La famille Giovanni et ses amis – Los Angeles, 1943

*Noms entre astérisques* : vampires
Noms en italiques : Goules

Don Andreas et ses proches

Au cours des dernières décennies, Andreas s’est affirmé comme le padrone de Californie et du Nevada. Il a pu asseoir son statut au sein du Clan grâce à des Dîmes très généreuses versées non seulement aux Anziani, mais également à de nombreux membres de la Familles touchés par la Grande Dépression ou désargentés par la fin de la Prohibition.

Cette générosité n’a pas été sans entamer considérablement le patrimoine accumulé lors des décennies de prospérité précédentes mais lui a valu de nombreux alliés. Dans le même temps, l’estime de son Grand-Sire Ambrogino, autant que l’ascension de son Infant Benito comme membre de la Commission de Cosa Nostra, ainsi que la mainmise d’une partie de ses agents sur Las Vegas, lui ont permis d’être considéré comme un acteur majeur du Clan et de la Famille dans le Nouveau Monde.

*Andreas Giovanni (VIII)*

Désormais Padrone officiel de Californie et du Nevada, Andreas est un homme craint et puissant. Il se désintéresse de la plupart des affaires du quotidien, en confiant la gestion à ses Infants et à ses Goules, lui-même semblant absorbé par d’importants travaux relatifs aux manuscrits jadis transmis à Ambrogino. On le sait sudariste, spécialiste de la Voie du Sépulcre.

*Carmen Flores*

Elle est l’une des proches d’Andreas, qui la consulte fréquemment sur des questions relatives à la Nécromancie et à l’Autre Monde. Le reste du temps, elle réside à Vermont. Après avoir passé quelques années à apprendre à connaître la ville, elle a commencé à consacrer un peu de son temps au développement de réseaux de contacts, et on l’a vue fréquenter aussi bien les bars à la mode que les cercles théosophiques. Il semblerait qu’elle ait noué des contacts particuliers avec Yaotl Necalli. Lorsque Morgan a commencé à prendre du galon au sein de l’OTO, elle a eu de nombreuses discussions avec lui quant aux relations entre l’énergie sexuelle et la mort. Elle considère en effet que, vie et mort étant deux faces d’une même médaille, deux pôles opposés d’un même tout, l’énergie sexuelle peut être perçue comme une forme d’émergence, de pulsion allant du non-être (et donc de la mort) à l’être (et donc à la vie), et qu’à ce titre, elle devait pouvoir être utilisée dans un cadre nécromantique. Sudariste, spécialiste de la Voie des Quatre Humeurs et excellente ritualiste.

*Stefano Giovanni (XI)*

Fidèle d’entre les fidèles d’Andreas, dans l’ombre duquel il demeure, Stefano s’est cependant plusieurs fois plaint ces dernières années : le patrimoine immobilier qu’il gère, et qui constitue l’un des socles officiels de la fortune de la Famille en Californie, a en effet été très fortement entamé par la générosité de Don Andreas ces dernières années. L’autre champ d’influence de Stefano (le Parti Républicain, dont il demeure l’un des généreux donateurs) a également été ébranlé par le passage massif de la Californie dans le camp démocrate, même si ses réseaux demeurent, et sont loin d’être inutiles.

Soucieux de préserver la légalité de l’ensemble de ses affaires, Stefano a préféré passer à côté d’une opportunité que d’investir à Las Vegas. Il a en revanche pris des parts dans plusieurs usines d’armement.

A tous égards, Stefano cultive son image de Giovanni lisse et propre sur lui, homme d’affaires avant tout et rigoureusement honnête. On sait qu’il entretient des rapports cordiaux avec Louis Fortier et qu’il a plusieurs fois prêté de l’argent à Enver Frasheri.

*Bernardo Giovanni*

Un nouvel arrivant, débarqué de la Côte Est (et avant cela d’Europe) il y a quelques années seulement. Il a d’entrée de jeu déplu à Benito, en tentant de se faire une place dans les milieux clandestins sans en référer au boss (à Benny, donc) et en risquant de compromettre des accords de territoire ou d’activités avec d’autres gangs. Depuis qu’on lui a expliqué qu’il ne fallait pas le faire, il se tient à peu près bien, mais ronge toujours visiblement son frein, peu satisfait de la lenteur de son ascension (qu’il imaginait sans doute fulgurante) en Californie. Et sans doute est-ce humiliant pour lui de voir lui passer devant des gens qui, de toute évidence, lui sont inférieurs : après tout, lui est un VRAI Italien et un VRAI Giovanni…

Domenico Giovanni

Le fils d’Antonio et d’Elisa Giovanni est toujours au service d’Andreas. Il dirige le personnel du Manoir et en gère l’administration, bien qu’il ait, ces dernières années, été secondé dans cette mission par Gabriella.

