
Urbaniste voyageur.
Un petit bout d’histoire pour commencer
Venise en Californie, ou le rêve d’un homme : Abbot Kinney.
C’est au retour d’un voyage dans la Cité des Doges que ce magnat du tabac décide de reproduire le « concept » sur une zone marécageuse au bord du Pacifique : il la fait assécher, 23 km de canaux sont creusés, et des petits ponts sont construits.
La « Venice of America » est inaugurée le 4 juillet 1905 avec des gondolieri italiens, sous un ballet d’acrobaties aériennes. Une fête foraine s’installe également sur le Pier.
A cette époque, l’architecture d’inspiration vénitienne prédomine dans le secteur.
En décembre 1920, peu de temps après le décès de Kinney, une large partie de la jetée part en fumée lors d’un terrible incendie. Il ne faudra que six semaines pour tout reconstruire !
Six ans plus tard, le développement démographique de la petite ville est tel que l’on a du mal à gérer son développement économique et sanitaire. Venice est donc annexée à Los Angeles et devient un quartier à part entière.
Un bout de géographie en suivant
Venice est à l’Ouest de LA, au bord du Pacifique… mais ça vous le savez déjà…

En 1943, le quartier – notre territoire – est début de sa croissance.
Notre Venice s’étend sur toute la partie sud du bien nommé Abbot Kinney Boulevard. Il part à l’est de Washington Boulevard, et va à l’ouest jusqu’au croisement du Kinney Boulevard et de Pacific Boulevard.


Chapitre 1 : De L’entrisme
A notre arrivé dans le quartier en 1930, la situation n’était pas terrible. L’industrialisation des environs suites aux découvertes de pétrole a fait chuter l’attrait de Venice. La crise économique survenue depuis deux ans tentait de planter le dernier clou dans le cercueil.
Dans ce contexte, il ne fut pas compliqué de poser nos premiers pions, une bonne partie du quartier était à vendre. Une fois les premières maisons achetées, les familles commencèrent à s’installer petit à petit. Il fut facile également d’acheter les boutiques vides et de prêter les mises suffisantes pour les équiper de l’essentiel. Il faut quand même avouer qu’avec la situation de l’économie, on a dû faire avec des bouts de ficelles par moment. Heureusement Gaby et moi, chacun à notre manière, savons mener des négociations à notre avantage. Les fournisseurs se montrèrent plus que raisonnables.
Pendant cinq ans, calmement, nous avons tissé la toile de notre communauté.
Une fois les premières nécessités assurées, nous avons progressivement installé nos propres business et les gens pour travailler dedans. Des employés logés par nous, un peu partout dans le quartier. Pour finir le travail, par l’entremise du quotidien italophone « Bella Ciao » créé pour l’occasion par Gaby, nous avons fait notre pub à Torrance. Un logement et du travail, c’est ce que nous offrions et c’est ce dont ils avaient besoin. Nous profitions de la position de Gaby pour nous laisser du temps et le champ libre à Venice. Si via « Bella Ciao » elle ventait les mérites de notre projet, dans tout ces autres journaux elle faisait en sorte qu’on ne parle jamais de Venice, ou alors sous un jour peu favorable, de sorte que l’effet de mode ne revenait pas.
Notre village a grandi doucement, bercé par le bruit des travaux de réaménagements, l’odeur des usines et les embruns maritimes.

Chapitre 2 : Quand le ver est dans le fruit
Depuis les premiers temps, nous avons profité de nos différentes natures, cercles d’influences et amis de l’autre coté du Voile pour tenter de recenser les vampires ainsi que leurs lieux d’intérêts.
Maintenant que nous avions le pied dans la porte sur le plan diurne, il nous fallait faire de même sur le plan nocturne. Nous venions pour poser notre empreinte sur ce bout de la cité, autant savoir à qui nous avions affaire. Notre stratégie n’a jamais été la brutalité. Le temps jouait pour nous et notre politique de « colonisation ». Et quand vous avez le temps, il est toujours plus sage de privilégier la diplomatie.
Nous avons passé le plus clair de nos nuits dans le quartier, sous d’autres identités, dans l’Autre Monde, dans de charmants salons bourgeois à écouter discourir de Lémurie ou à faire le commercial.
Je distribuais beaucoup de cartes, me faisant connaître de tous les vampires que je croisais, n’hésitant pas à proposer nos services si la bonne occasion se présentait.
Les vagues d’immigration italienne venues de la vieille Europe nous aidant à agrandir notre communauté rapidement, la zone sous notre contrôle fut bientôt suffisante pour notre maillage. En 1935, il était enfin temps de venir nous installer.
Joachim et moi avons été les premiers à emménager. Notre organisation, mes influences et ses serviteurs nous offrant le sentiment de sécurité dont nous avions besoin. Bien que nous ayons déjà des lieux disponibles pour nos différentes affaires, nous avons fait aménager un « immeuble particulier » que nous occupons tous les deux. Nous avons chacun notre étage privé dans un immeuble sur la place de Grand Boulevard, notre centre des affaires. Courant 1940, Gaby s’installera également à Venice. C’est sur une assez grande maison proche de la plage qu’elle jettera son dévolu. Quand on peut se le permettre, les levers de soleil doivent être sympa avec la vue qu’elle a…

