sera source d’information et de renseignements… et un jour de pouvoir.
Elle demandera donc officiellement à son époux de lui offrir et financer un premier « journal illustré », une revue « mondaine » hollywoodienne, qu’elle appellera GLAMOUR!
Elle présente cela comme un projet innocent, une passion toute féminine pour les femmes, où l’on ne parle que de broutilles très féminines. La mode, la haute société, les vedettes, l’art et les bonnes œuvres ! Mais Gaby a encore un plan… ce n’est pas juste une revue qu’elle souhaite créer. C’est plusieurs… c’est un empire de presse.
Et c’est ainsi qu’au fil des années naitront d’autres revues et journaux illustrés plus spécialisés. D’abord, à l’automne 1926, au retour de leur voyage à Paris : une revue de mode « LA belle mode » – en français dans le texte – un an après la naissance de leur fils, Joseph…
Et à peine quelques mois plus tard, en « réponse » à la publication de « La Opinion », premier journal hispanophone, un journal 100% italien voit le jour, portant le nom d’une chanson populaire qui n’est pas encore le symbole résistant de 1944 mais qui sonne déjà bien « Bella ciao ». R&G Press (Rosselini & Gillighan Press) est né.
Enfin, à l’occasion de la première cérémonie des oscars – Gabriella étant membre de l’Académie!- , est publié le premier numéro de « Hollywood Stars ».
Plus tard, sans aucun doute, paraitront d’autre journaux, hebdomadaires, illustrés ou non, qui perdureront ou pas en fonction de leur succès sur différents thèmes comme les affaires, l’immobilier, etc… Gabriella investissant d’ailleurs dans quelques propriétés, ce qui probablement sauvera ses entreprises en octobre, quand la crise boursière frappera de plein fouets ses affaires. A deux doigts de tout perdre, la revente d’une ou deux maisons bien placées à son « cher conseiller et ami » Milliner lui permettra de récupérer à temps les liquidités nécessaires et éviter la débâcle.
Mais il n’y a pas que dans la presse que la belle fait des affaires.
Suite au succès rencontré par les deux éditions du livre qu’elle a fait publier sur Mabell Normand, paraitra un torche-cul qui se vendra comme des petits pains à chaque nouveau scandale. Néanmoins, « Holly Gossip » ne fait absolument pas partie du groupe R&GPress mais d’une obscure entreprise nommée « SinYourself » qui dans l’ombre commence à faire parler d’elle et dirigée par une certaine Juliette Lamor, ancienne prostituée reconvertie dans le cinéma « illicite » qui connait un succès grandissant à mesure que le Code Hayes est adopté par les grandes major hollywoodiennes… Produisant d’abord de simples « nudes », les catégories de film sont de plus en plus X jusqu’à devenir carrément pornos. Et bien que d’abord très confidentiel, le succès vient lentement mais surement… Une occasion en or de faire tourner certains acteurs courant le cachet et de tester leur talent, comme celui d’un certain Clark Gable à la moustache irrésistible! Et chacun sait que le meilleur moyen de résister à une tentation est d’y céder. Dont acte!
Puis un nouveau Noël en famille vient clôturer l’année 1929…
1929-1931 E la nave va...
L’année 1930 sera catastrophique pour les affaires, perdant une part de sa fortune et de son influence sur la presse ainsi que sur Hollywood, Gabriella se consolera en parallèle sur sa gestion impeccable des affaires de la famille aux côtés de Joachino durant la visite à Venise d’Andreas et sa suite, ce qui lui vaudra, pour le pire ou le meilleur, d’être remarquée par son oncle qui dès son retour, marquera son appréciation à avoir une « femme » à la maison. D’ailleurs, dans les temps qui suivent, Andreas signifiera à Gaby qu’il apprécierait qu’elle s’y installe de façon plus régulière, voire, définitive.
L’année suivante, lors de la visite de Pétrodon à LA, la Famille joue un magnifique coup et se voit gratifier les droits d’influence sur Las Vegas et le Nevada, tandis que Gaby se voit « assignée » auprès de l’archonte Victor Girard, de retour à Santa Barbara, pour le maintient de la Mascarade et la co-gestion des influences Media… .
Les choses s’arrangeront progressivement et une nouvelle machine se met en marche.