Celle-ci, qui a pu apprendre à le connaître, a pu découvrir, au-delà de l’aspect professionnel et volontiers taciturne, un homme à l’humeur volontiers sombre, et cherchant à s’attacher le moins possible aux « mortels de passage ». Il semble également avoir le sentiment d’être sous-employé dans son rôle actuel, estimant que ses connaissances nécromantiques, en particulier, ne sont pas mises à profit. Il est vrai qu’il passe beaucoup de temps dans les cryptes, qui abritent désormais plus d’une vingtaine de sépultures. On ne lui connait par ailleurs ni amour ni passion, sinon le golf, qu’il pratique quand il en la possibilité.

Mario Siccati

Le chauffeur et garde du corps d’Andreas. Il ne quitte quasiment jamais le padrone, et est toujours armé. Gabriella est sans doute la seule personne pouvant à coup sûr voir Andreas sans la présence, dans un coin distant de la pièce ou, s’il est à l’extérieur, juste devant la porte, de Mario. Par ailleurs, Mario est également responsable de la coordination des gardes armés du Manoir.

En dehors de son temps de travail, Mario aime les filles faciles et les jeux d’argent, mais ne s’adonne à ces deux passions qu’une ou deux fois l’an.

Rodolfo Segante

Devenu inutile à Andreas après la prise de pouvoir de Benito au sein de Cosa Nostra, il a été envoyé auprès de Bruno pour l’aider dans son entreprise d’installation à San Francisco.

Gloria Li-Wang

Une cousine de James Li-Wang (voir plus bas), qui semble disposer de dons médiumniques intéressants. Depuis 1941, elle a pris ses quartiers au Manoir. Ses dons naturels intéressent Andreas, qui a confié à Carmen la mission de la former.

Les descendants de Leandri

La plupart des descendants de Leandri Giovanni, qui se considéraient comme le « canal historique » californien, ont été écartés par Andreas. Leandri lui-même serait toujours en Torpeur quelque part sous la ville.

*Antonio Giovanni *

Il tirait l’essentiel de ses revenus des paris autour des courses de chevaux. La légalisation du pari mutuel, puis les ententes entre Benito et Mickey Cohen, lui ont coûté son business. Il a toutefois assez vite rebondi, en exploitant les contacts qu’il entretenait personnellement avec certains gros parieurs, et notamment l’attorney Fitts, dont il connaissait l’addiction au jeu. Par l’intermédiaire de Fitts, Antonio a été en mesure de se tailler un joli petit réseau d’influence au sein du système judiciaire local, ce qui, en le rendant réellement utile aux yeux d’Andreas, lui a permis de récupérer un certain statut au sein de la Famille. Il n’est certes pas un conseiller écouté du padrone, mais au moins il est invité aux réunions de travail.

*Elisa Giovanni*

L’épouse et Infante d’Antonio (et mère de Domenico) est une femme discrète : si « tante Elisa » ne rate jamais une réunion de famille, et si elle ne manque jamais de prendre des nouvelles de tout le monde, elle n’en dit, en revanche, pas beaucoup sur elle-même. On sait qu’elle gère trois motels aux abords de la highway.

Philip Giovanni

Le petit-fils d’Elisa est désormais un médecin-légiste chevronné. Sa grand-mère l’a peu à peu initié aux secrets de la Famille et il est pressenti pour recevoir prochainement la Probation. Il a par ailleurs une famille, qui vit à Downtown.

Claudio Cosatta

Lui aussi petit-fils d’Elisa Giovanni; il travaille à la société de pompes funèbres Ricordi Eterni. Au fil des dernières années, son intérêt pour l’Autre Monde n’a cessé de croître, à tel point que sa grand-mère a entrepris de l’initier aux bases de la nécromancie ritualiste. Il semble prometteur et sera sans doute parmi les prochains candidats à la Probation.

Carlotta Cuccia

Fille d’Alberto Putanesca, elle a été mariée à un homme, mort pour la Famille durant les affrontements entre Italiens et Irlandais il y a quelques décennies. Augustino l’avait alors prise en Probation et lui avait confié la direction de l’entreprise de pompes funèbres Ricordi Eterni. Après le départ d’Augustino, Carlotta est restée à Los Angeles, où elle s’est rapprochée d’Elisa, qui est devenue sa nouvelle maîtresse. Aujourd’hui en grande partie détachée des affaires courantes, Carlotta est en revanche très active dans les activités de bienfaisance de la Famille.

