Giocchano Ghiberti est né a florence en 1890, descendant de la famille Ghiberti dont l’aieul de la famille n’est autre que Lorenzo Ghiberti, peintre et sculpteur de la Renaissance. L’enfance de Gioacchino fut autant bercée par les arts, que par la piété de son entourage proch. Le père de gioacchino est un maroquinier de luxe , mécène des arts de la ville, il initie très tôt son fils aux diverses formes d’expressions artistiques tout au long de son enfance. La mère de gioacchino est quand à elle très pieuse. L’oncle maternel de Gioacchino, Arturo Ghiberti gère une entreprise de pompes funèbres sur florence et ne manque pas de conter plusieurs anecdotes un brin macabres lors des nombreux repas de famille. C’est dans cet univers de fresques mythologiques, de sordides histoires de fantômes et de religiosité que grandit l’héritier Ghiberti.
A l’aube du 20 eme Siècle, Gioachhino a tenté d’exprimer son talent au travers diverses formes artistiques sans grand succès. La peinture – discipline artistique dans laquelle excelle son père – ne lui convient pas vraiment, pas plus que la sculpture ou l’architecture qui étaient les domaines de predilection de son illustre aieul. Peu avant son entrée en faculté, L’oncle de Gioacchino initie l’adolescent à la théosophie spirite de Kardec et l’invite a rejoindre certains club de lecture. En 1904 Gioacchino intègre donc la section « Lettere et Filosophia ».de la faculté de Florence.
Seule l’expression théâtrale (ainsi que les arts occultes) parviennent a stimuler son intérêt pendant ces nombreuses années. Admettant volontiers que la peinture demande trop de patience (vertu qui lui fait défaut) et de minutie, Gioacchino decide de se lancer dans une nouvelle forme artistique qui demandera moins de temps pour obtenir le résultat visuel désiré ; c’est tout naturellement que Gioacchino decide de se tourner vers photographie. Il acquiert donc son premier daguerreotype sur papier celluloide cette année là.
En 1906, Gioacchino investit dans un appareil autochrome de la société Lumière et réalise enfin ses premiers clichés couleurs sur plaque. Mais son goût personnel pour l’evanescent et l’onirique continuent à le guider vers le mouvement pictorialisme du début du siècle.C’est au cours de la même année, dans un cours de théâtre de la faculté que Gioacchino fait la connaissance de Louisa.
La jeune femme à la longue chevelure brune et au teint de porcelaine captive l’adolescent. Tous deux se rapprochent et entament un jeu de séduction selon les bonnes mœurs de l’époque. La jeune femme est issue d’un riche famille de tapissiers florentins. Louisa devient rapidement la Muse de Gioacchino qui ne tardera pas à qui demander sa main.
Le 24 Aout 1910 Les noces de Louisa et Gioacchino sont fêtés en grand pompe à l’eglise Santa Croce de Florence , les parents de Gioacchino ayant insisté et fait pression pour que leur enfant puisse s’unir dans l’église dans laquelle repose l’illustre aieul de la lignée Ghiberti, ainsi que d’autres illustres artistes italiens de renommée. ( Michel-ange, Machiavel, Rossini etc… )
Les années qui suivent le mariage sont prolifiques pour les 2 artistes et voient ainsi leur renommée grandir. Le bonheur et la prospérité tendent les bras aux mariés qui deviennent rapidement le duo incontournable des cercles artistiques florentins.
Gioacchino a installé un studio photographique dans le centre historique de florence et l’on se plait à rencontrer le photographe aussi bien que sa « muse » de femme lors des séances. En parallèle, Gioacchino poursuit ses réunions au sein de la société spirite et continue de travailler en secret au moyen de révéler l’âme des défunts grâce à différents agents chimiques. L’affaire Buguet ou Leymarie en France sont encore dans les mémoires et les charlatans qui prétendent pouvoir photographier les défunts sont encore nombreux en europe. Gioacchino commencer à douter d’une partie de la philosophie spirite affirmant que les défunts puissent interagir avec les vivants. L’annonce de l’arrivée prochaine de son enfant finit d’enterrer l’intérêt du jeune homme pour le spiritisme pendant un temps. Le couple s’installe dans l’appartement au dessus de l’échoppe, Malgré les protestations de la jeune femme qui préfère vivre près de la nature.
