La vie quotidienne en 1943

Coût de la vie

La Work Progress Administration a estimé qu’une famille américaine (un couple et trois ou quatre enfants), pour survivre de manière décente (logement correct, vêtements acceptables, nourriture en quantité suffisante, pas ou peu de loisirs) avait besoin de 800 dollars par an. En pratique, la plupart des ouvriers parviennent à peine à cette somme. Il est courant que les chicanos plafonnent à 650 dollars, et les Noirs à 600 (en Californie : dans le Vieux Sud, les Noirs se situent davantage autour de 400 à 450 dollars par an et par famille).

La classe moyenne

Le revenu américain médian en 1943 est estimé à 1106 US $ par famille : en gros, dès qu’on dépasse les 1000 dollars de revenu annuel, on est dans la middle class. Le budget d’une famille de la middle class est occupé à 85% par le loyer, l’habillement et la nourriture. L’imposition directe est en revanche très basse : on n’est pas imposable à moins de 1000$ annuels, et en dessous de 1500$ annuels, elle plafonne autour de 5 à 10$. Elle s’élève considérablement au fur et à mesure que les revenus augmentent, cependant.

Concernant le loyer, il s’agit généralement en réalité d’un emprunt bancaire : à partir de 1000 dollars de revenus annuels, on devient intéressant pour les banques et la plupart des Américains empruntent pour accéder à la propriété.

La nourriture est encore très majoritairement composée de produits frais, cuisinés ensuite à la maison par Madame. Même chose pour les vêtements : le prêt-à-porter est cher est intéresse surtout les classes moyennes supérieures; en dessous, on fait ses vêtements à la maison (et il est courant que toute la famille soit vêtue du même tissu); au-dessus, on a un tailleur. Une ménagère prudente et bonne cuisinière peut nourrir une famille de six personnes (deux adultes et quatre enfants) avec un budget hebdomadaire de 5$ environ.

La classe moyenne supérieure (upper middle class) commence autour de 2500 dollars de revenus annuels. C’était le cas de 29% des familles américaines avant 1929. En 1943, ça ne concerne plus que 12% d’entre elles. Même au sein de la classe moyenne supérieure, les revenus restent inférieurs à ce qu’ils étaient avant crise : on estime que les avocats réputés, les médecins à belle clientèle, les juristes experts et autres spécialistes très bien payés gagnent jusqu’à 40% de moins que vingt ans plus tôt, à dollar constant. Cette perte de revenus a contribué à creuser l’écart entre les classes moyennes supérieures et les « vraies » classes supérieures, dont, en revanche, les revenus et le patrimoine ont considérablement augmenté, malgré les impôts sur le revenu quasi-confiscatoires mis en place par le New Deal (jusqu’à 85% des revenus pour les tranches les plus élevées). Cet appauvrissement relatif de l’upper middle class a contribué à la rapprocher des classes plus populaires : ainsi, il n’est pas rare que les membres de cette classe prennent les transports en commun, fument des cigarettes (et non des cigares), ou encore n’aient plus de domestique à demeure (une femme de ménage qui vient tous les jours mais ne dort pas sur place est désormais la norme; bien souvent, c’est l’épouse de la famille qui doit cuisiner, ou, a minima, commander elle-même chez le traiteur).

Alors qu’il ne serait jamais venu à l’idée d’un petit-bourgeois des années 1910 d’imposer une telle chose à sa femme, voire de lui en parler, il est désormais courant que l’épouse de l’upper middle class tienne les comptes de la famille (ce qui veut dire qu’elle sait combien gagne son mari, ce qui était impossible auparavant, et qu’elle a, de plus, un oeil sur ses dépenses personnelles). Il y a d’ailleurs des articles consacrés à ce sujet dans les magazines féminins, et même des concours de comptabilité domestique (toujours dans ces magazines).

Plus d’un quart des familles de la middle class tirent leurs revenus du travail de plus d’un des membres : il est désormais très courant que les enfants, dès quatorze ans, aient de petits boulots pour apporter un peu d’argent à la famille; dans la lower middle class, il est également courant que, dès que les enfants sont grands, la femme ait un travail à mi-temps. Même dans les familles pauvres, ce fait reste cependant marginal : en 1940, seules 15% des femmes américaines mariées avaient un emploi salarié. En 1943, ce chiffre a doublé.

Hors temps de guerre, cependant, il est généralement mal vu qu’une femme mariée travaille : durant toutes les années de la Grande Dépression, en particulier, une femme mariée qui avait un emploi salarié était considérée comme prenant le travail d’un homme au chômage, et donc, pour améliorer le quotidien de sa propre famille, en plongeant une autre dans la misère.