Mario Putanesca

Petit fils d’Augustino et fils cadet de Leandri (pas le Vampire : celui qui a été retrouvé mort sur les docks), il est entré dans « les affaires » en 1928, alors âgé de 19 ans. Depuis, il s’est surtout illustré comme homme de main, plus que pour ses qualités intellectuelles. En revanche, il a quelques traits qui ont de quoi plaire à Benny : il ne se plaint jamais, est d’une loyauté totale envers la Famille, et surtout n’est jamais venu voir Benito pour lui demander la moindre faveur, ni lui rappeler qu’ils partagent, à l’origine, le même nom.

Ernesto Putanesca

Cousin éloigné des Putanesca de LA, plus proche du côté de Benito. Il s’occupe toujours de pièces automobiles et dispose toujours d’un chop shop aussi discret qu’efficace.

Francisco Buccola

L’ancien homme de main, jadis grand amateur de tronçonneuse, a pris sa retraite. Il consacre ladite retraite à aider ses contemporains, notamment en s’impliquant dans la vie municipale et paroissiale de Venice et en restant administrateur du vieux club de boxe, désormais déplacé dans le nouveau quartier. Conseiller municipal représentant les italo-américains, chantre de la paroisse, responsable d’une association organisant des colonies de vacances pour les enfants de familles dans le besoin et trésorier de l’association des boy scouts catholiques de Venice : he’s a well respected man doing the best things so conservatively.

Allié : Politique/Mairie à OO de Benny

Gianmarco Rosselini

Gianmarco s’est bien adapté à la vie à Los Angeles. Il travaille pour le compte de la bande de Benny, à un grade intermédiaire. Il ne s’est pas montré particulièrement brillant en la matière, mais on n’a rien à lui reprocher non plus, et il a été jusqu’ici parfaitement loyal et raisonnablement efficace. Son domaine de prédilection reste cependant l’étude de tout ce qui se trouve au-delà du Voile, et on le sait être un Nécromancien capable (du moins aussi capable que puisse l’être un membre mortel de la Famille). Sans doute nourrit-il une certaine déception quant au fait de ne toujours pas être en Probation, malgré ses talents en la matière, mais Andreas semble considérer qu’il n’a pas besoin d’un Sudariste de plus. A plus de soixante ans, Gianmarco est en fin de carrière au sein de Cosa Nostra, mais toujours actif.

Gianbatista Rosselini / Padre Gianbatista

Avoir un curé dans la famille fait partie des attributs quasi obligatoires pour une grande lignée italienne. Et, le dernier en date n’ayant pas laissé que de bons souvenirs, Gianbatista a à coeur de le faire oublier. Fils de Gianmarco, il a terminé le séminaire vers 1936 et s’est aussitôt consacré à sa fonction. Il a d’abord été missionnaire à Chinatown pendant deux ou trois ans, avant de se voir attribuer une première cure. Fin 1942, il a pu obtenir d’être transféré à Venice, où une petite paroisse lui a été attribuée.

En plus de ses fonctions normales, Gianbatista procède régulièrement à des offices nocturnes, lorsque la famille en éprouve le besoin. Il entend en confession ceux qui le souhaitent, procède à des mariages et à des inhumations, donne la bénédiction de la Probation … bref fait son boulot de prêtre Giovanni. Et il prend tout cela avec le sérieux le plus extrême.

Isabella Rosselini

La fille de Gianmarco semblait promise à un bel avenir. Mais ses talents spirites n’ont pas forcément été mis à bon usage. Après avoir, pendant plusieurs années, été l’assistante de son père et l’hôte volontaire d’esprits qu’il appelait, elle a commencé à développer des troubles de la personnalité. Ces troubles ayant été connus dans la communauté italo-américaine, cela l’a rendue peu mariable. Après plusieurs séjours de courte durée mais répétitifs en asile psychiatrique, elle a fait, début 1943, une crise majeure. Elle est aujourd’hui enfermée, et son père a tout mis en oeuvre pour lui éviter le sucker punch.

Morgan : le réseau d’influences dans le monde de la Santé peut éventuellement aider à la faire interner dans l’aile psychiatrique de ton hôpital s’il y en a une, ou au moins auprès d’un thérapeute de ton choix.

Leandri Cuccia

Le fils cadet de Carlotta, connu pour ses pulsions violentes et son instabilité émotionnelle, purge actuellement une peine de prison pour agression physique.