La grande guerre fait des ravages sur le front des alpes, et bien que les forces armées italiennes parviennent tant bien que mal à maintenir la menace austro hongroise dans la partie nord du pays. Les déclarations successives de la Royauté ne sont guère rassurantes. Gioacchino doit son maintien en réserve grâce à quelques relations de sa famille avec l’Etat Major.
En Septembre 1916, Louisa met au monde son unique enfant, Liliana. L’accouchement est compliqué mais la jeune femme bien qu’affaiblie semble se remettre doucement dans la chambre située juste au dessus de l’echoppe de son époux. Gioacchino est transporté par l’expérience et passe beaucoup de temps à s’occuper de sa fille pendant que sa femme se rétablit doucement . Le jeune couple est une fois de plus en liesse.
Quelques mois après l’accouchement, Gioacchino est envoyé comme photographe dans le cadre d’un reportage près du front des Alpes. Pendant qu’à Florence Louisa attrape une mauvaise grippe qui l’affaiblie d’avantage. L’état de la jeune femme se dégrade rapidement et Gioacchino revient en catastrophe du front auprès de son épouse. La jeune femme décède au mois de janvier 1917 sous le regard impuissant de son mari. Encore aujourd’hui les parents de Louisa rendent le jeune homme responsable du décès de leur fille.
Gioacchino est effondré, et dans un dernier effort de volonté, réalise un cliché post mortem de sa femme et de lui-même avant d’accompagner son épouse au tombeau. Terrassé par le chagrin, le jeune veuf décide d’en finir avec la vie et s’entaille les veines en longueur avant de s’endormir paisiblement dans son bain. Il sera sauvé in extremis par son oncle Arturo qui lui confiera plus tard avoir reçu un « appel » de l’Au delà le prévenant de son acte. Même s’il refuse de l’admettre complètement, le jeune homme se sent encore redevable. Il tache de donner des courriers à son cher oncle de façon régulière.
Les mois qui suivent l’enterrement de Louisa voient l’effondrement de tout ce qu’a construit le jeune couple. La famille de Gioacchino inquiète du sort de l’enfant le confie a une nourrice et l’on tente de sortir le jeune veuf de sa morosité. Mais depuis sa tentative ratée, gioacchino a reprit les études spirites avec une ferveur renouvelée et passe plusieurs mois cloîtré a étudier divers manuscrits. Dieu n’a pas pu être si cruel, et l’homme se persuade que le décès de sa chère épouse est une épreuve mise sur sa route afin de parfaire sa quête dans la découverte de l’Après Vie. Louisa est sûrement de l’autre coté et elle attend de pouvoir communiquer à nouveau avec lui. Pour gioacchino, la philosophie de Kardec n’a pas toutes les réponses et il doit continuer a progresser… il doit étudier plus profondément, plus assidûment afin de perçer les secrets de l’Après Vie.
Gioacchino réalise bientôt que sa vie à Florence est terminé, il a besoin d’explorer de nouveaux horizons, besoin d’approfondir ses connaissances et de s’ouvrir a de nouvelles théories spirituelles afin d’obtenir de meilleurs résultats. De plus, le coût de la guerre a fait chuter le cours de la lire et l’endettement est colossal. C’est au cours de l’une de ses discussions avec son oncle, que Gioacchino apprend l’existence de Shamans qui possèdent des dons qui pourraient lui permettre d’accroître sa compréhension du monde spirituel.
