1943 : deuxième partie

On dit souvent de nous autres ashkénazes que nous sommes pessimistes. Et ce n’est pas faux. Mais il faut comprendre que c’est une question de sélection naturelle : chez nous, les pessimistes finissent à Hollywood, les optimistes à Buchenwald.
Witz
(blague) yiddish

Troisième Trimestre

Monde

Mi-juin : l’OSS et le MI6 mènent une opération d’intoxication qui portera ses fruits quelques semaines plus tard. Un homme est retrouvé, mort, en uniforme d’aviateur britannique, échoué sur une plage espagnole et porteur d’ordres top-secrets, indiquant que le futur débarquement allié en Italie ne sera qu’un leurre, destiné à fixer les troupes de l’Axe sur un front sans importance, tandis que le gros des forces se concentrera en réalité sur la Mer Egée. Les documents sont aussitôt transmis à Franco, qui les fait passer à Hitler. Et Hitler mord à l’hameçon : huit jours plus tard, une partie des troupes allemandes stationnées en Italie reçoivent l’ordre d’aller immédiatement se positionner en Grèce.

Juillet : Opération Husky. Dans la nuit du 8 au 9, plusieurs éliminations ciblées, menées par Cosa Nostra, désorganisent les chaînes de commandement de l’état-major italien en Sicile. Le 9 au matin, 2500 hommes des troupes de choc britanniques débarquent à Syracuse, déposés par une flotte de planeurs partis de Tunisie et lâchés en haute altitude par leurs avions porteurs. Les défenses italiennes, désorganisées, réagissent avec lenteur à cette invasion aérienne arrivée sans un bruit. Dans la journée du 9, les troupes présentes en Sicile convergent vers Syracuse, dégarnissant une partie des défenses côtières. Le 10, alors que les combats au sol s’engagent à Syracuse, le gros des forces de débarquement alliées touche terre : 160 000 hommes, épaulés par 4000 avions et 3200 navires, s’emparent de plages sur toute la côte sud de l’île (sud-ouest pour les Américains, sud-est pour les Britanniques, sud central pour les Canadiens), tandis que dans l’arrière-pays, les partisans siciliens, secondés par les hommes de Cosa Nostra, s’attaquent aux lignes de ravitaillement militaires. Le second front européen, demandé depuis deux ans par Staline, est enfin ouvert.
Les combats tournent rapidement à l’avantage des Alliés, sauf sur le centre du dispositif, où le général allemand Conrath prend le commandement et oppose aux Canadiens une résistance farouche. Trois jours de combats sanglants, au cours desquels s’illustrent en particulier les régiments écossais, sont nécessaires pour que les Britanniques parviennent à dégager les Canadiens et forcer Conrath à reculer. Fin juillet, la présence alliée sur le territoire sicilien est fermement établie ; les troupes mussoliniennes sont en déroute et seules tiennent encore les troupes allemandes.

Matin Bormann cède à Adolf Eichmann l’autorité sur plusieurs corps de la Gestapo dans le cadre des efforts menant à la Solution Finale. Ces corps passent sous le contrôle direct de la SS. Le coût en hommes et en matériel de la Solution Finale commence cependant à créer des désaccords au sein même des élites du Reich.

Bataille du Port de Viru, en Nouvelle Georgie : victoire navale américaine sur le Japon.

Le ministre des affaires étrangères roumain Mihai Antonescu rencontre Benito Mussolini et tente de le convaincre qu’il est dans l’intérêt de plusieurs pays fascistes de se retirer de l’Axe et de créer, avec Franco, une alliance des fascismes non-alignés. Mussolini, persuadé de la victoire imminente de l’Axe, le renvoie brutalement.

L’empire du Japon adopte le Plan Global centré sur la race Yamato, qui prévoie une nipponisation culturelle forcée de tous les peuples asiatiques placés sous domination japonaise, en commençant par les noms, l’écriture et l’adoption obligatoire du shintoïsme.

Subhas Chandra Bose, nationaliste indien soutenu par le Japon, prend la tête de la Ligue Indépendantiste Indienne, et se positionne en ennemi de la doctrine pacifiste de Gandhi. Il prône l’indépendance par les armes, avec le soutien du Japon.

