1929 : mode féminine

Le style flapper reste à la mode, même si les robes se sont un peu allongées. La mode favorise les silhouettes longilignes, généralement encore accentuées par un chapeau. Le « demi-hat » (petite toque ronde, portée sur un côté seulement du crâne, souvent ornée d’une plume et retenue par une épingle) fait son apparition.

Les cheveux se portent généralement courts ou retenus en chignon. Les ceintures se portent bas, pour allonger le torse. Les décolletés peuvent être profonds mais les poitrines sont souvent aplaties par des corsets, les petits seins étant à la mode. Les femmes aux poitrines menues ne portent d’ailleurs le plus souvent pas de soutien-gorge, se contentant d’une nuisette ou d’un corset léger comme sous-vêtement.

Celles que leur physionomie oblige à porter un corset ou un soutien-gorge choisissent souvent des soutien-gorges aplatissant, destinés à minimiser la poitrine.

Toujours au chapitre des sous-vêtements : la petite culotte n’est qu’assez rarement portée à l’époque. Quand il faut porter quelque chose, on lui préfère les caleçons, type bloomers. Mais de nombreuses femmes ne portent tout simplement rien (à part leurs vêtements extérieurs, un jupon, une nuisette et un corset descendant jusqu’à mi-cuisse sous la nuisette, ce qui n’est déjà pas mal).

Les bas, accrochés à la jarretière du corset, sont portés toute l’année. On tolère, en été, des bas plus légers et moins opaques. Les collants n’existent pas encore (ils feront leur apparition dans les années 60).

Toujours au chapitre de l’intime : en période de règles, pas encore de tampons (le premier Tampax sera commercialisé en 1934, et pendant quinze ans il sera réservé aux femmes mariées, et vendu uniquement sur ordonnance) : on porte une sanitary belt, qui n’est rien d’autre qu’un porte-serviette hygiénique. Les pads (serviettes), en coton, sont généralement lavables et réutilisables, même si des modèles jetables sont déjà apparus vers 1925. Tout cela s’achète en pharmacie, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle il y a toujours une employée spécialement dédiée : il ne viendrait à l’idée de personne de s’adresser à un pharmacien homme pour ce genre de choses…
La publicité sur la voie publique pour ce type de produits est d’ailleurs illégale et constitue un attentat à la pudeur.

Pour les tenues de soirée, le dos nu, parfois très bas, fait son apparition.

Longs colliers, tissus unis de couleurs éclatantes et chapeaux extravagants sont de rigueur. Madame, d’ailleurs, ne saurait sortir dans la rue sans chapeau : la femme en cheveux est effroyablement vulgaire (ou pauvre). Bien entendu, on ôte le chapeau en intérieur.

Le diktat de la minceur fait d’ailleurs ses premières victimes : on commence à parler de troubles alimentaires, de dépression liée au poids, etc. Les actrices hollywoodiennes passent souvent par des régimes drastiques pour maintenir leur parfaite minceur, voire par des opérations de chirurgie parfois hasardeuses. Une grossesse, et les kilos supplémentaires qu’elle entraîne (pour ne même pas parler de l’accroissement de la poitrine) marque souvent la fin d’une carrière.

Des manuels, qui ont un certain succès, expliquent comment transformer les tâches domestiques en exercices physiques destinés à affiner la silhouette ou à la muscler.

La femme rêvée et fantasmée à l’époque est jeune ou sans âge, androgyne tout en étant sexy, délurée tout en étant vertueuse. L’exemple typique est Betty (Clara Bow) dans It (1927) : longiligne mais avec des formes, délurée et entreprenante mais vierge, sexy mais innocente, capable de rendre fous les hommes mais recherchant avant tout un beau mariage (avec un millionnaire).

Pour le sport, les tenues sont plus courtes, et pour ce qui est de l’équitation, les femmes, comme les hommes, portent des pantalons de cavalier.

A la plage, la tenue de bain, bien que légère, reste très habillée pour qui souhaite un minimum d’élégance.

Néanmoins, sur les plages californiennes, la California Swimsuit a fait son apparition. Jugée outrageusement sexy, cette tenue n’est pas formellement interdite mais les maîtres nageurs sont autorisés à demander à ces dames de se rhabiller si de nombreux enfants sont aux environs.

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