Chapitre 3 : Du Quotidien
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
Telle pourrait être notre devise pour faire fonctionner Venice. Nous avons adapté à notre sauce californienne le fonctionnement des villages siciliens, ainsi que le faisait la Famille à ses débuts. Pour asseoir notre légitimité, il nous a fallu améliorer la vie des gens en s’assurant qu’ils comprennent bien que c’est à nous qu’ils le devaient.
Au plus dur de la crise, des soupes populaires, soutenues par Morgan, ont offert le minimum vital aux plus pauvres. Grâce à nous, ils ont maintenant la stabilité des loyers. Du travail dans nos commerces, ateliers, bureaux, hôtels et autres formes de « business ». Une vie communautaire florissante qui s’appuie sur la paroisse guidée par le Padre Giambattista, la salle de boxe fondée par Buccola (l’actuel conseiller municipal) et l’Institut pour jeunes filles Santa Clara. Depuis peu, le « St John Hospital », établissement privé, assure la couverture santé pour la communauté. Une vie culturelle renaissante complète notre travail grâce à l’implication de Gaby dans l’ouverture du cinéma ou du parc d’attraction. On a même supprimé les « assurances » pour les commerces italiens dont nous sommes les propriétaires, les loyers perçus et les remboursements des prêts étant largement suffisants. Grands seigneurs je vous dis…
Mais qu’une chose soit bien claire : c’est un cercle vertueux, une forme de vie en symbiose, mais ce n’est pas du communisme. Ici rien n’appartient au peuple ; tout appartient à la Famille pour servir à la Famille.
Un autre élément primordial de notre organisation est le rôle de mon bras droit, Ezio Nesta. Dès 1931, celui qui dans quelques années deviendra ma Goule a emménagé à Venice et ouvert un pawn shop, « Auntie G ». Outre son implication dans la gestion de mes business et influences présents dans le quartier, il occupe pour nous les fonctions d’intendant, de régisseur et de conciliateur pour la communauté. Il est celui qui met de l’huile dans les rouages, gérant au quotidien le développement de notre quartier. Pour les habitants de Venice, Ezio est quelqu’un d’important à qui il faut s’adresser quand on a un problème ; il organise même de temps en temps des sortes de séances de doléances.