Sur le front russe, Erich von Manstein tente une percée sur la ville de Kursk, en y concentrant l’essentiel de ses forces blindées (plus de 3000 chars), dans l’espoir d’une victoire décisive qui percerait les lignes soviétiques. Staline riposte en envoyant sur place, deux jours plus tard seulement, le général Zukhov, à la tête d’une partie importante de la réserve de blindés de l’Armée Rouge. Le 5 juillet, s’engage la Bataille de Kursk, plus grand affrontement de chars de l’Histoire (aux points culminants de la bataille : 800 000 hommes, 3000 chars et 10 000 pièces d’artillerie côté allemand, 1 900 000 hommes, 7300 chars et 47 000 pièces d’artillerie côté soviétique). Rétrospectivement, la bataille sera surnommée par les historiens allemands « La deuxième mort de la Wehrmacht » (la première étant Stalingrad); il ne s’agit pas tant d’une défaite stratégique ou tactique que morale : la supériorité du soldat allemand, qui est indéniable tant sur le plan de l’entraînement que de l’organisation ou du matériel, ne suffit pas à palier le manque des effectifs et in fine, les Soviétiques remporteront une victoire fondée sur la capacité de production industrielle et la démographie. De plus, de nombreux soldats allemands auront, à l’issue de la bataille, le sentiment justifié qu’ils ont été abandonnés par le Führer (voir plus bas).

Sir Harry Oakes, l’un des proches du Duc de Windsor (l’ex-roi britannique trop proche des nazis et devenu gouverneur des Bahamas), ne se rend pas à sa séance de golf avec le Duc. On le retrouvera assassiné chez lui. L’affaire ne sera jamais éclaircie par la police des Bahamas. Prise en main après-guerre par le MI5, l’investigation demeurera placée sous le secret-défense britannique et ses résultats ne seront jamais divulgués.

En Allemagne, série d’exécutions dans le cadre de l’affaire de la Rose Blanche, un groupe d’étudiants et de professeurs de l’université de Munich accusés d’avoir véhiculé des textes antinazis.

Sur le front italien, décès de Luz Long, l’un des médaillés allemands des jeux olympiques de 1936. Sa mort va être utilisée par les services de propagande alliés, et longuement niée par l’Axe.

14 juillet : massacre de Biscari. Les troupes américaines exécutent sommairement plus de 70 prisonniers italiens. Le général Patton tente de minimiser l’événement en faisant savoir qu’il s’agissait de francs-tireurs mais l’intoxication ne prend pas et le général Bradley insiste pour que les hommes responsables du massacre répondent de leurs actes devant une cour martiale. Aucun officier ne sera cependant inquiété : à l’issue du procès, un homme de troupe sera condamné à la prison à vie (il sera gracié trois ans plus tard), un autre déplacé dans une autre unité (il mourra au combat l’année suivante), un troisième acquitté.

Sur les arrières des troupes allemandes, les unités de la résistance biélorusse entament à la mi-juillet une série d’actions parfaitement coordonnées, détruisant les lignes de chemin de fer et privant les soldats au front d’une partie importante de leurs ravitaillements.

17 juillet : Hitler ordonne le retrait des divisions blindées allemandes de Kursk, malgré les protestations de Von Manstein, qui estime la bataille gagnable : les Allemands ont certes perdu 250 panzers, mais ils ont détruit plus de 2000 véhicules soviétiques. Fin de la première partie de la bataille de Kursk. L’infanterie allemande est livrée à elle-même face aux divisions blindées soviétiques, avec ordre de tenir.

Fin juillet : Calogero Vizzini, padrone de Palerme, rencontre une délégation de l’OSS et de l’armée américaine.     

Les Alliés bombardent toute l’Italie de tracts intitulés « Mourrez pour Mussolini ou vivez pour l’Italie ». Importante démoralisation. Mussolini est contraint, pour la première fois depuis 1939, de convoquer le Haut Conseil Fasciste.

En France, transfert de 13 000 Juifs parisiens vers Auschwitz, via Drancy.