La famille Milliner

Les Milliner ont peu fait parler d’eux en Californie durant la précédente décennie; il faut dire que le gros de leur activité a été concentrée sur la Côte Est. L’accession de plusieurs de leurs membres au statut de vampires à part entière leur a permis de s’installer comme une famille à part entière.

*Jason Milliner*

Après plusieurs décennies au service d’Andreas, il a obtenu des anziani un droit à l’Etreinte. Fin 1941, il s’est rendu à Boston pour la cérémonie. Andreas n’a que peu apprécié qu’on le prive ainsi d’une de ses Goules pour faire plaisir aux cousins irlandais, qui avaient posé la candidature de Jason depuis longtemps, mais il a obtempéré de bonne grâce.

Jason et ses fils restent à la tête d’un important cartel immobilier et ont des intérêts dans l’industrie lourde et le transport aérien.

*Eric Milliner*

L’aîné des fils de Jason a reçu l’Etreinte en 1938. Il a à l’époque quitté la Californie pour rejoindre ses cousins à Washington. Il donne régulièrement des nouvelles et rend assez régulièrement visite à la famille pour les fêtes de fin d’année.

Joana Buccola-Milliner

Fille de Jason et soeur d’Eric. Après quelques frasques de jeunesse, elle s’est rangée et a fait un beau mariage, en épousant le fils de Francisco Buccola. Elle a été mise en Probation par son père en 1941, avec l’aval d’un Andreas d’abord récalcitrant, et qui a laissé traîner l’affaire plusieurs mois.

Joana est loin d’être une épouse idéale et a la réputation de beaucoup trop aimer l’alcool et les beaux garçons. En 1943, elle a quitté le domicile conjugal, après une dispute avec son époux, emportant ses deux enfants (des jumeaux, âgés de quelques mois seulement) avec elle. Elle s’est installée seule dans une petite maison de Santa Monica, où elle vit essentiellement de l’aide que lui apporte son père. L’intérêt qu’elle peut continuer à représenter pour lui en tant que Goule reste un mystère mais il continue à la maintenir dans cet état.

Sergio Putanesca

Neveu de Johny Putanesca, totalement éloigné des « affaires » de Cosa Nostra, et se tenant à l’écart de tout ce que la famille a de plus sombre et de moins naturel. Violoniste au Philharmonique de Los Angeles et par ailleurs compositeur de musique de film, il vit une vie presque normale et tranquille. Il n’a tout de même pas oublié d’où il vient, puisqu’il ne manque pas une célébration du 4 avril, et est toujours prêt à proposer sa musique pour les mariages, enterrements, et autres. Il chante Bruccia la terra divinement bien. Il est marié et a des enfants.

Peter Gilligan

Il n’a plus rien du jeune homme timide et un tantinet effacé qu’il état vingt-cinq ans plus tôt. Désormais patron officiel du syndicat des dockers de Los Angeles, membre permanent (et plusieurs fois par le passé élu président) du puissant Bureau Portuaire, il fait partie des gens qui comptent. Toutes ses affaires sont désormais, sinon parfaitement légales, du moins relativement officielles.

Après la disparition de sa première épouse, il est resté seul, refusant de se remarier. En secret, il a pu avouer à Gabriella que ce n’était pas l’envie qui lui en manquait mais qu’en tant que catholique, il savait le divorce impossible, « et quel que soit votre destin réel, nous sommes toujours unis devant Dieu. » Cela ne l’a pas empêché d’avoir quelques maîtresses cependant.

Angelica Jones

« Des bouffeurs de patates, des youpins, des chinks … et quoi d’autre ? Des nègres dans la famille, peut-être ? » – Augustino Putanesca

Après la disparition du Padre Marcello, Andreas avait sorti cette jeune métisse de l’orphelinat pour lui permettre de faire des études. Il faut dire qu’Angelica, fille illégitime du Padre et de l’une de ses paroissienne aujourd’hui décédée, est, qu’on le veuille ou non, de la Famille. Après des études en théologie au sein d’un institut catholique, Angelica a fini par prendre le voile. Elle se consacre désormais à Dieu, au sein d’une communauté de nonnes rattachées à l’Ordre de Saint-Jean-de-Dieu. Depuis le début du conflit, toutefois, elle a également pris des cours d’infirmerie et s’est portée volontaire pour servir dans les hôpitaux militaires. En 1942, elle a été officiellement intégrée comme combat zone nurse dans le corps des Marines (sans pour autant renoncer à ses voeux).

Au sein de la famille, Angelica a toujours été un peu à part, ne participant qu’aux grandes fêtes annuelles, et même en ces occasions, se montrant réservée et discrète. Elle attire des regards parfois soupçonneux mais le sang reste le sang et même ceux qui ne l’aiment guère la tolèrent, finalement.