A l’automne 1917, tandis que la grande guerre continue de répandre le sang des soldats sur les fronts italiens. Gioacchino fait donc ses affaires et embarque vers l’Amérique. Il a entendu parler du procédé Kodak qui donne de bons résultats sur pellicule et de cette industrie florissante qu’est le cinéma situé sur la cote ouest des états unis. Le voyage est long depuis l’Italie. Gioacchino a cependant pris soin d’emporter un maximum d’objets appartenant à sa défunte épouse avec lui. Il ne veut pas rompre le lien avec son épouse et refuse inconsciemment de faire le deuil de Louisa.
En arrivant sur le nouveau continent, Gioacchino décide de moderniser son prénom et se fait renommer Joachim. Il renomme sa fille en Lilian. La petite fille est encore trop jeune aussi Joachim a décidé d’engager une nourrice en arrivant sur place. D’un naturel peu patient, Gioacchino trouve rapidement un logement convenable dans le quartier de Torrance, quartier italien en bordure de la cité des anges. Aussitôt installé, il a commencé a fréquenter les clubs photos locaux pour rapidement retrouver une activité professionnelle. Pour le moment les photos portraits semblent avoir le vent en poupe.
En parallèle de son activité professionnelle qui débute, Joachim décide de s’intéresser au chamanisme indien. C’est a force de persévérance et en fréquentant le quartier indien de la Ville qu’il rencontre un shaman natif d’amerique qui lui parle du rôle important des Onounké, des prêtres qui vivent hors des castes et qui s’adonnent à des accouplements avec des esprits. Le vieux prêtre édenté propose a Joachim d’expérimenter la transe méditative a l’aide d’herbes. Ce dernier accepte.
Quelques mois après cette expérience, Joachim qui porte toujours le deuil de sa femme, ressent le besoin d’assouvir quelques besoins primaires. Afin de ne pas trahir son vœu envers sa défunte Femme, celui de l’aimer et de continuer à la chérir, même après la Mort. Joachim envisage les choses autrement et se détache d’une partie de ses convictions catholiques (et machistes). Il décide de rencontrer en cachette d’autres hommes pour assouvir ses besoins sexuels. C’est au cours de l’un de ses rendez vous, que Joachim apercevra qu’on l’observe alors qu’il vient de terminer avec un certain Léandri putanesca.
En début d’année 1919, Joachim rencontre une danseuse exotique d’une grande beauté au regard envoûtant du nom de Dawn Cavanaugh. Au fil des jours qui suivent leur rencontre, il se surprend à penser a la jeune femme alors qu’il est seul dans son lit. Il pense également à la jeune femme lorsqu’il se glisse en d’autres hommes lors de ses inavouables virées nocturnes.
Pendant 2 mois, le jeune veuf se plait à imaginer une vie nouvelle auprès de la jeune femme et va multiplier les attentions et les cadeaux pour attirer l’attention de la beauté.
La belle vit a un rythme effréné et n’a guère trop de temps a accorder à Joachim, mais elle ne manque pas de venir lui demander en minaudant plusieurs services a l’occasion. Services qu’il s’empresse d’accepter. Le manège de la belle dure pendant quelques mois jusqu’à ce que Joachim realise qu’il n’est pas le seul prétendant et que la jeune femme se plait a collecter les attentions de plusieurs hommes ; vivant grâce aux dons généreux de ses nombreux prétendants. Joachim a remarqué qu’un certain Morgan Saint John faisait partie des vautours qui tournaient autour de la jeune femme.
Ivre de vengeance, Joachim décide de faire des recherches sur la jeune femme dans une librairie tenue par un certain Hank Rothenstein (la encore un membre de sa famille) et se rend compte que la jeune femme n’a pas changé d’apparence depuis plus de 60 ans. Le nom n’est pas le même, mais le regard, l’apparence physique de la jeune femme sont identiques. Les grains de beautés et les attributs physiques restent inchangées. Le 17 décembre 1919, Joachim reçoit une coup de téléphone de Hank Rothenstein qui lui remet une lettre en italien l’invitant formellement à venir feter la Nativité dans la chapelle privée d’une branche éloignée de la famille Ghiberti, il s’agit d’une branche de prospères banquiers vénitiens… La famille Giovanni
Au début de L’année 1920, Joachim reçoit le Baiser de la part d’Andreas Giovanni. Son Ultimo Giorno se fera dans la plus grande simplicité, la cuisine familiale, du temps avec son enfant ainsi que ses amis proches avant de rejoindre la nuit éternelle.
