La Californie caïnite en 1943

Au cours des dernières décennies, la population Caïnite de Californie s’est considérablement accrue. Ce phénomène a été provoqué par plusieurs facteurs :

  • une arrivée de nouveaux venus, qui suivaient les cohortes de migrants mortels (à la manière des prédateurs suivant dans leurs migrations les troupeaux dont ils dépendent);
  • une série d’Etreintes sauvages, qui ont certainement eu lieu dans les zones incontrôlées de Californie;
  • l’interminable chaos mexicain, qui a poussé plusieurs Caïnites à prendre le chemin de l’exil et à chercher refuge en Californie : ex-sabbatiques en rupture de ban, indépendants fuyant les conflits, rares camaristes mexicains…
  • mais surtout le durcissement des pouvoirs camaristes sur la partie orientale des Etats-Unis, avec notamment l’affirmation de l’autorité stricte de Lodin (Chicago), Quentin King (Boston), James Hodges (Atlanta), Alexander Garlotte (Baltimore), Lawrence Meeks (Bâton Rouge), Lucas Halton (Houston), Jack Hanson (Indianapolis), Gilbert Duane (Miami), Doran (New Orleans), Michaela (New York) et Marissa (Washington), réunis en une fédération informelle mais puissante, aux termes de laquelle ils s’accordent mutuellement assistance et font suivre d’effet dans chacun de leurs territoires une partie des décisions (et en particulier les Chasses au Sang) prises dans les autres : désormais, un trublion jugé persona non grata à Washington ne peut plus trouver refuge à Boston ni à New York, par exemple. Cette convention s’est formée suite à la crise de 1929, au cours de laquelle Joseph Wellesley, qui tenait New York après sa conquête sur le Sabbat au dix-neuvième siècle et qui, portant toujours le titre de dux bellorum de la Camarilla et assumait, à ce titre, un statut d’arbitre et de primus inter pares parmi les Princes de la Côte Est, s’est retrouvé soudainement ruiné. Cette ruine financière soudaine semble avoir provoqué la chute en prestige de Wellesley au sein du Directoire Ventrue américain et lui avoir fait perdre les soutiens dont il disposait encore, l’amenant à prendre une retraite anticipée. Les Princes se sont alors organisés, un peu à la manière de la Commission de Cosa Nostra. La nouvelle organisation camariste se veut exemplaire, les jeunes cités de la Côte Est profitant par ailleurs du déclin de la Vieille Europe pour s’affirmer comme les nouveaux phares de la Camarilla, et se voulant exemplaires. Et l’exemplarité en question a signifié, notamment, de se débarrasser des indésirables. Les indésirables en question ont, pour un certain nombre d’entre eux, fait ce que firent, quelques décennies plus tôt, nombre d’indésirables mortels chassés des Etats « civilisés » de la Côte Est : ils sont partis vers le Far West.

L’attitude des deux principaux Princes de Californie à l’égard de ces événements a été diamétralement opposée : Vannevar Thomas a décrété qu’il était hors de question pour lui d’hériter des problèmes des autres Princes, et a fermé sa cité à tous les nouveaux arrivants qui n’étaient pas recommandés par un résidant déjà en place à San Francisco. Cela a eu pour effet de limiter drastiquement la population dans sa ville, mais aussi de lui permettre un meilleur contrôle de sa cité. Don Sebastian, à l’inverse, a ouvert ses portes, considérant que plus Los Angeles accueillerait une population caïnite importante, et plus vite il serait reconnu comme l’un des grands Princes américains par ses pairs. Cette décision n’a pas été sans poser problème, cependant, la population excédant très largement le standards habituellement acceptés par la Camarilla du Nouveau Monde (un Caïnite pour 100 000 habitants environ), ce qui a provoqué un grand nombre de mises en danger de la Mascarade, de conflits internes et autres. Décidé à montrer qu’il était néanmoins capable de tenir sa cité, Sebastian a augmenté les pouvoirs et les moyens d’actions de son Sheriff et mis en place une politique de répression très brutale pour tous les contrevenants, même aux règles mineures. Et la réaction d’une bonne partie de la population a été d’éviter au maximum de se mêler des affaires du Prince, d’où l’émergence des Juges, mais également de puissantes Côteries, réglant le plus souvent leurs affaires en interne. La déclaration du Justicar Petrodon, qui limitait le pouvoir des Juges aux affaires mineures, est régulièrement mise à mal, les Juges étant, de plus en plus souvent, sollicités pour des affaires sérieuses.

Les Cités

San Francisco

Actuellement refermée sur elle-même, la Cité de San Francisco reste, sans doute de ce fait, un modèle de stabilité : les crises et scandales qui ont secoué les affaires humaines de la ville n’ont que peu affecté la cour de Vannevar Thomas. Le Prince s’appuie, en outre, sur des relations étroites et cordiales avec le Lord Tremere, une Guilde Toréador puissante et très structurée et un Directoire Ventrue qui tient fermement son lot d’Influences. La contrepartie de cette stabilité a été une certaine baisse de prestige, comparativement à Los Angeles.

Sacramento

La capitale administrative de l’Etat de Californie est toujours tenue par le Lord Abe Powell. Il s’agit toutefois d’un domaine qu’il détient es qualité, et non en son nom propre, puisqu’il appartient de droit au Clan et Maison Tremere. En pratique, d’autres Caïnites demeurent également à Sacramento mais ils sont assez peu nombreux, le Clan du Lord tenant à peu près tout ce qui compte dans la ville et les autres étant, le plus souvent, relégués aux besognes secondaires et aux sales boulots. Powell ne s’intéresse ni aux luttes de pouvoir entre Thomas et Sebastian, ni aux questions de prestige au sein de la Camarilla et semble diriger l’essentiel de son attention vers les affaires internes de son Clan. Au cours des dernières années, il a toutefois plusieurs fois visité Los Angeles, ne serait-ce que pour assurer le Régent Strauss de son soutien inconditionnel.

Los Angeles

On ignore la population exacte de Los Angeles, dont les frontières, en tant que Cité, demeurent floues : bien que le Justicar n’ait autorisé les deux Princes à agir que dans les limites territoriales humaines de leurs cités, les hommes du Prince Sebastian se sont plusieurs fois permis d’aller au-delà des limites de la cité, sans que cela soulève de plainte de la part de Vannevar Thomas. Il est certain que cette population doit se monter à au moins une centaine de Caïnites, et sans doute bien davantage (la centaine n’étant que ceux officiellement présentés au Prince).

San Diego

En 1942, la ville-frontière est devenue officiellement une cité : une certaine Maria, du Clan Nosferatu, y a déclaré Praxis sans que celle-ci soit contestée par Sebastian. Le toute récente Prince attire des suspicions : certains la soupçonnent d’être en cheville avec Cicatriz, évêque sabbatique de Tijuana, lui (ou elle ?) aussi du Clan Nosferatu. D’autres pensent qu’elle est le pion du Justicar Petrodon pour garder un oeil sur la frontière. D’autres enfin signalent que les deux possibilités ne sont pas mutuellement exclusives…

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