Yiddish Connection

La famille Rottenstein, au même titre que la famille Milliner, a pris du galon au cours des deux dernières décennies, notamment avec l’Etreinte, sur la Côte Est, de plusieurs de ses membres. Ce n’est pas encore le cas à Los Angeles mais les choses pourraient bien changer dans un avenir proche…

Hank Rottenstein

Goule d’Andreas. Toujours officiellement bouquiniste à Torrance, Hank n’a pas changé de mode de vie apparent au cours de ces dernières années et garde un train de vie chiche et quasiment spartiate, en dépit du fait qu’il est désormais l’un des principaux conseillers de Mickey Cohen (jouissant donc d’une influence considérable sur la yiddish connection), qu’il s’est marié avec une Silberberg de Fairfax (fille d’un important négociant en fourrures et cuirs) et a eu plusieurs enfants.

Il reste un homme de contacts et de réseaux, connaissant parfaitement les rouages des différents appareils de pouvoir de la ville et collectionnant histoires et anecdotes sur un nombre impressionnant de personnalités, y compris des gens qui n’ont absolument aucune idée qu’il les connait.

Shlomo Rottenstein

Goule d’Andreas. Lui aussi a fait du chemin au cours de ces dernières années. En particulier, ses connaissances en matière de Gematria (mathématiques ésotériques) se sont révélées merveilleusement utiles quand il s’est agi de calculer les rythmes de gain optimaux pour les machines à sous de Las Vegas : il a en effet produit plusieurs séries de calculs dans lesquels il démontrait que contrairement à une tendance jusqu’alors forte chez les tenanciers de cercles de jeu d’argent, ce n’était pas en diminuant les chances de gain du joueur qu’on optimisait les bénéfices, mais bien en les augmentant dans une certaine mesure, de manière à lui laisser en permanence l’illusion qu’il pourrait se refaire au prochain round.

Le fait de ne pas vieillir l’a obligé, dans le courant des années 1930, à se retirer de l’enseignement en yeshiva (école religieuse). Il s’est alors consacré essentiellement à la bibliothèque du Manoir, ainsi qu’à la recherche d’ouvrages rares pour le compte d’Andreas.

Sam Redstone / Shmuel Rottenstein

Le fils aîné de Shlomo a fait la joie de son père en menant de brillantes études théologiques, et en accédant, courant 1937, au statut de rabbin. Puis il a fait le désespoir de son père en changeant son nom en Sam Redstone, et, sans renoncer à sa carrière pour autant, en adhérant aux franges les plus progressiste du mouvement juif réformé, prônant, entre autres, l’amalgame au sein de la population américaine générale; pire encore : il a rasé sa barbe. Il est aujourd’hui l’un de ces jeunes rabbins dynamiques et modernes, se comportant à bien des égards comme des pasteurs protestants, que la grande synagogue progressiste de Los Angeles affectionne tant.

Gaby : l’attitude de Sam n’est pas seulement le résultat d’une défiance envers les valeurs de son père. Il doit y avoir également une part de calcul là-dedans, ou au moins d’opportunisme : Sam s’est en effet installé dans une niche jusque là peu occupée de la vie religieuse de la cité; en professant un judaïsme très « light » et surtout très peu rigoriste quant aux interdits alimentaires et renvoyant chacun à sa responsabilité individuelle face à Dieu en ce qui concerne les interdits sexuels, il prêche aussi très exactement ce qu’une bonne partie des Juifs d’Hollywood, et notamment ceux qui travaillent dans les studios, ont envie d’entendre. A ce titre et en sa qualité de rabbin, il a plusieurs fois servi de consultant auprès de la Commission Hays et semble dans les petits papiers de Louis Mayer (de la MGM). Il contribue donc, au même titre que Gaby ou que Mannix, à l’extension des réseaux Giovanni sur Hollywood.

Joseph « Jo » Rottenstein

Débarqué du Vieux Monde avec femmes, enfants et vieille mère en 1941, Jo est arrivé en Californie sans un sou, ayant tout laissé derrière lui, quelque part en Pologne, mais avec deux choses : la foi en la Famille et la volonté de faire « ce qu’il faut », tout « ce qu’il faut » pour s’en sortir. D’abord épaulé par son lointain cousin Hank, il a, au bout de peu de mois, volé de ses propres ailes.