Dans les jours qui suivent la mort du père Marcello, Joachim qui s’habitue encore aux limites de son nouvel état part récupérer le crâne du prêtre Marcello. Heureusement pour lui, joachim ne respire plus, il n’a pas eu l’odeur ainsi que les hauts le cœur qui suivent l’ouverture du cercueil. D’un geste incertain Joachim s’empare du crâne du prêtre et l’enveloppe dans un linge afin de le ramener a Andreas.
Andreas profite de l’occasion et prend plaisir à détailler auprès de joachim, les étapes de récupération des entraves.Le nouvel infant écoute avec assiduité et retint les diverses informations données sur les « Catene ».
Le père marcello est un esprit rongé par les émotions négatives ainsi que la culpabilité et son essence se serait rapidement disloquée dans l’outre monde si la Famille Giovanni ne l’avait pas récupéré. Joachim sait bien que l’Outre Monde recèle de nombreux dangers et n’hésite pas à rappeler au Père Marcello que sa condition de serviteur de la famille Giovanni est enviable comparé au sort que subissent de nombreuses autres âmes errantes.
Joachim estime que le père Marcello peut s’avérer dangereux si sa part d’ombre refait surface. Aussi il traite le père Marcello comme un chien de chasse…. alternant récompenses et distille quelques encouragements. Le rituel de la dernière cigarette est accordé de temps a autres afin de pouvoir sentir les effets de l’alcool. En revanche, les effets d’une relation sexuelle lui sont refusées, surtout au vue des pratiques de l’ancien prêtre.
Depuis que Joachim a franchi la barrière entre vivant et non mort, il n’a plus vraiment de pulsions et s’est tout simplement détourné du sexe pour se concentrer sur les études nécromantiques. Son nouvel état n’a pas de pulsion sexuelle a proprement parler, de fait, joachim n’a plus cette barrière morale qui le retenait à sa chère Louisa et n’a plus a fréquenter les docks.
Joachim n’a plus revu Louisa depuis qu’il a reçu l’étreinte, mais il ne peut se résoudre a accepter sa disparition pure et simple. Peut être est elle quelque part au sein de la mystérieuse Stygia ? A moins que son âme n’ait commencé un nouveau cycle de vie comme l’affirme Carmen Flores ? Au fil des années d’entrainement Joachim comprend que l’âme de sa bien aimée parvient tout juste à se déplacer dans la partie supérieure de l’Outre Monde pendant quelques instants.
Liliana : la fille de Joachim a grandit ignorant tout de l’état de son père. Pour sa sécurité, elle est placée dans un couvent de jeunes filles. Elle revient en 1936 et est placée dans une pension de jeune fille.
Peu après l’étreinte, le cercle de professionnels photographes que fréquentait jaochim va lentement et surement se distendre. Joachim qui nourrissait l’ambition de voir fleurir son business, va tout remettre en question au vue de son nouvel état. Fort heureusement pour lui, Mlle Lamor/ Gabrielle va lui proposer d’utiliser ses compétences photographiques ainsi que son goût artistique pour illustrer quelques revues ciblées. Inutile de préciser que les séances photos pour les magazines produits par Mlle Lamor se font toujours de nuit.
1930 – 1943 : INTERLUDE
«- Ne suis-je pas désirable Monsieur Giovanni ?
-Thelma, tu sais bien que je n’aime pas ça, appelle-moi Joachim tout simplement» déclare-t-il d’un air absent et sans même lever le nez de l’épais grimoire qu’il étudie.