Chapitre 4 : Le Maillage
Bien sûr, toute cette organisation repose sur un principe fondamental, la sécurité de notre organisation. C’est même ici que réside l’origine de notre communauté, la réelle symbiose.
- Le LAPD
Le LAPD local nous fournit le premier niveau de sécurité. Ils savent où regarder et ne pas regarder. En plus de la tranquillité qu’ils laissent à nos business illégaux, ils s’occupent de la tranquillité de nos installations légales. Grace à eux nous évitons les tentatives d’intrusions de gangs extérieurs, nous assurons la surveillance de nos affaires et la sérénité dans nos rues.
Notre influence principale réside dans le choix des affectations au sein du commissariat local. Avoir soutenu McAfee, puis navigué dans ce domaine depuis une quinzaine d’années tout en soignant les sergents locaux, m’ont permis de m’assurer d’avoir toujours un regard sur les nominations locales et des rapports cordiaux avec l’officier en charge du commissariat de Venice. Et si l’un d’entre eux venait à devenir trop curieux, Gaby savait d’un revers de campagne de presse le faire muter ailleurs.
- Cosa Nostra
Ironiquement, en miroir des hommes du LAPD de Venice, ce sont les hommes de Cosa Nostra qui se chargent du deuxième niveau de sécurité. Parfois remarquable, souvent dissimulée, la protection repose sur le maillage de Venice. Sous les ordres d’un des proches de Benny, Luciano Biagio, une cinquantaine de personnes sont occupées par les taches de protections. J’ai pris le soin de faire héberger les hommes et leurs familles dans tous les coins du quartier, et j’ai également réparti pour chacun de nous quatre les adresses de nos planques et affaires respectives selon cette logique. Des surveillances discrètes mais continues sont effectuées sur les endroits « sensibles » de Venice pour prévenir toute intrusion ou situation délicate.
Comme pour la police, la surveillance de Cosa Nostra dispose d’un central. Le bien nommé « Il Leone di San Marco » est en façade un petit restaurant italien qui, dans sa cave, héberge un point névralgique. C’est d’ici que, par radio, sont gérées les patrouilles et surveillances fixes, que les radios de la police sont écoutées ou que sont collectées les informations du terrain et régulée la vie de Venice, de jour comme de nuit. Le principe des « minutemen » a été mis en place, des astreintes permettent de mobiliser à tout moment une dizaine d’hommes en 10 minutes. L’ajout d’un système de contrôle vidéo dans quelques lieux du quartier sera entrepris d’ici très peu de temps…
Pour l’anecdote, grâce à la localisation de leur central dans le restaurant, les hommes s’occupant de la surveillance se surnomment entre eux les « Leo ».
- La Communauté
Une des idées importantes que nous avons essayé d’instiller dans notre communauté, c’est que la sécurité de chacun dépend de la vigilance de tous. Dans un souci de conservation mutuelle, de fonctionnement grégaire, les membres de la communauté fournissent le troisième niveau de sécurité.
Toujours guidé par l’objectif du maillage, des « guetteurs », un peu partout dans notre zone, se chargent de surveiller la vie de Venice. Des petits vieux sur les bancs publics, des adolescents jouant dans la rue, des vendeurs de journaux ou bien des voisines à leurs fenêtres signalent régulièrement les agissements qui méritent de l’être. Le tout ayant été de bien définir ce qui méritait de l’être…
Par sécurité supplémentaire, nous avons étoffé grâce aux capacités suggestives de Gaby et aux miennes la fiabilité de nos réseaux d’informateurs. Que ce soit pour rendre un service d’amour fou à Gaby ou parce qu’une envie irrépressible d’appeler le « Leo » les y poussait, certains des habitants de notre quartier étaient vraiment fiables et loyaux.
- L’Autre Coté
Joachim un petit topo sur l’état de l’Outre Monde à Venice ?
Et éventuellement des suggestions de protections & surveillance du quartier ?