En 1931, Gabriella aura repris contact avec une de ses nièces, fille de son 3e frère, une certaine Giuliana, l’invitant à venir vivre chez elle à Los Angeles et lui payant une partie de ses études à New York. Malheureusement, un soir, sa voiture quitte la route et fait le grand plongeon. Tout le monde sait qu’elle roulait parfois trop vite…
C’est un drame familial, Gabriella Donizetti aka Gaby Gillighan laisse derrière elle un époux éploré et trois beaux enfants.

1931-1943 : La Signorina Giovanni
… Pour le monde de la nuit, Gaby se laisse modestement appeler désormais Gabriella Giovanni, notamment depuis son installation permanente au manoir où elle joue les rôles de fille de la maison… ou peut-être de femme de la maison, sa place et son statut restant probablement flou aux yeux des étrangers. Elle épaule Domenico, assure l’accueil des hôtes et organise les soirées. Elle va peu à peu, également, s’imposer comme l’interface auprès des « familles » de la Famille, prenant soin des conjoints, des enfants, s’assurant de la bonne santé de chacun, sur Los Angeles mais aussi, petit à petit, sur l’ensemble de la Californie. C’est elle qui rédige les cartes de noël et prévoit les cadeaux pour les naissances et les mariages, aide à chercher des épouses de bonne famille, et peut-être même, des maitresses convenables. Elle cherchera à s’imposer avec le temps comme celle à qui l’on s’adresse pour les petits soucis et les conseils du quotidien, les confidences sans importance et les petits secrets. Elle sera la bonne amie, la pétillante nièce, la chère cousine, la merveilleuse marraine et la copine sympa.
Elle développera de vrais liens d’amitié avec Artémise qu’elle ne cessera de soutenir et encourager dans des projets artistiques, l’accompagnant régulièrement à des vernissages et des soirées, essayant par elle, de développer un peu ses connaissances académiques et intellectuelles. Elle gardera des liens plus sobres mais néanmoins amicaux avec la femme de Benny tout comme elle sera aussi la « marraine » de Liliana, non seulement en public, mais aussi si besoin en privé. Et ces différents rôles, elle les endossera plus ou moins avec tous ceux de la famille, prenant soin de connaitre le nom de la petite fille du vieux papi de la cousine du beau-frère de Paolino ou la date de naissance de la sœur de l’oncle par alliance de Roberta.
En parallèle et durant les années qui viennent, toujours pour le monde de la nuit, elle aura à cœur d’être la plus efficace possible auprès de Victor Girard et de remplir la mission qui lui a été confiée que ce soit par le biais de son groupe de presse, l’agence de détective privée de Mira et ses liens avec Mannix. Auprès du Toréador, elle apprend et met à son service ses différents talents. Sans tout révéler, Girard finira sans doute par comprendre, quelque part, son jeu des costumes et pourra aussi bénéficier de ses différents dons de séductrice et baratineuse. L’ironie de sa situation auprès de la Camarilla comme assistante d’un « archonte » garantissant la Mascarade l’amuse et elle s’y complait, ayant parfois, finalement conscience du pouvoir qu’elle pourrait posséder sur tel ou tel, notant consciencieusement tous les petits secrets et confidences, archivant les vilaines affaires et bruits étouffés, enregistrant derrière son sourire charmeur toutes les incartades des Semblables qui ne sont pas les siens.
La deuxième grande occupation de Gaby durant cette large décennie sera, outre développer ses influences de façons magistrale dans la JetSet de Los Angeles, d’installer la Famille à Venice aux côtés des membres de sa côterie, planifiant, élaborant diverses stratégies pour petit à petit déplacer la communauté italienne à Venice et y installer le Domaine Giovanni de façon plus sournoise mais tout aussi certaine que la construction du grand manoir de Beverly Hills.
En 1940, elle y aménagera dans une assez grande maison non loin de la plage, à quelques rues de l’imprimerie L.A. Sins, qui publie non seulement la revue à scandale et à potins merdeux « Holly Gossip » mais aussi les publications érotiques et pornographiques « Sin Yourself », désolidarisés et délocalisés depuis peu – le studio de tournage restant lui à Hollywood.