Aujourd’hui, il travaille à Fairfax, pour le compte de Mickey Cohen. Le groupe de Mickey fournit en effet en fourrures et cuirs de contrebande les usines de confection de Fairfax. Après tout, le rationnement du cuir, c’est avant tout une opportunité de business souterrain. Au cours de l’année écoulée, Jo a montré qu’il n’avait pas peur de se salir les mains quand la chose est nécessaire, surtout quand un client se fait tirer l’oreille pour payer dans les temps.

Les cousins de San Francisco

*Bruno Giovanni (IX)*

L’infant aîné de Don Andreas a peiné à se faire une place à San Francisco, que ce soit dans le Milieu ou auprès de la cour du prince Vannevar Thomas. Il a finalement réussi à s’y installer tant soit peu mais ce succès plus que mitigé lui a coûté, en termes de prestige au sein de la Famille. Et ce d’autant plus qu’il a été rapidement connu que ce n’est pas lui, mais bien Paul DiCarlo, qui a découvert la famille Li-Wang.

*Paul DiCarlo (X)*

D’abord consigliere de Michaelle à Reno, puis envoyé à San Francisco pour soutenir Bruno quand celui-ci a rencontré des difficultés, Paul a très vite compris que les réseaux habituels de la Famille, utilisant les communautés italo-américaines et le crime organisé traditionnel, ne fonctionneraient pas à San Francisco. Alors que Bruno s’entêtait à tenter de pénétrer un milieu déjà très dense en influences caïnites, Paul a décidé de tenter le coup « par la bande ». D’une part, il s’est appuyé sur les contacts de Hank au sein de la yiddish connection pour approcher Bugsy Siegel, à qui il a rendu plusieurs services et pour lequel il a facilité la rencontre avec des investisseurs potentiels à Las Vegas (dont certains PJ). D’autre part, il est allé s’aventurer dans des milieux où la Famille ne mettait habituellement pas les pieds, et en particulier la Triade. Il y a fait la connaissance de la famille Li-Wang, une lignée de sorciers d’origine chinoise, que beaucoup de choses (liens avec les milieux criminels et intérêt pour le monde des morts) rapprochaient déjà de la Famille Giovanni.

L’acquisition des Li-Wang comme alliés (et, dans certains cas, comme Goules) a facilité les affaires de la Famille à San Francisco. Cela a valu à Paul DiCarlo une récompense à laquelle il aspirait depuis longtemps : en 1942, Andreas a « autorisé » Bruno à lui donner l’Etreinte. Malgré ses réticences, et la jalousie palpable qu’il éprouve à l’égard de DiCarlo, Bruno a obéi. Mais il semble bien qu’entre les deux hommes, soit en train d’apparaître une rivalité profonde.

Gaby : les contacts avec Paul sont restés réguliers tout au long de cette période. Lui aussi a peu à peu laissé s’éloigner son épouse, une fois son devoir familial accompli. Et lui aussi lui conserve une amitié certaine et une tendresse non feinte, malgré son état de Vampire. En dépit de cet état, des milieux dans lesquels il gravite et de leur(s) liaison(s) occasionnelle(s), Paul semble d’ailleurs être l’un des rares hommes de la Famille à regarder Gaby comme une personne à part entière, plus que comme un bel outil, un joli article de variété ou un produit de consommation. Une vraie et sincère confiance mutuelle existe entre eux.

James Li-Wang

Il a été le premier membre de sa famille à recevoir la Probation. D’abord par Andreas, avant d’être remis au service de Bruno et de Paul. Il semble être la principale figure de la Famille auprès de la Triade de San Francisco. Il n’a pas au sein de cette Triade un statut important mais il a l’oreille de personnes qui, elles, disposent d’un tel statut.

William DiCarlo

Le fils aîné de Paul DiCarlo poursuivait des études de droit à Washington, quand il a été mobilisé. Il n’a cependant pas été affecté à une unité combattante et travaille actuellement comme secrétaire au sein du département d »approvisionnement et de logistique du Pentagone. Ou quelque chose de ce genre.

Benny : en réalité, l’OSS a demandé à Benny il y a quelques mois un background check concernant William DiCarlo et sa famille. Du fait de sa parfaite maîtrise de la langue italienne et de ses liens personnels avec Cosa Nostra, William a en effet été sélectionné pour participer sur le terrain à l’opération Husky. Il n’est plus sur le sol américain depuis plusieurs semaines et doit, très prochainement, être parachuté quelque part en Sicile. Cette information est, bien entendu, classée secret-défense : sa famille continue à recevoir, toutes les deux ou trois semaines, de gentilles lettres, écrites à l’avance et postées depuis la Côte Ouest.