Chapitre 5 : Cartographie

01. « St John Companies / Venetian Inc. »
C’est ici que sont basées les sociétés maritime et pétrolière de Morgan ainsi que les bureaux de la Venetian Inc. L’endroit est géré par Giorgio Chellini, le comptable de la bande à Benny.
02. « San Marco Immobilier »
Société immobilière d’investissement. C’est ici que sont gérés les rachats de maisons, immeubles et autres commerces. La société est aussi un promoteur immobilier, comme par exemple le projet du Venetian Hôtel.
03. « L’Immeuble »
C’est le Refuge de Joachim et Benito. Un immeuble d’habitations de 4 étages, des plus classiques en apparence. Garage double niveau / Rez-de-chaussée (surveillance, réception, conciergerie) / Étage 1 (appartements Gaby / Morgan) / Étage 2 (Joachim) / Étage 3 (Benny) / Étage 4 (???). Possibilité de maisons de secours sur les îles des canaux.
04. « Auntie G »
Pawn Shop, ouvert 24h/24 depuis 1931, façade légale d’Ezio Nesta. En plus de permettre du blanchiment, des prêts non déclarés et le recel habituel, de jour comme de nuit, l’endroit sert de point de contact avec les services Giovanni.
05. « We Fix It »
Garage automobile de Ernesto Putanesca. Transféré depuis Torrance en 1936 sur demande de Benny. Il s’y compose un savant mélange de mécaniques légales et illégales.
Chop Shop, réserve de voitures possibles.
06. « Le Temple de l’Horreur »
Cinéma de genre, spécialisé dans les films qui font peur…
07. « Il Leone di San Marco »
En façade, un petit restaurant italien qui, dans sa cave, héberge le centre de surveillance de Venice par Cosa Nostra.
08. « St John Hospital »
Financé par Morgan et ouvert en 1938. On y assure le niveau de santé de la communauté. Les soins ne sont jamais gratuits mais pas toujours payés en argent.
09. « Locus Iste »
Parc d’attraction à thème basé sur l’horreur, les maisons hantées et son célèbre train fantôme…
10. Maison Communautaire
Sous le patronage de Gaby et Gianbatista cet endroit est un des centres de vie de la communauté, réunions publiques, élections, conseil de quartier, kermesses, cours du soir, réunions des AA…
11. « Forza Spirito »
Salle de boxe ouverte par Fransisco Buccola en 1932. A l’origine située à Torrance (où l’ancienne salle a été conservée), elle est rapidement devenu un des piliers de la communauté tout comme son fondateur, devenu depuis le représentant de la « communauté italienne » au sein du conseil municipal de LA.
12. « La Maison de la Plage » aka « Gaby’s House »
Une assez grande maison proche de la plage servant de refuge à Gaby. Quand on peut se le permettre, les levers de soleil doivent être sympa avec la vue qu’elle a…
13. « Capella San Marco »
Paroisse de Venice, sous la responsabilité du Padre Gianbatista Rosselini.
14. Institut « Santa Clara »
Établissement d’éducation de jeunes filles de petites origines appartenant aux influences de bienfaisance de Gaby. L’œuvre de charité qui gère l’endroit s’occupe aussi d’un centre communautaire en partenariat avec la paroisse locale.
15. « Le Caravella »
Récupéré après la chute de Al Marco, l’ancien « Ship Café » c’est refait une identité à la fin de la prohibition. Il a été reconverti en restaurant italien de haut de gamme. En souvenir d’une époque révolue, Benny y conserve un grand bureau de réception au sous-sol lui servant pour certaines de ses affaires illégales. Il est tenu part Alfonso Bonucci, le successeur désigné de Benny au sein de Cosa Nostra.
16. « Le Venetian Hôtel »
Hôtel de haut de gamme construit en 1938. Il est le fleuron de notre image sur Venice. Ses capacités d’hébergement sont équipées pour toutes les natures de visiteurs possibles.
Au fil des années, il devra être vu comme un lieu où l’on est sous la protection Giovanni. C’est notre « chambre d’amis » en quelque sorte. Le bar-restaurant de l’Hôtel est l’endroit qui se veut branché à Venice, mais la discrétion des salons privés est une option reconnue.
17. « RG Press / Sin Yourself »
C’est ici que se trouvent les rédactions et les bureaux de gestions du groupe de Gaby, RG Press et Sin Yourself. Chacun dans un immeuble différent, bien sûr.
18. « L’Imprimerie »
Influence de Gaby, c’est ici que sont imprimés les journaux de RG Press et Sin Yourself.
19. LAPD
Commissariat de Venice.
20. Garage Renfield / AMA
Tenu par Kenneth Renfield, spécialisé dans la réparation des motos. Il est accolé au club de motards de l’AMA. Influences de Georgina Krammer (Gangrel).
A. Les business de Benny
– Entrepôts de stockage.
– Garages à camions et voitures.
– Ateliers de traitement de la drogue pour le réseau de Benny (Six Feet / Red Carpet).
– Entrepôts de « détention ».
– Hangar à bateaux.
– Stock d’armes, de munitions et de gilets pare-balles.
B. Les planques
Réseau de maisons, d’appartements, de bureaux dans Venice pouvant être à notre disposition rapidement. Utiles pour rendez-vous, réunions, moments de solitude. Certaines peuvent être aménagées pour y passer la journée en sécurité.
Les égouts
Grâce à ses contacts au sein du Clan et en remerciement de ses bonnes actions, le Padre Rafael a montré les égouts sous Venice à Benny. Il a pu établir un plan et y faire certains travaux de sécurité. Mais Rafael a-t-il tout montré ? Probablement pas…
Marina Del Rey
Le port qui borde la partie sud de Venice n’est pour l’instant qu’un estuaire pour les pécheurs et les chasseurs de canards, ce qui pourrait ravir Morgan a l’idée d’une partie de chasse, organisée à la Thompson ou non…
Un poil de Méta pour y penser sérieusement 😉 Il faudra attendre 1965 pour que Marina Del Rey soit créée. Ce sera à l’époque le plus grand port artificiel du pays. Aujourd’hui, les visiteurs affluent dans cette région pour son soleil toute l’année et son atmosphère californienne décontractée…

Chapitre 6 : La Venetian Inc.
La Venetian Inc. est une holding qui a vu le jour en Décembre 1929 pour recycler le petit pourcentage de la fortune de Charlie que nous avons récupéré. Organisée pour les différentes activités de notre coterie, elle gère en fond nos affaires. Les sociétés, toutes bien séparées les unes des autres par un montage « astucieux », reviennent au final aux quatre actionnaires fondateurs. Comme pour l’implantation à Venice, nous avons bâti la Venetian progressivement, regroupant nos investissements et actifs au fur et à mesure de nos installations locales. L’interaction possible entre les différents milieux nous aura permis de créer des synergies utiles à nos affaires florissantes. L’autre intérêt de la Venetian consiste aussi en sa capacité à blanchir les ressources de Benny.

A venir : deux cinémas dont un grand drive-in sur la plage et un cinéma purement italien qui s’appellera « La Mostra », tant qu’à faire et qui ouvrira à la fin de la guerre en entamant un festival néo-réaliste, – le festival de Venice bien sur!
La société d’investissement qui possède des actions dans de nombreuses boites de Hollywood – production, distributions, agence – et quelques entreprises « mineures » se nomme « Sognare Ent. » (« rêver »)
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