Elle se met à sangloter bruyamment. Bien que surjoué, la plainte reste déchirante, vibrante de sincérité. C’est un long geignement saccadé pareil à celui d’une enfant capricieuse. Gioacchino sait qu’elle cherche juste à attirer l’attention. Cette attention qu’elle ne connaît plus depuis près de 7 ans. C’en est fini des projecteurs braqués sur son radieux minois, fini les soirées mondaines et les magnifiques robes d’apparat. Fini la foule de compliments, le minaudage et les clins d’œil aguicheurs. La Mort lui a ôté tout le prestige, toute la notoriété, la reconnaissance qu’elle avait conquis par sa volonté.
Il ne reste plus que la froideur et la monochromie des plans supérieurs de L’outre Monde. Il faut constamment veiller à détourner sa haine, à démanteler lentement l’envie de revanche sur ce salopard de West. La haine pourrait la consumer trop rapidement et la changer irrémédiablement en Spectre si elle s’abandonnait à de pareilles pensées.
Joachim a investi énormément de temps et de patience pour apprivoiser la douce blonde.
« – Regarde-moi Joachim. Ne suis pas désirable ? » répète le chuchotement discret de sa voix désincarnée.
Dans un soupir résigné, il referme l’antique grimoire et se tourne vers elle. Par-delà le voile, il l’observe. La froide étreinte de la mort lui a ravi la gloire, mais l’a également magnifié. Sa nuageuse chevelure – qui lui valut le surnom d’ice-cream blonde -, s’est ternie et accentue désormais la langueur de son regard d’azur.
Il attarde son regard sur les courbes de sa poitrine, de ses hanches, jauge ses cuisses, et se surprend à la désirer comme il désirait sa défunte Louisa. Aussitôt, ses vœux lui reviennent en tête, et se pressent d’enfouir ce début de pensée lubrique sous un air faussement détaché. La blonde a-t-elle remarqué son trouble ?
Elle est belle, c’est certain. Il doit la rassurer et l’amener à se dépasser. Il décide de mentir pour l’encourager :
«- J’ai du mal à te percevoir Thelma. Allons, essayes encore une fois »
L’écho déformé du geignement plaintif se perd tandis qu’une charmante silhouette prend substance dans le monde physique. Peu à peu, le galbe de cette lourde poitrine se dessine et se cristallise dans le monde réel. Les contours de l’apparition se font plus distincts, plus précis.
Fébrile, le nécromant s’approche de la statue que le néant sculpte devant lui. Le visage du nécromant trahit sa stupéfaction face à pareil degré d’incarnation,. D’une main tremblante, il effleure du bout des doigts la surface laiteuse. À son contact, la peau marmoréenne semble se durcir, tandis qu’un léger soupir de plaisir résonne dans l’air. Les doigts avides poursuivent cette tactile errance sur le cou jusqu’à descendre sur le galbe d’une translucide poitrine. Le sillage de ses effleurement finissant de solidifier les contours de l’apparition.
Face à lui, la manifestation éthérée a laissé la place à une beauté calcaire. Toujours subjugué, Joachim n’a de cesse de caresser la Cariatide. Le souffle court, il ajoute :
« Oui Thelma, tu es désirable ! »
Puis il plaque sa bouche sur les lèvres glacées de la sculpture. Ses pensées se perdent, s’enflamment et nul remord ne parvient à recouvrir ce brasier passionnel. En cet instant, il la désire plus que tout . Ses mains empoignent le buste figé et agrippent aussitôt les hanches puis parcourent le galbe de ces fesses figées.
Au bout d’un moment, toujours en proie à d’indécentes caresses, la statue se dissipe dans l’air. Joachim haletant, en proie à l’émotion, s’effondre à genoux. Les tempes en feu, il tente de rassembler ses pensées.