La Grande Dépression a également créé des solidarités locales fortes. Dès l’accès à la middle class, il devient nécessaire, pour le maintien de l’image de la famille, de participer à cette solidarité : dons auprès de l’église locale, bénévolat dans des associations d’aide aux nécessiteux ou dans les soupes populaires, etc. Inviter pour le repas du dimanche une famille du voisinage, pauvre mais vertueuse, est une pratique courante.

Les très pauvres

En Californie, la main-d’oeuvre hispanique et celle venue des Etats agricoles du centre du pays a provoqué un afflux de travailleurs non qualifiés, et souvent très mal payés. Une femme de ménage mexicaine venant travailler chez un couple de la middle class trois heures par jour, six jours par semaine, se paie en moyenne 4 dollars par mois. Un jardinier est généralement payé 1 dollar par semaine. Un ouvrier qualifié, en usine, peut gagner jusqu’à 3 dollars par jour, primes de risque incluses.

Les évictions pour cause de loyer impayé sont très courantes chez les classes pauvres. Si courantes que les enfants des orphelinats et des garderies populaires en font souvent un jeu : ils assemblent des poupées et des jouets dans un coin de la pièce, puis les dispersent aux quatre coins. Ce jeu est appelé Didnt pay the rent.

Le chômage, la surmortalité dans les usines (dont certaines sont très dangereuses), la perte de statut du père de famille (qui n’est plus capable de nourrir sa famille) et, pour de nombreux jeunes hommes pauvres, la crainte d’être « accroché » par une fille qu’ils ont mise enceinte, ont amené à une désagrégation des structures familiales : on estime qu’en 1940, 50% des familles Noires et 30% des familles Hispaniques sont dénuées de père.

Equipements ménagers

Les machines à laver, aspirateurs, fours électriques et autres équipements facilitant la vie au quotidien étaient courants dans les années 1920. Mais la Grande Dépression et les années de chômage de masse en ont fait un luxe, qui n’est désormais qu’assez rare en dessous de la middle class.

La boîte de conserve

La boîte de conserve est l’un des symboles de l’industrie de cette période : on trouve désormais de tout en boîte ou en canette, y compris, depuis les années 1930, de la bière. Le corned beef a fait son apparition, et le spam (spiced ham) est très populaire.

Le triomphe de la voiture

Toutes les familles de la middle class et au-dessus possèdent désormais une voiture. Les routes goudronnées sont désormais la norme partout aux Etats-Unis, et bien que demeurent encore des chemins de terre dans les zones rurales, on peut aller quasiment partout en voiture. La promenade en famille, en voiture, est considérée comme un loisir courant, même sans destination particulière, d’où le développement des scenic drives sur le modèle de Mulholland Drive : des routes qui ne desservent pas forcément de lieux particulièrement importants mais sont utilisées pour le plaisir de la conduite.

La cigarette

Elle est devenue glamour avec les films noirs pre-Code, et symbole d’émancipation, aussi bien pour les femmes que pour les jeunes hommes, et a supplanté le tabac à rouler. Alors qu’en 1919, les Etats-Unis consommaient 10 milliards de cigarettes par an, le chiffre est monté à 150 milliards pour l’année 1942. On fume beaucoup, très jeune (à partir de 13 ans pour les garçons, c’est assez courant, et c’est souvent le père qui offre les premières cigarettes et initie le fils; pour les filles, on commence souvent plus tard, vers 16 ans), devant les enfants, en voiture, dans les hôpitaux, etc.

L’administration n’autorise plus les messages sanitaires positifs (« Fumer est bon pour la santé ! ») sur les paquets de cigarette mais autorise encore les citations (« Je fume trois paquets de Lucky Strike par jour et je recommande cette marque à tous mes patients » – Dr Machin).

Déclin du mariage

Depuis 1920, le nombre annuel de mariages a baissé de 40%. Cette tendance provient de plusieurs facteurs. Si le mariage reste considéré comme le point d’orgue d’une vie, et un but en soi, on se marie désormais plus tard : beaucoup de jeunes hommes veulent « profiter de la vie », et il est désormais courant que les jeunes filles fassent des études au-delà de 16, voire de 21 ans (plusieurs universités ont ouvert des sections spécialisées, proposant des parcours en économie domestique, couture, cuisine et premiers secours sur trois à cinq ans; mais il devient de moins en moins rare de voir des étudiantes dans des filières plus traditionnellement masculines). De plus, dans les milieux intellectuels ou se voulant d’avant-garde, les relations amoureuses hors mariage sont désormais considérées comme certes excentriques, mais dans le domaine de l’acceptable.

Autre point, et non des moindres : depuis 1935, le prix d’un mariage a considérablement augmenté. Il devient désormais courant, pour une future mariée, de vouloir pour le « plus beau jour de sa vie » une cérémonie grandiose, une robe hors de prix, etc. Cela a amené de nombreux couples de classes populaires à vivre « dans le péché » en attendant d’avoir assez d’argent pour pouvoir organiser la fastueuse cérémonie en question.