Ce qui se passe parfois dans l’intimité du manoir ravit Gabriella mais l’angoisse un peu. Elle finit par accepter l’idée de laisser Andreas lui fabriquer un costume, – un de plus…- puisque cela le rend heureux et le satisfait. L’idée en revanche de laisser ce costume à Maria-Luisa lui déplait davantage et bien qu’elle ait en effet certains troubles identitaires, Gaby aime rester propriétaire de ses robes! En parallèle, la « maitresse femme » qu’elle devient avec le temps, celle qui bâtit son empire et développe ses idées raisonnables mais pragmatiques sur la libération de la femme se contente assez peu d’être réduite à l’état de simple poupée et commencera à chercher comment inverser la tendance tout en tachant de plaire, complaire et satisfaire de plus en plus Victor Girard, y devinant sans se l’avouer un possible sauveur à une situation qui pourrait bientôt s’avérer problématique.


1943-1954 : Dans la chaleur de la nuit…
C’est dans la nuit du 20 juin 1943 que tout bascule alors qu’elle quitte la chambre où Victor reçoit un contact infiltré dans l’avant-garde de la Caravane de la Liberté, et que Lloyd Dickinson, mandaté par tante Genevra donne la mort à Gaby dans un couloir du Venezian. Sans réfléchir et tenant une promesse qu’il lui avait faite malgré ses propres réticences, Victor Girard donne l’étreinte à Gabriella pour la sauver – alors que Genevra escomptait qu’elle serait sauvée par Benny ou Jo!
Gaby sera donc une toréador de la lignée « princière », bastardi Giovanni, une vie menée le cul entre deux chaises mais, comme elle le dit parfois en souriant « ça tombe bien, j’ai deux fesses. » car cette situation que d’aucuns jugerait inconfortable, elle va en faire une force, et tenter avec le temps d’être l’interface évidente entre la camarilla et la Famille, ce à quoi, elle l’espère, aura servi le « train de la Camarilla » .
Ce « cadeau » va un peu plus rapprocher Gaby de sa tante – autant qu’il l’éloignera d’Andreas en parallèle, désormais lucide sur le rôle de costume de luxe que celui-ci voulait lui offrir-., ce qui n’est pas au gout de tous. A l’occasion d’un coup de téléphone où, pensant contacter sa tante, elle tombera par hasard sur Claudio, celui-ci ne manquera pas de lui faire comprendre qu’elle doit rester à sa place et qu’elle n’est pas l’infante de Genevra. La chaleur, le smog étouffant – bien qu’elle ne respire plus! -, l’agacement des deux côtés fera monter la discussion en engueulade aussi latine que monumentale et se finira à grand coup de Va fan culo et de j’aurais ta peau! La guerre entre les deux est désormais déclarée!
Son entrée dans la nuit, après quelques semaines de secret ne restera pas longtemps discrète. On parle de Gaby… Et c’est naturellement, puisque bastardi, qu’elle se positionnera comme interface entre la famille et son nouveau clan. Présentée officiellement à la Guilde, elle ne manquera pas dans les mois qui suivent de leur offrir une soirée à Tara… ayant racheté les décors du studio après la faillite de Selznick, cherchant à éblouir son nouvel « oncle ». Etrangement, quoiqu’il parait que les contraires s’attirent, c’est en cherchant à appréhender des cultures et arts différents qu’elle se rapproche de Faith Kruger, une autre toréador, passionnée de street art, qui l’initie à des esthétiques différentes alors que les deux jeunes cainites avaient tout pour se détester, elles deviennent BFF de l’année.
1944 amène le si attendu anniversaire du Clan qui ne pouvant se dérouler à Venise se fera à Venice. Et c’est pour la coterie l’heure du triomphe, car si officiellement c’est Andreas qui reçoit les cugini, Venice, c’est bien leur projet, et Beni se voit officiellement reconnu comme le « Don » de LA, hôte de ces festivités où l’on étale la réussite, en pleine guerre. Gaby aura naturellement participé aux divers préparatifs et sera comme souvent la jolie potiche qui sourit à l’entrée, perdurant dans ce rôle d’ornement que la majorité de la famille lui connait, tout en se faisant l’escorte privilégiée de sa chère tante. De fait, l’accompagnant dans la plupart de ses rencontres et sorties, notamment auprès des « anarch » et héritiers de l’ancienne caravane de la Liberté – qui s’est fracassée aux pieds de San Francisco -, Gaby sera naturellement perçue comme le contact privilégiée de Genevra, et des « Giovanni du Mexique », gagnant en visibilité auprès d’un groupe qu’elle ne fréquente généralement qu’en tant qu’associée de Beni.