Le soulèvement du ghetto de Vilnius prend fin, avec la capture du leader insurgé Yitzhak Wittenberg, qui se suicidera dans sa cellule peu après, et la déportation de la poignée de combattants qui étaient encore présents autour de lui. Le ghetto n’est plus qu’un champ de ruines mais les partisans se sont battus jusqu’à la dernière cartouche. La chanson des partisans du ghetto, Zog nit kein mol az du geyst dem letstn veg (Ne dis jamais que tu arpentes ton dernier chemin) va devenir l’emblème des résistants au nazisme en Europe de l’Est et des mouvements combattants juifs partout en Europe. Il sera par la suite utilisé comme chant de ralliement durant la Première Guerre Israélo-Arabe et fera partie des candidats (bien que finalement non retenu, car trop marqué par la culture ashkénaze) pour le choix de l’hymne national israélien.

Le père Marie-Benoit, un prêtre catholique de Nice, rencontre le Pape Pie XII et lui demande d’accueillir au Vatican 30 000 Juifs français, vivant en zone d’occupation italienne, avant que celle-ci ne passe sous contrôle allemand. Le Pape estime que cela mettrait en péril la neutralité du Vatican et refuse.

En Yougoslavie, les forces d’occupation allemandes offrent la récompense record de 100 000 Reichsmarks à qui permettra la capture du leader communiste Josip Tito. Sans succès.

24 juillet : Opération Gomorrah. Comme la cité biblique en question, le port de Hambourg est détruit par une pluie de feu, les avions des Alliés y lâchant en quelques jours plus de 9000 tonnes de bombes, tuant plus de 30 000 personnes.

Le Haut Conseil Fasciste retire à Mussolini ses prérogatives et le critique vertement pour l’invasion de la Sicile. Quelques jours plus tard, Mussolini démissionne de ses fonctions de Premier Ministre.

27 juillet : la radio nationale romaine annonce la destitution et l’emprisonnement de Mussolini et la nomination du Maréchal Pietro Badoglio à la tête de l’Etat, ainsi que la dissolution du Patri Fasciste Italien. Le général Eisenhower propose aussitôt à Badoglio un retrait de l’Axe et une reddition honorable. Le président Roosevelt revient cependant sur les déclarations d’Eisenhower, rappelant que les exigences des Etats-Unis à l’égard de l’Italie sont les mêmes que celles à l’égard du Japon et de l’Allemagne : la reddition sans conditions.

A Londres, des membres du Parti Communiste Britannique sont condamnés à sept ans de prison ferme pour espionnage au profit de l’Union Soviétique.

En Suède, le jeune (17 ans) charpentier Ingwar Kamprad dépose un brevet pour un concept de meuble à bas coût, à monter soi-même. Il nomme son concept Ikea.

Les 5000 soldats japonais stationnés sur l’île de Kiska, en Alaska, évacuent le territoire après plusieurs mois passés sans combattre : l’offensive sur les îles du nord, supposée fixer une partie des forces américaines, n’aura pas eu l’effet escompté.

La France renonce officiellement à sa concession à Shangaï.

Des U-Boat allemands détruisent des navires civils brésiliens, tuant plusieurs centaines de personnes.

Fin de la Bataille de la Ruhr, série de bombardements alliés sur les zones industrielles allemandes. L’industrie lourde du Troisième Reich est en ruines.

Le Comité National de la Résistance Française apprend la mort de Jean Moulin, quelques semaines plus tôt, aux mains de Klaus Barbie. Il nomme le général Henri Giraud à sa tête; celui-ci réorganise en quelques mois les mouvements de résistance, sur un modèle plus militaire, et leur donne le nom de Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Les FFI incluent principalement l’Armée Secrète (AS, elle-même fusion du groupe Combat et du groupe Libération-Sud, politiquement républicains), les mouvements de Francs-Tireurs Partisans (FTP) communistes, mais également plusieurs mouvements (dont celui du Colonel Rémy) issus de l’Action Française. Le poème de Louis Aragon La Rose et le Réséda, paru en début d’année, et qui appelait déjà à cette unité, devient l’un des symboles de l’union des FFI.

Début août : des raids aériens alliés, partis de Lybie, pilonnent les installations pétrolières roumaines en Mer Noire. A la fin du mois, le principal fournisseur de l’Axe en pétrole est anéanti.