Les cousins du Nevada

*Michaelle Giovanni*

Au fil des années, il a continué à développer ses influences et sa présence à Reno, qui, si elle est désormais éclipsée par Las Vegas, n’en demeure pas moins une cité prospère, et tout aussi apte que sa concurrente à blanchir dans ses casinos de l’argent sale. Cette situation semble lui convenir pour l’instant, soit qu’il n’ait pas d’autres ambitions, soit qu’il estime devoir encore renforcer sa base de pouvoir avant de prétendre aller plus loin.

La proximité géographique de Reno avec Sacramento lui a également permis de nouer des liens particuliers avec le Lord Powell, avec qui il serait en affaires.

*Alberto Putanesca (XII)*

Fils d’Augustino et Infant de Stefano. Il semble s’être fait à la vie à Reno, où il est toujours le bras droit de Michaelle. Il a été l’un des rares cousins de son côté de la famille à adresser à Benito une lettre de félicitations après son Etreinte. Il reste d’ailleurs, de tous les cousins séjournant hors de Los Angeles, celui que l’on voit le plus souvent aux fêtes de famille.

Les cousins de San Diego

*Augustino Putanesca*

Après son exil forcé au Mexique, il a pris la direction des opérations de la Famille à San Diego. Rien n’est précisément officiel en la matière, mais on sait qu’il prend ses ordres au sud, bien plus qu’au nord…

S’il ne manifeste aucune hostilité visible à l’égard de Don Andreas, tout le monde se doute qu’il doit, à certains égards, nourrir de la rancœur : après tout, il y a encore trente-cinq ans, Andreas n’était pas là, et sa famille, unie, régnait seule sur Los Angeles et les villes environnantes…

Johny Putanesca

Le dernier des trois fils d’Augustino à être encore auprès de son père. Il est désormais celui qui gère ses affaires en journée, et la figure visible de Cosa Nostra à San Diego.

Les amis de la famille

Leon DeSimone

Depuis la mort de son père Rosario (autrefois capo dei tutti capi de Los Angeles, avant le règne d’Ardizzone) il y a quelques années, Leon ne dispose plus de protection majeure dans Cosa Nostra … à part la Famille Giovanni, bien entendu. La crise de 1929 et des années suivante a failli lui coûter sa clinique de Vermont, et il n’a tenu que grâce à la générosité de Don Andreas, qui a effacé ses ardoises et injecté de nouvelles liquidités (issues des affaires de Benito et de celles de Stefano) dans la clinique. Aujourd’hui, la clinique DeSimone, qui accueille les familles aisées de Vermont, est florissante. Et Leon, chirurgien désormais expérimenté, ne pose aucune question quand il s’agit de soigner une blessure par balle.

Paolo DeSimone

Le frère cadet de Leon DeSimone est l’associé de Paul DiCarlo au sein du cabinet Carlo & Simone (dit C&S, dit « les deux Paul »). Tout le monde en ville sait que c’est un cabinet d’avocats spécialisé dans la défense d’hommes du « Milieu ». Et tout le monde sait aussi que Paolo est l’homme à appeler quand on se fait coffrer et qu’on a besoin de quelqu’un d’officiel pour payer sa caution.

Joseph DeSimone

Le troisième fils de Don Rosario est désormais un dentiste expert, associé à son frère Leon dans la clinique de Vermont où il a installé son cabinet. C’est aussi quelqu’un qui a rendu de remarquables services à la famille au cours des dernières années, les dossiers dentaires étant, en l’état actuel de la science policière, l’un des rares moyens d’identifier un cadavre déjà décomposé.

Aaron Cohen

Un cousin éloigné de Mickey, qui travaille entre San Francisco et Los Angeles. Patron d’une pêcherie en haute mer, il dispose en outre d’une petite flottille de navires de pêche, toujours utile pour déposer quelqu’un sur une côte de Californie ou balancer quelque chose loin au large.

Eddie Mannix

Autrefois proche de Don Rosario, Eddie est depuis toujours en affaires avec la famille quand il s’agit de lui procurer des services inhabituels. Officiellement patron d’une agence de consulting artistique à Hollywood, il est en réalité le principal star fixer auquel les studios font appel quand quelque chose va mal. Avortements clandestins, chirurgie esthétique, chantage, destruction de la réputation d’un témoin gênant, effacement d’article racontant comment une star a été retrouvée ivre morte dans un caniveau … Eddie propose toutes sortes de services aux grands studios. Et depuis quelques années, Gabriella l’assiste dans ses durs travaux.

