
La « cugina »
Les papiers d’identité de la « cousine » Giulianna indiquent qu’elle est née en 1920 de l’union de Marcello Donizetti, frère ainé de Gabriella, et de son épouse Eleonora, petite dernière d’une famille précoce qui compte déjà un garçon, Giuseppe et une fille, Livia. [en vérité, l’enfant sera victime de la mort subite du nourrisson et n’aura pas survécu trois jours].
C’est une enfance modeste et relativement tranquille que connait cette petite fille vivant elle aussi dans la banlieue de Newark [dans la maison où Gaby a passé son enfance alors que son père sera devenu contremaitre de l’usine de plastique où il a débuté.
Néanmoins, le drame frappera coup sur coup la famille avec le décès prématuré d’Eleonora, en 1930, et le licenciement de Marcello en 1931. Ayant repris depuis peu contact avec sa famille lointaine, Gabriella aura effectivement fait ouvrir un petit fond de pension pour subvenir partiellement aux besoin de son frère aîné jusqu’à ce que celui-ci retrouve un emploi l’année suivante. Mais ce fond de pension et ces petites rentes perdureront après le décès officiel de Gabriella, et serviront à payer l’école des enfants pour leur épargner d’avoir à travailler comme elle dut le faire elle-même. Toutefois, c’était avec Livia qu’elle échangeait des courriers et non, bien entendu avec Giulianna].
Les enfants pourront donc avoir une éducation convenable et passer les années de crise sans trop de dommage, [Giuseppe rejoindra néanmoins l’usine de son père et Livia se mariera pour avoir sans aucun doute de beaux enfants.]
Giulianna, elle, sera placée en pensionnat pour jeune fille et ne reviendra que rarement auprès de sa famille jusqu’à ses 16 ans, année où Marcello décédant [opportunément, certes mais réellement], Peter Gillighan n’offre de prendre en charge « la cousine ». Celle-ci finira officiellement sa scolarité au pensionnat mais viendra passer quelques vacances d’été et d’hiver en Californie, permettant à Gabriella de reprendre contact, même partiellement, avec ses enfants.
Lorsqu’elle est âgée de 18 ans, une chambre lui est attribuée en permanence à la maison de Silverlake, bien qu’elle soit aussi titulaire d’une chambre sur le campus, et qu’elle y poursuive ses études. Elle est l’adorable cousine ressemblant tellement à « maman » qui charme un à un les enfants du couple Gillighan malgré la réticence sauvage d’Anna et la timidité de Joseph. Ne s’imposant que rarement mais régulièrement, la demoiselle devenant jeune femme suit des cours en dilettante et durant ces années perturbées, n’aura guère de succès universitaire et cessera d’ailleurs de beaucoup fréquenter les campus dès 1941 – gardant toutefois sa carte et ses accès à la bibliothèque.
En revanche, alors que les enfants grandissent, et qu’il est de plus en plus question de marier ou remarier tout ce petit monde, une idée commence à germer dans la tête de « Giulianna », qui ne voit pas pourquoi, puisqu’elle lui ressemble tant, elle ne pourrait pas épouser le veuf de sa tante..? L’Eglise donnerait sans doute une dérogation, après tout, il n’y a pas de lien de sang.
Et un soir de janvier 1943, alors que les enfants sont à leurs occupations respectives et que Peter rentre un peu fatigué, un peu ivre, il trouvera dans sa chambre, éclairée par une lumière tamisée, le « fantôme » de sa femme, vêtue d’une simple et évanescente chemise de nuit. Les fantômes, c’est une tradition familiale et celui-ci est particulièrement séduisant, irrésistible même. Rendu fou de désir par une combinaison vin, majesté, nostalgie, le pauvre Peter succombera passionnément au piège charmant de la superbe « cousine » qui ne manquera pas, une fois qu’ils seront repus l’un de l’autre, et tandis qu’il émettra quelques réserves floues sur leurs actes, de leur rappeler qu’après tout, devant Dieu, ils sont encore mariés,… il ne faut pas grand chose pour que ce soit le cas à nouveau devant les hommes.
A noter qu’il est fort possible que cette « anecdote » se reproduise, Gaby trouvant finalement délicieusement charmant et gentiment pervers de rallumer la flamme de son époux, voire peut-être, de l’allumer vraiment cette fois. « C’est mon mec AMWA ».
Cette identité est un nouvel épisode de la vie de Gaby, lui permettant de voir régulièrement ses enfants – et d’entretenir ses touchstones.
Elle offre par ailleurs une identité d’étudiante, une carte d’étudiante, des accès aux bibliothèques, à des musées, mais aussi à des soirées, des groupes de jeunes gens divers, aussi bien sportifs qu’intellectuels, mais aussi, éventuellement! à des cours.
Gaby n’est toujours pas très cultivée et sait toujours! que ça lui manque. Petit à petit, elle aura donc commencé à suivre des cours d’histoire de l’art, art plastique, l’architecture et dessin, de littérature, d’histoire et d’espagnol, puis sans doute aussi, de français. Et de tennis! (compétence en prévision : craft 3, académie 2, langue supl.+1 ou +2, athlétisme 1.)
===► A noter que Giulianna Donizetti est la TROISIÈME identité alternative « d’étudiante ». La première (Elena Vaughn) utilisée entre 1920 et 1927 a suffisamment servi et une étudiante présente depuis trop d’années sans obtenir de très haut diplôme aurait fini par attirer l’attention. Le costume est donc « rangé » tandis qu’officiellement, Elena Vaughn est partie en Europe et la seconde était Rebecca Danzi