En Pologne, les troupes allemandes massacrent les pensionnaires d’un couvent.

2 août : insurrection au camp d’extermination de Treblinka. Plusieurs centaines de prisonniers s’emparent d’armes et parviennent à neutraliser une partie des gardiens. Leur initiative ne permet pas de libérer l’intégralité des prisonniers mais 300 environs parviennent à s’enfuir. Affamés et traqués, ils ne seront que 40 à parvenir à rejoindre les lignes soviétiques.

Au large des îles Salomon, le navire de patrouille américain PT-109, avec à son bord un équipage de 13 marins commandés par le lieutenant John Fitzgerald Kennedy, est coulé par deux sous-marins japonais et un destroyer. Kennedy abandonne le navire mais parvient à sauver dix de ses subordonnés. Les onze hommes nagent sur trois miles marins, avant d’arriver sur l’île déserte d’Olasana. Kennedy et l’un de ses compagnons parviennent ensuite sur un radeau de fortune à rejoindre l’île de Naru, où ils confient à des locaux un message à destination de l’amirauté gravé sur une coque de noix de coco. Le message contient un SOS, mais aussi et surtout le détail des positions japonaises repérées par le patrouilleur avant son naufrage. Les naufragés seront secourus six jours plus tard. Le lieutenant Kennedy sera décoré suite à cet événement.

Exécution à Berlin des membres de l’Orchestre Rouge, un groupe de résistance allemand.

En Autriche et en Allemagne, le gouvernement ordonne la peine de mort pour les objecteurs de conscience.

Dans le Pacifique, les bombardiers américains de classe Liberator établissent un record, en volant sur plus de 3200 kilomètres depuis l’Autralie pour bombarder les réserves pétrolières japonaises à Bornéo.

Raid de Mittenheide : les groupes de résistance polonais nationalistes mènent plusieurs actions importantes contre l’armée allemande.

Insurrection du ghetto de Byalistok : après cinq jours de combats, qui occupent plusieurs bataillons de la SS, le ghetto est réduit en cendre. Les résistants juifs se suicident (et, pour plusieurs d’entre eux, mettent à mort leur famille), plutôt que de tomber entre les mains de la SS.

17 août : fin de l’opération Husky. Messine tombe aux mains des Alliés. Toute la Sicile est occupée. Mais l’opération n’est qu’un demi-succès : les objectifs stratégiques ont été atteints avec beaucoup de retard ; si les troupes italiennes ont offert peu de résistance, les forces allemandes ont en revanche livré de bons combats d’arrière-garde et pu évacuer en bon ordre.

Opération Hydra : les bombardiers alliés détruisent Peenemunde, le centre de recherche et d’expérimentation sur les V2.

Plusieurs victoires alliées aux Îles Salomon mais la progression est extrêmement lente, les Japonais offrant une résistance acharnée et se battant jusqu’au dernier homme : dans plusieurs cas, les défenseurs japonais, même isolés, continuent le combat au corps à corps après avoir utilisé leurs dernières cartouches.

L’ancien général soviétique Bogdanov, qui avait trahi au profit de l’Axe, est capturé par l’Armée Rouge. L’Union Soviétique signalera sa mort en 1945 mais on n’en connaîtra jamais les circonstances exactes.

Fin août : la bataille de Kursk s’achève. Victoire soviétique. L’Armée Rouge avance, sur un front de plus de 2000 kilomètres. Les pertes sont estimées à 210 000 tués côté allemand, le double côté soviétique. L’Axe a perdu 1200 chars et 680 avions, l’Armée Rouge 6000 véhicules terrestres et 2000 aériens.

28 août : pour ne pas avoir à obéir à des ordres allemands ordonnant l’exécution immédiate de citoyens danois suspectés de collaboration avec les Alliés, l’ensemble du gouvernement danois démissionne. Le Danemark passe sous administration allemande.

29 août : l’Armée Rouge entre en Ukraine.

Dans le Pacifique, les Américains déploient pour la première fois leur nouvel avion de combat, aux performances inégalées : le Grumman F6F Hellcat. Le Hellcat, produit en partie à Santa Monica, surclasse le Mitsubishi modèle « Zero » japonais, qui jusqu’alors dominait le ciel du Pacifique.