A son oreille, une voix lascive continue à l’encourager : « Je suis tout à toi, touche moi encore ! »
Relation Joachim /Thelma
La mort à ôté a Thelma, la prolongation d’une prestigieuse carrière cinématographique. Pourtant la jeune femme a travaillé dur toute sa vie pour conquérir Hollywood. Impliquée dans quelques histoires volages, Thelma s’est pourtant essayé au Mariage (entre 1932 et 1934) sans succès. Après son assassinat en 1935, les premiers mois au service de Joachim furent difficiles. Mais Joachim avait le temps. Thelma Todd avait besoin de restaurer la confiance envers la gent masculine dans un premier temps.
Féline, il lui à fallut réapprendre à faire confiance. C’est avec beaucoup de patience que Joachim lui a appris à tirer parti de sa nouvelle condition. Et l’a encouragé dans l’usage de ses nouveaux dons.
Bientôt Thelma s’est rendu compte qu’on lui n’offrait non pas une vengeance ou un énième petit rôle. Joachim lui offrait un rôle durable qui demandait aussi de l’investissement. Ce nouveau rôle, aux antipodes de ce qu’elle a connu de son vivant est un challenge suffisant pour qu’elle accepte de le relever.
Thelma n’a connu que des relations volages et sans trop d’engagement de son vivant. La jeune femme a besoin de passion, d’émotions et compense un manque affectif en jouant de ses charmes, elle a toujours fait ainsi et aime savoir qu’on la trouve désirable.
De cette gloire passée, de ce besoin constant de reconnaissance, Thelma a développé L’arcanoi « Manifestation ». Ambitieuse, la jeune femme a ouvert le café qui porte son nom sur Pacific Palisades, et possède également une étoile sur le Walk Of Fame. Thelma Todd souhaitait juste vendre du rêve aux américains et marquer les esprits durablement. Paradoxalement, son tragique décès participe a maintenir le souvenir de sa personne. Elle possède l’arcanos « Fantasme ».
1948
Ambiance Musicale
C’est un magnifique jardin qui se trouve aux abords de l’imposant manoir Giovanni sur les hauteurs de Beverly Hills. En cette glaciale Nuit de janvier, Joachim contemple le panorama de la Cité des anges assis sur ce banc de pierre froide. Les yeux dans le vague, il songe à cette existence. Cette vie pleine de Mort. Il tire quelques photos de son gilet et les contemple longuement une à une.
Sur le premier cliché, sa femme pose contre une fenêtre de leur petit appartement de Florence. Peu après leur mariage, ils avaient aménagé ensemble juste au-dessus de sa petite échoppe de photographie. Lui, l’artiste touché par la grâce. Elle, sa muse, celle qui animait son cœur, et faisait déborder ses émotions.
Lui Dante, elle Beatrice. Amoureux, fougueux, passionnés, voilà ce qu’ils étaient.
Quelle année était-ce déjà ? 1912 ? 1914 ?
Il regarde au dos du cliché et une date élégamment tracée par la défunte indique l’année 1915.

Des mots venus de la faculté de lettres de Florence lui reviennent en tête:
« Le douloureux amour qui me conduit
Au seuil de la mort pour le plaisir de celle
Qui faisait autrefois mon cœur joyeux
M’ôte la lumière jour et nuit» *
Il constate que, sur la photo, sa muse d’alors fixe son ventre, semblant avoir déjà deviné par un lien aussi mystérieux que féminin, que la vie s’éveillait doucement en elle. Se laissant aller à la nostalgie,, les souvenirs affluent :
Cette peau à la texture souple et parfaite, cette longue chevelure qu’il aimait démêler chaque soir avec affection. Cette main si pâle et gracile, qu’il serrait avec douceur en toute occasion.
Ses doigts froids frôlent le cliché, cherchant un peu de chaleur. Devant l’absurdité de son geste, il passe au cliché suivant.

Nul besoin de regarder la date au dos de ce tirage, il s’en souvient trop bien.