Souci du corps

Avec la mode des vêtements plus près du corps, le souci du corps et de l’hygiène corporelle est désormais plus net. Le body building, encore marginal, existe cependant désormais. On trouve des salles de musculation un peu partout, bien qu’elles restent réservées à une certaine jeunesse dorée, à laquelle se mêlent à l’occasion mauvais garçons et gamins venus des zones rurales.

Juste à la limite de Venice et de Santa Monica, Muscle Beach a vu le jour : une série de clubs, de salles de sport (dont certaines en plein air) et de zones de plage spécifiquement dédiées au body building et à la glorification du corps musclé, bronzé, sain et athlétique. Muscle beach a mauvaise réputation, passant pour un lieu de débauche et d’exhibition, mais on s’y presse néanmoins en foule pour admirer les athlètes (hommes et femmes).

Culture de masse

Si la télévision n’est pas encore dans tous les foyers, la radio, elle, y est. L’Américain moyen écoute la radio cinq à six heures par jour, surtout le matin avant de partir au travail et le soir en rentrant. Allumer la radio est désormais, pour beaucoup, un geste naturel faisant partie de la routine du réveil.

Les journaux vendent encore beaucoup, malgré la concurrence des magazines. Mais de plus en plus d’Américains s’informent principalement par la radio et par le biais des newsreel, les reportages cinématographiques diffusés dans les cinémas entre deux séances.

Loisirs

La semaine de travail est généralement de cinq jours (sauf dans l’industrie de guerre, où elle est de six) de huit à dix heures. La crise étant passée par là, les clubs de sociabilité, jugés souvent trop chers, sont sur le déclin et désormais réservés aux classes très supérieures. Une culture de loisir commune est en train de s’installer, qui concerne aussi bien les classes pauvres que la middle class : écouter la radio, rendre visite aux voisins, et jouer aux jeux de société. Le Monopoly est extrêmement populaire, mais la plupart des adultes respectables y préfèrent le bridge ou le canasta. Le baseball s’affirme comme le sport populaire américain par excellence. Trois autres loisirs ont fait leur apparition dans la culture populaire : le mini-golf, le bowling et surtout le jeu de bingo, qui réunit les samedis soirs des quartiers entiers.

Les très riches

Les familles s’étant le mieux tirées de la Grande Dépression sont celles dite de la Old Money, qui possèdent des patrimoines fonciers et industriels importants, datant bien souvent d’avant même l’indépendance des Etats-Unis. Quelques fortunes pétrolières et industrielles récentes se sont jointes à ce club très privé, qui ne cesse de creuser l’écart avec les classes moyennes.

Les très riches ont fait profil bas durant la crise. Certains, comme l’investisseur JP Morgan, ont même revendu des biens (yachts, voitures de luxe) alors qu’ils n’en avaient pas besoin, simplement pour donner l’impression qu’eux aussi souffraient des événements que la spéculation (c’est-à-dire, bien souvent, eux-mêmes) provoquait.

Pour les très riches, le New Deal a eu plus d’effets que la crise elle-même. Plus de lingots dans des coffres à la maison, moins de thésaurisation, davantage d’investissements, et des revenus en apparence plus modestes, afin d’éviter les impôts sur le revenu très élevés, mais beaucoup plus d’avantages en nature, de chauffeurs payés par leur entreprise, et ainsi de suite. Eux aussi ont réduit leur personnel, en général, et l’hébergent bien plus rarement à demeure : le temps du butler employé à vie est révolu, depuis qu’une retraite existe, et on préfère bien souvent changer de personnel de maison régulièrement.

Pour les jeunes filles et jeunes gens de la bonne société, les bals de débutantes demeurent un événement social majeur, qui a lieu une fois par an et au cours duquel les jeunes filles de bonne famille font leur première sortie dans « le monde ». L’organisation d’un bal de débutantes coûte 25000 à 50000 dollars, et il n’est pas rare que la robe (qui ne sera mise qu’une seule fois) de la jeune fille qui s’y présente coûte 1500 à 2000 dollars à elle seule.