Début septembre : Opération Avalanche. Les Alliés s’emparent de la Calabre, de Salerne et de Tarente. Tout le sud de l’Italie est contrôlé par les Alliés.

2 septembre : nouvelle évasion du camp de Treblinka. Douze prisonniers parviennent à s’enfuir en volant des uniformes de gardes.

Rencontre officielle entre Staline et des représentants de l’église orthodoxe russe. Staline autorise le retour durable du culte, en échange d’une reconnaissance par le clergé de la légitimité du régime soviétique.

Débarquement australien en Nouvelle-Guinée.

Le gouvernement allemand, constatant la nécessité d’évacuer l’Ukraine, ordonne d’y pratiquer la stratégie de la terre brûlée et de ne laisser aux troupes soviétiques aucun moyen de ravitaillement. Le retrait de la Wehrmacht sera accompagné d’un grand nombre de massacres de civils, notamment en zone rurale.

8 septembre : Victor Emmanuel III, roi d’Italie, signe un armistice avec les Alliés. En Corse et en Sardaigne, les forces militaires italiennes passent sous commandement allié. Mais dans les Balkans et le nord du pays, la majorité des officiers demeurent fidèles au Duce et passent immédiatement sous commandement allemand. Les forces allemandes présentes en Italie du nord s’emparent du pouvoir local. En Italie centrale, la désertion de leurs gardes permet à plus de la moitié des 70 000 prisonniers alliés de quitter les camps où ils sont retenus.  

8-10 septembre : Bataille de Rome. Les forces allemandes en Italie centrale tentent de s’emparer du roi, qui doit fuir. Les troupes de défense italiennes de Rome, fidèles au roi et secondées par des civils armés, s’opposent aux Allemands. Au terme de deux jours de combats, les monarchistes sont massacrés.

Débarquement allié à Rhodes et dans les îles du Dodécanèse. Début de la campagne du Dodécanèse.

12 septembre : raid de Gran Sasso. Un commando de soldats allemands libère Mussolini de l’hôtel-prison dans lequel il était retenu dans les Abruzzes.

Déclaration d’indépendance des nationalistes albanais après la capitulation italienne. Affrontements entre les rebelles albanais et les troupes allemandes présentes sur leur sol.

En Italie du Nord, les troupes allemandes commencent à rafler et déporter les populations juives.

Le général allemand Walther von Seyditz-Kurbach, porte-parole des prisonniers allemands en Union Soviétique, adresse une proposition à Staline : se déclarant lui-même antinazi, il dit se faire fort, si on l’autorise à visiter les camps de prisonniers, d’organiser une troupe d’au moins 30 000 Allemands (parmi le million et demi de prisonniers aux mains des soviétiques) prêts à se battre contre le Troisième Reich. Le projet ne verra jamais le jour : comme l’indique pudiquement à Staline l’un de ses conseillers militaires : « J’ai rencontré Seyditz; je pense qu’il est sincère et de bonne volonté. Mais en tant qu’officier, il ne se rend pas compte qu’il a bénéficié d’un traitement de faveur : il se fait une idée très erronée du taux de survie dans nos camps de prisonniers. »

Nouvelles vagues de déportation en France, en Belgique et en Biélorussie.

19 septembre : alors que les Allemands tiennent la majorité de l’Italie, et que de nouvelles troupes sont parachutées sur Rome, Benito Mussolini annonce, depuis l’Allemagne, son retour au pouvoir. Le lendemain, un représentant de la Reichsbank saisit l’intégralité des réserves d’or de la banque nationale italienne.

Bataille du château de Turjak : les partisans slovènes prennent le pouvoir dans plusieurs lieux stratégiques de l’arrière-pays.

Premiers vols des Havilland Vampires britanniques, prototypes d’avions de combat à réaction.

Massacre de Céphalonie : en Grèce, des forces d’occupation italiennes fidèles au roi sont attaquées et massacrées par la Wehrmacht. 1300 morts au combat, suivis de plus de 5000 exécutés sommairement.