Mais cette année là est aussi celle de la tragédie et de la passion. Alors que Paul di Carlo apprend le décès de son fils, Gabi saura être présente, à ses côté, partageant ce que les vivants ne peuvent plus partager avec eux. Et c’est lors d’une nuit de chagrin, que le réconfort se fera charnel, fougueux, brulant… allant, peut-être trop loin. A l’extase des corps, les deux cainites ajouteront celle du sang, et bien que cette liaison n’ait rien de nouveau ou de surprenant, ce lien lui l’est et troublera l’esprit de Gaby au plus au point, ayant encore en mémoire la servilité auquel il peut conduire.
La fin d’année l’amènera à rendre visite à sa chère tante au Mexique, apprenant beaucoup auprès d’elle et notamment à lire dans les rumeurs et les informations indirectes.
1945 : Mort de Courtland – Rapprochement Anglica Jones – Victory Day : La Bellière – Horreur : Monstre, nosfé – Veuves de guerres, foyers, etc…
1946 : Mariage de Emma et Giuseppe – création des Lionnes – Aide à Lorenza Dagget – Cercle Surréalisme : échec, puis aide de Artemise, « rencontre » Catherine
1947 : enquête sur le Dahlia noir et rencontre Bernard Acorn – Lancement de KTLM TV – Aide Sinatra et petit moment de gloire – Trahison de Brooklier –
1948 : Vente aux enchères Banning – Venise, Paul ♥ et vacances romaines, Cinecitta – retour : aide à Aurora Giovanni – retrouve Bill Hartman, infant de Rebecca Anderson qui s’est fait diabler – remise à niveau : avion – 4 décembre : tremblement de terre qui surprend Gaby & Catherine
1949 : Aide à Lisa Ben – Hollywood TV – Gersh agency : dîme – guerre contre Bobby : alors qu’elle va à la rencontre des Oceanside pour leur porter un message, elle croise Chris, Murietta et Mc Neal – recherche d’une future goule et rencontre Katrina Cooley, assistante d’un producteur qui découvre qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques
1950 : Stella Giovanni, nièce de Bernardo, veut être actrice, on la convainc de devenir mannequin – Durant l’absence de Morgan et Benny partis en Russie, Gaby enquête sur un « draugr » qui laisse derrière lui plusieurs cadavres. Mise en danger de la Mascarade et impossibilité de le convaincre d’arêter mais c’est à peine un adolescent. Obligée d’intervenir, Gaby fait appel à Lloyd Dickinson, ravi de lui rendre service et qui ensuite cherche à la revoir. A l’hiver, lancement du Festival de Venice consacré au cinéma italien. Gaby parvient à faire venir Rosselini et DeSica, c’est un petit triomphe pour elle qui s’affirme bel et bien toréador et giovanni – le jeune et prometteur comédien, Thomas Norman, choisi pour jouer dans Un Tramway nommé désir, homosexuel, se suicide.
1951 : la coterie étend son influence sur Venice et renoue les liens avec sa population par l’organisation d’un grand carnaval : rapprochement Alice et Gaby comprend ce que ressent la jeune cainite qui elle, n’est pas une enfant. – Probation de Sam Redstone – Emma est l’une des premières victimes du Phantom Sniper – été des pluies de cendres où malgré tout, Gaby fait bonne figure et apprend la Dévotion Vie Nocturne – la guerre avec les Bobby’s bitches (ou les Crypts?) fait une nouvelle victime : Ben Hartman. Alors que Gaby se rend à la nuit sur sa tombe, elle est approchée par Tamara Leone, « diseuse de vérité » de McNeal, avec qui elle nouera quelques liens amicaux. Ces deuils successifs poussent Gaby à rechercher un nouveau réconfort spirituel après la mort du « Santo du Bario » : développement d’une attirance pour la Santa Muerte et rencontre d’Eulalia Quintero, une sainte femme qui semble voir les choses. Sa pureté, très attirante pour la bête est pourtant réconfortante et Gaby lui rendra plusieurs visite. Dérapage Lorenza Dagget et éloignement pour éviter que ça ne se reproduise.