Extrait d’un article du magazine Fortune, 1940 : Pour ce qui concerne le trousseau de notre débutante, reste la question des vêtements. Une jeune fille de bonne famille touche habituellement 200 dollars d’argent de poche par mois, et peut acheter des vêtements de la collection de l’année entre septembre et mars, ce qui nous donne peu ou prou 1400 dollars de vêtements si elle n’a pas à payer le taxi. C’est bien entendu très insuffisant, et fort heureusement pour elle, ses parents sont là pour lui fournir le nécessaire. Le plus souvent, une débutante aura besoin au minimum d’une robe de grande occasion, de trois ou quatre robes de soirées et d’un manteau de fourrure. Les jeunes filles de cet âge ne portent généralement que des chapeaux à 7 ou 8 dollars et n’investissent que rarement plus de 20 dollars dans une paire de chaussure; et pour cause : elles aiment tant danser qu’il serait stupide de les laisser abîmer des souliers plus coûteux. Une robe de soirée pour son bal des débutantes coûtera autour de 1200 dollars; une belle robe de soirée pour les grandes occasions, entre 400 et 450 dollars; une robe pour les moindres occasions, 100 à 200. Compter 450 dollars pour le manteau, et pour faire bonne mesure, ajouter un manteau d’occasion à 200 dollars, qu’elle pourra porter pour les soirées sans importance. Une jeune fille peut sans problème porter la même robe plusieurs fois dans la semaine, à condition que ce ne soit pas à deux occasions consécutives bien sûr. Vous pouvez donc sans problème pourvoir à l’habillement de votre fille pour moins de 5000 dollars. Sauf bien entendu si vous résidez à New York.

Les oisifs se regroupent souvent dans des Café societies, autour d’un ou de plusieurs établissements en vue. Il n’est pas rare qu’on y réserve une table à l’année.

Le prix de la guerre

Si la guerre a apporté la prospérité à la Californie, son prix est réel, et se fait sentir quotidiennement. Chaque semaine, pour la seule ville de Los Angeles, ce sont près de 70 décès de soldats qui sont annoncés. Tous les corps ne sont pas rapatriés mais ceux qui le sont ont généralement droit à des funérailles dignes de héros (mais souvent collectives). Il faut ajouter à cela les soldats (notamment les marins) qui ne sont pas originaires de la ville mais y avaient une attache : au total, on annonce près d’une centaine de morts par semaine.

A Jap is a Jap

L’internement de milliers de citoyens américains d’ascendance japonaise n’a qu’assez moyennement ému l’opinion : si certains militants des droits civiques, beaucoup d’Américains ont au contraire trouvé cette mesure prudente.

En 1942, Wilkerson écrivait dans l’un de ses éditoriaux :

Il est bien connu qu’en tant que race, le Jaune est naturellement porté à la fourberie; c’est un fait de notoriété publique. Dès lors, qu’il soit ou non citoyen américain, il doit être considéré comme suspect. Il ne fait aucun doute que parmi les internés se trouvent de loyaux citoyens de notre grande nation; mais ceux-là, justement, comprennent bien quelles nécessités nous poussent aujourd’hui et combien il leur faut supporter, stoïquement et en silence, une situation certes inconfortable mais sans danger pour leur personne comme pour leurs biens, dans l’intérêt des Etats-Unis.Que l’oeuf dont elle est sortie ait été couvé par une poule ou par un serpent, une vipère n’en est pas moins une vipère; de même, un Américain d’origine japonaise, né de parents japonais, élevé selon les traditions japonaises, n’est rien d’autre qu’un Jaune transplanté, et sa citoyenneté américaine n’est rien d’autre qu’un accident de son histoire, un hasard sans conséquence pour sa personne. Traiter tous les Japs comme des ennemis potentiels peut certes être une injustice au regard des quelques-uns qui échappent à ces déterminismes raciaux mais c’est bel et bien ce que dictent la prudence, le bon sens, la raison et la patriotisme.

Note : Wilkerson n’est absolument pas un raciste militant. Bien que peu marqué politiquement, il s’agit plutôt d’un modéré, se situant à l’aile gauche du Parti Républicain.

Plus prosaïquement, on dit couramment a Jap is a Jap. Tout Asiatique est, jusqu’à preuve du contraire, potentiellement un membre de la Cinquième Colonne, n’attendant qu’un signe de Tokyo pour se lancer dans des actes de sabotage et faciliter l’imminent débarquement en Californie.

Les camps d’internement sont disséminés tout le long de la Côte Ouest, dans une partie du Nevada et dans quelques points de la Côte Est. Les personnes d’origine japonaise sont tenues d’y résider et de ne pas les quitter, sous peine d’être abattus par les gardes.

Un de ces camps occupe toute la partie nord de Griffith Park et il n’est pas rare que des familles de Los Angeles viennent l’observer de loin, les dimanches après-midi. On y voit quelques milliers de personnes, détenues derrière des barbelés. Les logements sont spartiates, la nourriture peu variée (mais correcte dans l’ensemble, et finalement pas moins abondante que dans les assiettes des Américains pauvres), les activités rares : tous les sports y sont interdits, car assimilés à de l’entraînement militaire; les rassemblements sont réglementés, l’usage de la langue japonaise y est limité. L’hygiène y est peu existante, et la population très dense.

Au-delà de l’internement des Japonais, une hostilité à l’égard de tous les Asiatiques a vu le jour. Il est désormais courant que des municipalités interdisent purement et simplement la présence d’Asiatiques sur leur sol; c’est illégal mais les polices laissent faire.

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