Alors que le front se rapproche dangereusement de son territoire, Wilhelm Kulbe, gouverneur allemand de Biélorussie, est assassiné par sa femme de chambre, qui était depuis plusieurs années certes sa maîtresse, mais aussi et surtout un agent des services de renseignement soviétiques.

En Italie, massacre de civils soupçonnés de loyalisme monarchiste par les troupes allemandes.

Hitler ordonne la déportation des Juifs danois, contre l’avis du gouverneur Werner Best, qui estime que l’opération sera logistiquement difficile, et coûteuse en ressources, pour une population qui ne présente pas de menace stratégique immédiate.

23 septembre : Benito Mussolini proclame la destitution du roi et la création de la République Sociale Italienne (République de Salo), dont il prend la direction. La capitale de la République est établie à Venise mais la plupart des membres du gouvernement s’installent à Salo, un village de vacances près de Brescia, en Lombardie.

25 septembre : les soviétiques reprennent Smolensk. L’ensemble de l’Union Soviétique est désormais libéré de l’occupation allemande.

Estimant que les défaites récentes sont dues à des négligences de sa part quant à la politique raciale dans les armées, Hitler ordonne de retirer immédiatement des troupes allemandes tout Mischling de premier degré (citoyen allemand avec un grand-parent juif). Les Mischlings de second degré (un arrière-grand-parent) suivront quelque temps plus tard, éclaircissant encore les rangs de la Wehrmacht.

Herbert Kappler, chef de la SS des forces d’occupation allemandes à Rome, adresse un ultimatum à la communauté juive de la ville : pour éviter une déportation massive, elle doit livrer dans les jours qui viennent 50 kilogrammes d’or et 100 millions de lires italiennes. Le Rabbin Zolli parvient à rassembler un peu moins que la somme demandée mais pas ou très peu d’or. Il va cependant recevoir l’aide inattendue de Pie XII, qui complète la somme et fait fondre sa vaisselle d’or pour fournir le métal précieux. 

27 septembre : soulèvement de Naples. La ville se libère elle-même, avant l’arrivée des Alliés, au terme de trois jours de combats de rue, menés par une coalition inattendue : partisans communistes, monarchistes et hommes de Cosa Nostra.

En Chine, arrestations de communistes et exécutions immédiates dans la province du Xinjiang. Le frère de Mao Zedong est tué.

Le Danemark reçoit confirmation d’un ordre d’évacuation de ses 8000 Juifs à destination de la Pologne pour le 1er octobre. Un mouvement national de solidarité national se met aussitôt en place, et en quelques jours, l’ensemble des Juifs danois sont transportés en bateau vers la Suède, pays neutre.

En France, la Résistance parvient à assassiner Julius von Ritter, administrateur allemand en charge de l’organisation du STO à l’échelle nationale.

Le Grand-Duché de Luxembourg, qui vient de déporter le dernier de ses 674 Juifs, est déclaré officiellement judenrein.

Insurrection de Syrets : les 292 internés du camp d’extermination de Syrets se soulèvent. 280 d’entre eux seront tués par les gardes. La douzaine restante parviendra à s’enfuir.

30 septembre : Pie XII émet la bulle Divino afflante Spiritu, qui encourage les théologiens catholiques à étudier l’hébreu et le grec, pour avoir accès aux versions originales du texte biblique. C’est la première (et unique) fois qu’un Pape met à demi-mot en doute la valeur de la Vulgate.

États-Unis

Le président Roosevelt gracie Max Stephan, un germano-américain accusé d’avoir aidé à l’évasion d’un prisonnier de guerre allemand, et commue sa peine de mort en prison à vie. Scandale dans les milieux nationalistes américains.

Le Women’s Army Corp gagne un statut militaire officiel et complet sous le nom de Women’s Auxiliary Army Corps, et est placé sous l’autorité de la Colonel Oveta Culp Hobby, qui devient la première femme membre de l’état-major américain. Cela signifie que les femmes servant dans les corps militaires féminins ont désormais un statut de soldat, et non plus d’agent de l’administration.

Le US Nurse Training Program est mis en place : il prévoit, dans le cadre du conflit militaire en cours, la formation de toute femme américaine volontaire, entre 17 et 35 ans, aux techniques de premier secours. En pratique, il s’agit de cours du soir, ouvert à toutes et gratuits. Le programme est destiné à créer des réservistes pour les troupes médicales féminine au front. La loi mettant en place le programme interdit explicitement toute discrimination raciale en son sein, même dans les Etats ségrégationnistes.