Le 17 janvier 1917, il a peigné, pour la dernière fois, la longue chevelure de sa Louisa, puis l’a vêtue de sa plus belle robe, l’a maquillé avec le plus grand soin. Tout cela avant de placer le harnais en cuir qui maintenait la dépouille rigide de sa femme au fauteuil.
Dans un chagrin confus, il se souvient lui avoir dit : « Ne bouge plus mon Amour, ça ne va pas durer longtemps».
Puis a souri au cadavre et a déclenché l’obturation, tandis que leur petite fille pleurait dans la pièce d’à côté.
Il a utilisé une quinzaine de plaques et a contemplé des heures durant, son magnifique soleil éteint. Les larmes coulaient, les pensées se bousculaient, la raison vacillait,.
Lui Dante, elle Beatrice.
Plus rien n’a jamais été pareil depuis ce jour.
A son décès, il a entamé une funeste procession qui l’a conduit jusqu’aux portes de l’Outre Monde. Depuis cette nuit de janvier 1917, il a délaissé la Vie au profit de la Mort. Il s’en rend compte…

La troisième photo est celle de ce petit rayon de soleil, qui s’est substitué à Sa Beatrice. Cette part d’elle et de lui. Le vestige d’une union dans ce qu’elle a de plus sacrée, de plus magnifique. Liliana, le fruit de cet amour, lui a souvent rappelé sa maman en bien des occasions. Elle a le même regard délicat, se déplace avec la même grâce innée. Il éprouve un regret lorsqu’il se rend compte qu’il ne le lui a jamais avoué.
Il se souvient des histoires qu’il lui lisait parfois le soir, des dessins qu’elle lui rapportait, de ces nuits qu’il a passé à la regarder dormir tout en imaginant le bien qu’elle ferait autour d’elle.
Il a vu son corps changer, son caractère s’affirmer et voit son visage se rider alors que le sien reste ce même masque figé dans une étroite éternité.

Le tirage le plus récent montre Liliana et Joachim Junior. Il esquisse un demi sourire, entre fierté et résignation. Il a fait le bilan. Certes, Liliana n’a pas connu sa mère, elle n’a que peu vécu près de son père. Mais elle est vivante, vibrante, aimante. Elle donne la vie, tandis qu’il s’approche de plus en plus de la Mort.
Elle fera une excellente mère et donnera beaucoup d’amour à ses enfants ainsi qu’à son mari, c’est certain.
«Tempus Fugit» se dit-il.
Puis, il range les photos dans la poche intérieure de sa veste.
Il frotte l’alliance a son doigt, réalise qu’il ne l’a jamais quitté. Louisa était une muse, une évidence. Elle reste le plus bel espoir. Plus le temps passe et plus son lien avec la vie s’étiole, s’amenuise. Il est comme ces fantômes auxquels il commande. Tout comme eux, il cultive des entraves et entretient des liens étroits avec les vivants pour ne pas sombrer. Tout comme les spiriti, il doit se contenter d’observer, de veiller sur ses « catene » et doit interagir le moins possible avec les vivants.
Il est en marge du cycle de la Vie depuis longtemps. Il lève un regard résigné sur les éclairages de la ville. Cette existence est un tableau pré raphaelite, un requiem.
Lui Dante, Elle Béatrice.
Pareil à Dante, il est amoureux d’une morte.
Tel Dante ou Orphée il partira chercher Beatrice dans les limbes.
Il ne renoncera pas. Pas maintenant.
MERITES :
Gout artistique : 1
Esprit Meditatif : 1
Langage : 2 ( latin + anglais)
Ressource : 2
Troupeau : 2
Statut Giovanni : 1
Sens de la famille : 1
Refuge : 2 (Venice)
Influence : Santé 2 (Bureau du Coroner)
Nez de Sang: 2
Serviteur Fantômatique : 4 : Père Marcello (2) Thelma Todd (2)
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Rituels de Nécromancie :
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Dernière cigarette,
Vision
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