Courtland Dines

L’ex-playboy est fatigué. Privé du Petit livre noir, Courtland a été incapable de toute sexualité, et même de tout désir, au cours de ces dernières années. Il a apprécié la compagnie de Juliet néanmoins, et a même pu tirer une certaine jouissance intellectuelle de plaisirs par procuration, comme lors des tournages coquins auxquels il assiste, surtout si Juliet elle-même est de la partie. Mais le plaisir d’un cuckold a ses limites. Et il se lasse rapidement de ce type de choses, même s’il y revient périodiquement.

Sur le plan des affaires, les dernières années lui ont beaucoup coûté : d’abord ses désastreux investissements dans l’industrie aéronautique (il croyait dure comme fer à l’avenir du dirigeable et avait investi énormément pour tenter de créer un concurrent américain à Zeppelin), puis la crise des valeurs pétrolières avec les achats forcés à prix patriotiques, sans compter sa longue expédition scientifique dans le Pacifique, intégralement financée par ses soins. La fortune qu’il conserve reste tout de même considérable, même si elle pourrait sembler modeste, comparée à ce qu’elle était du temps de sa splendeur. Il lui arrive encore de se payer quelques folies, cependant : des parts dans un hôtel de Vegas, un Luxaphone rosicrucien dans son grand appartement de Downtown, un stage à la découverte de son Lémurien intérieur ou des escort-girls de grand luxe, juste pour le plaisir d’être vu avec elles au Biltmore.

Par ailleurs, il a été très affecté par le décès de Mabel Normand en 1930 et ne s’en est jamais vraiment remis; il l’aimait sans doute davantage qu’il ne l’aurait avoué. A 54 ans en 1943, Courtland est un homme fatigué, usé par une vie essentiellement composée d’excès en tous genres, et qui semble continuer à exister plus par habitude que par réelle envie. Malgré ses nombreux mariages (Juliet est tout de même sa septième épouse), il n’a pas d’enfant, et ce sont de lointains cousins texans qui sont les mieux placés pour hériter de ses parts dans les champs pétrolifères familiaux près de Houston.

Cousins et amis mexicains

*Tante Genevra*

Au cours de ces dernières années, Genevra a été face à une forme de paradoxe : d’un côté, la fin guerre civile au sein du Sabbat a permis de relancer considérablement ses affaires, en ayant, en la personne de Melinda Galbraith, une interlocutrice directe avec laquelle elle entretient des contacts réguliers; cette relation a permis également à Genevra d’avoir les coudées franches pour développer de remarquables réseaux d’Influence à Mexico, le Sabbat ne s’intéressant qu’assez marginalement au contrôle de la société mortelle. Mais d’un autre côté, sa réputation et son statut au sein de la Famille ont baissé.

Elle semble en froid avec Ambrogino, et par ailleurs d’autant plus isolée que rien (ni sa famille mortelle d’origine, ni sa Lignée vampirique, ni son sexe) ne joue en sa faveur pour obtenir les grâces des anziani. On la tolère donc parce qu’elle est là, parce qu’elle a ses réseaux, et aussi parce que personne n’a réussi jusqu’ici à lui piquer sa place.

Sans doute a-t-elle montré les crocs trop tôt : tout le monde considère désormais qu’elle est la rivale de son neveu Andreas … et c’est fou le nombre de personnes qui ont été financièrement aidées par Andreas ces dernières années. Certes, elle a récupéré San Diego. Mais c’est une maigre consolation : cinquante ans auparavant, toute la Haute Californie relevait encore de sa zone d’influence.

De méchantes rumeurs courent sur son compte : elle entretiendrait des liens étroits avec le clergé mexicain, et, à travers lui, la Société de Léopold; elle aurait aiguillé des meutes de guerre du Sabbat vers des rivaux appartenant au Clan Giovanni; elle aurait une liaison amoureuse avec Melinda Galbraith. Dans tous les cas, que ces rumeurs soient vraies ou fausses, la situation de Genevra est complexe, en ce moment.

Gaby : les contacts ce sont poursuivis ces dernières années. Gaby sait qu’en plus des éléments ci-dessus mentionnés, Genevra connaît des difficultés avec la famille Pisanob, très largement majoritaire au sein des Giovanni mexicains (et à laquelle appartient Carmen Flores), et dont certains des membres semblent en opposition avec elle. Par ailleurs, malgré tous ses revers, Genevra est loin d’être désarmée, y compris dans les domaines habituels de la Famille : la légalisation de la culture de l’opium au Mexique a donné naissance à ce qu’on appellera plus tard un Cartel, et qui se nomme encore « Les familles de Badiraguato », et qui est en passe de prendre le contrôle du trafic d’héroïne sur la frontière sud des Etats-Unis.

Laisser un commentaire