La ville de Boise, dans l’Oklahoma, est endommagée par des bombardements : un pilote à l’entraînement, qui effectuait un vol de nuit, a confondu la ville avec les cibles habituelles.

L’ancien évêque catholique de Washington, Johannes Gunnarson, est promu comme premier archevêque d’Islande, avec effet immédiat, par le Saint-Siège. On ne saura jamais s’il s’agit réellement d’une promotion ou d’une mise au placard.

Décès de Rudolph Foster. Totalement inconnu du public, il avait été le butler de la Maison Blanche depuis 1897. Le président Roosevelt lui organise des funérailles nationales et le décore à titre posthume.

Edward Haight, 17 ans, établit un record : celui du plus jeune condamné américain à mourir sur la chaise électrique. Il a été condamné pour le meurtre à New York, dix mois plus tôt, de deux jeunes filles.

12 juillet : explosion à l’aéroport militaire d’Englin, en Floride. 17 morts et 51 blessés. La cause ne sera jamais connue mais on soupçonne des saboteurs allemands. En août, une usine chimique, cette fois dans le New Jersey, subit le même sort.

Succès sur les écrans américains de The Batman, une série en quinze épisodes, première apparition à l’écran de Batman et Robin et première série télévisée de super-héros.

Emeutes raciales à Harlem, suite à une altercation entre Noirs et policiers s’étant soldée par la blessure par balle d’un Noir. Les émeutes durent plusieurs jours et font 6 morts et 50 blessés.

La Géorgie est le premier Etat américain à autoriser le vote à 18 ans pour des élections locales.

Prendre des photos sur les plages atlantiques américaines est désormais interdit jusqu’à la fin des hostilités.

Création à Newark de la Société Américaine des Cultes Islamiques Unis, en théorie ouverte à tous les musulmans, mais qui en pratique ne reconnaît pas les shiites comme musulmans.

Grands élans patriotiques, avec ventes massives de War bounds (emprunts de guerre), sponsorisées par les grandes stars du baseball.

Tragédie de Phildalphie : un accident ferroviaire en pleine gare tue 79 personnes et en blesse 116 autres.

Californie

Fondation à Hollywood de la firme d’animation UPA (qui produira de nombreux films courts, et notamment, quelques années plus tard, la série Mr Magoo).

Début juillet : les journaux californiens people se font l’écho de la fastueuse visite du Maharadja d’Indore, Yeshwantrao Holkar II, accompagné de son épouse américaine, la Maharanee Margaret Lawlor. Chef d’Etat et propriétaire de plusieurs mines de diamants à titre personnel, le Maharadja est l’un des hommes les plus riches du monde.

Après une semaine de fêtes fastueuses en compagnie de la jetset californienne, le Maharadja disparaît soudainement pendant 24 heures. A son retour dans on hôtel de San Francisco, il annonce à sa femme qu’il vient de divorcer à Reno et qu’elle a deux jours pour faire ses valises. Euphemia Watt, une jeune femme de Los Angeles, qui avait croisé le Maharadja lors d’une fête à Bel Air, a elle aussi divorcé à Reno, et épousé Yeshwantrao Holkar le même jour à Las Vegas, le couple s’étant retrouvé à Reno, puis, une fois libre, ayant volé jusqu’à Vegas en avion privé.

Yeshwantrao Holkar résidera en Californie, passant d’hôtel de luxe en hôtel de luxe et de starlette en starlette (avec l’approbation tacite de sa nouvelle épouse) jusqu’en 1947, date à laquelle il reviendra brièvement en Inde pour signer l’intégration d’Indore à la nouvelle fédération ; puis, désormais privé de son titre princier mais dépourvu de responsabilités politiques, il ira vivre plusieurs années à Paris (fréquentant notamment les caves de Saint-Germain et les milieux intellectuels français), avant de retourner en Inde vers la fin des années 1950 (où il mourra à Bombay en 1961).