1952 : Mariage d’Angelica Jones lui fait perdre son rôle de conscience et Gaby se penche vers la haine quand, le 16 avril, arrestation d’Evan Thomas (Phantom Sniper) alors que les « aurores boréales » illuminent le ciel de LA. – Développement Marina Del Rey et recherche de nouvelles alliées dans la guerre contre Bobby, tentant de motiver les Lionnes à prendre le contrôle sur la prostitution. Elle organise des rencontres avec Catherine, Amethyst, et fait venir Alice à la Lucha Vavoom. Jouer sur plusieurs tableaux : aider les Freedom Fitghters à organiser un passage vers le Mexique tout en facilitant l’installation d’une missus dominicus : Yong Sung Chang – Lisa Ben demande de l’aide à Gaby pour quelques uns de ses amis gays et après plusieurs nuits de rencontre et échanges, développement d’influences politiques « rosimauve » (LGBT).
1953 : Nouveau carnaval, festivités, festivals, mais aussi soupes populaires et dispensaires : renforcement Lien avec Venice. – Pour calmer un peu Henrietta Mora, Gaby « sacrifie » une ID d’infirmière (perte statut médecine) – la CIA a besoin de bordels… mais finalement, Benny n’en profitera pas – Investissements et développement des chaines de télévision sur LA – Gaby sort, tout le temps, rencontre des gens de tous les milieux, peaufine les codes et les langages… (socialize)
1954 : Retrouve très souvent Victor pour peaufiner ses capacités d’Auspex – Exécution d’Evan Thomas – continue de sortir, beaucoup, beaucoup et de renouer des liens avec la JetSet… – Summer nights – Automne
(to be continued…)

_________________________________________________________________
Mérites et Historiques :
– Beauté du diable ••
– Très belle ••••
– Langue (italien, espagnol) ••
– Sens aiguisé (ouïe) •
– Doigts agiles ••
– Discernement •
– Identités alternatives •••• (cf. plus bas)
– Ressources ••••• •
– Gloire •
– Influence Haute Société (Jet Set) ••••
– Influence Hollywood ••••
– Influence Media (Presse) •••• (propriétaire d’un groupe de presse R&G Press comptant 4 journaux & magazines (« GLAMOUR », « LA belle mode », « Hollywood Stars » & « Bella Ciao »
– Influence Média (TV) ••••
– Influence Sex-business •••• (créatrice et propriétaire de Sin Yourself (2 magazines « Hollywood Gossip » et « Sin Yourself » et production de films pornos)
– Influence Santé ••• (dispensaires et médecins pour femme)
– Influence Politique •• (LGBT)
– Alliés : Paul Di Carlo 4 / Genevra Giovanni 3 / Eddie Mannix 3 / Margaret Lena Hardy 2 / Catherine Dubois 2 / Faith Krueger 1 / Peter Gillighan 1 / Aurora Giovanni 1 / Isaac Abrams 1 / Lloyd Dickinson 1 / Tamara Leone 1 / (La Bellière contre service niv 2)
– Statut : Lionnes 2 / Toréador 2 / Giovanni 1 / Anarch 1
– Contacts : Giovanni 2 / Freedom Fighter 1 (Mary Rivers)
– Mentor •• Victor Girard
– Servant • (Sam Redstone)
– Servant •• (Kat Cooley)
Banes :
– Fixation éternelle : la vieillesse
– Horreur de la saleté
Identités alternatives :
• Maitresse Irène (NA)
• Donna Ramos aka Bella Donna (1920)
• Adele Gabrielli aka Adelina Francesca della Santina di Gabrielli aka Pearl (1926) = « Baroness » : soirées mondaines / rat d’hôtel
• Alissa Thompson (1929) = détective privée spé divorce féministe = fille d’Elena Vaughn-Thompson.
• Valentina Molinaro (1931)
• Brooklyn Wiley (1932) = Petite-nièce Richardson, héritière costumes.
= En transition
• Rebecca Danzi (1909) === sa fille (1936)
Costumes rangés au placard :
• Elena Vaughn (1901) (étudiante entre 1920 et 1927 partie en Europe = 2 enfants dont une née en 1929)
• Margaret Richardson (1902) = 1 soeur (1894-1913-1932), 2 frères (1896 et 1898)
• Juliette « J » Lamor (1904) = famille nombreuse
• Myra Farrell (1907) = soeur ainée
• Giulianna Donizetti (1920) = 34 ans partie épouser un homme ailleurs…
• Lorena Daniels (1922), infirmière, « sacrifiée » pour adoucir les choses avec Henrietta Mora.
• Billy Baker (1932)
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2 réflexions sur “Gabriella DONIZETTI aka Gaby Gilighan aka …”