26 juillet : The Smog Attack. Le brouillard toxique, qui s’était déjà manifesté sporadiquement au cours des mois précédents, se répand sur l’ensemble de la ville de Los Angeles. L’ensemble de la ville est paralysée et les asphyxies sont nombreuses. L’armée distribue des masques à gaz en urgence, et ceux-ci s’arrachent au marché noir. On soupçonne une attaque de saboteurs japonais. Le lendemain, la Mairie pointe du doigt une usine militaire produisant des gaz de combat, située sur Aliso Street, juste entre Downtown et New China Town. L’usine aurait été sabotée par des espions japonais, ce qui aurait provoqué l’attaque toxique. Mais l’enquête sur place ne révèle aucune trace de sabotage. Le chimiste Arie Haagen-Smit, de Caltech, qui avait déjà procédé à des prélèvements en juin lors des premiers événements, est quant à lui formel : ce smog toxique est un nuage de fumées automobiles, que le climat anticyclonique et l’absence de vent ont fait retomber sur la ville. Accusé d’anti-américanisme, il est suspecté de vouloir démoraliser la population et fait l’objet de plusieurs enquêtes disciplinaires, qui le tiendront plusieurs fois éloigné de son laboratoire jusqu’en 1948, date à laquelle il sera enfin blanchi des soupçons qui pèsent sur lui. A partir de cette date, Haagen-Smit s’engagera (et engagera Caltech) dans des recherches de grande ampleur sur la pollution de l’air. A partir du début des années 1950, il sera l’un des pionniers de l’écologisme américain.

Betty Grable épouse discrètement le trompétiste Harry James à Las Vegas. Colère dans les studios : elle n’avait pas prévenu son manager.

Caltech désavoue l’association eugéniste Human Betterment Foundation. Quelques semaines après, les membres de l’association prononcent son autodissolution.

Ouverture de nouveaux camps de concentration à destination des Américains d’origine japonaise, notamment à Tule Lake. Le camp de Tule Lake est réservé aux personnes soupçonnées de déloyauté. Au cours de l’année 1942, tous les internés des camps japonais en Californie se sont vus offrir la possibilité de renoncer à leur nationalité américaine et être rapatriés au Japon. Ceux qui ont entamé cette démarche et ne se sont pas rétractés avant le 1er juin 1943 sont transférés à Tule Lake. Ils perdront effectivement leur nationalité américaine par la suite mais ne seront rapatriés au Japon qu’en 1947.

A Berkeley, le jeune (29 ans) professeur de chimie Sam Ruben découvre le Carbone-14. Mais peu de temps après, il meurt dans un accident de laboratoire.

Faillite de  Selznick International Pictures, le studio qui avait connu un succès monumental avec Autant en emporte le vent. Selznick a réalisé peu de films, mais tous de très grande qualité. Sa faillite provient des coûts excessifs de chaque film : trop de budget de décoration, trop de temps pour écrire des scénarios parfaits, des films trop bien léchés et pas assez orientés vers la commercialisation ou les produits dérivés. La MGM rachète son fond et ses archives.

Construction d’Estrada Courts, un vaste quartier d’habitations à bas prix, destiné à accueillir les braceros (les travailleurs mexicains venus apporter des renforts de main-d’œuvre industrielle).

Création d’Interurban Press, qui va devenir plus ou moins l’équivalent américain de la Vie du rail : une maison d’édition spécialisée dans les ouvrages documentaires consacrés aux trains, aux bus et aux grandes lignes de transport américaines.

La firme Lockheed ouvre de nouvelles usines à proximité de Los Angeles. Les usines, surnommés Skunk Works en raison de l’odeur qu’elles dégagent, vont se spécialiser dans les avions de combat à la pointe de la technologie. Leur périmètre est rapidement classé secret-défense.

Ouverture du chantier naval de Long Beach, alors le plus grand chantier naval du continent américain. Le chantier va devenir l’un des plus gros employeurs de Californie.

LA Nightlife

La disparition progressive de la Cathédrale Noire provoque un certain chaos dans l’Outremonde mais permet à la Hiérarchie de récupérer un peu de terrain.

L’expédition de la Caravane de la Liberté vers le nord de la Californie se solde par un échec cuisant.

Dans l’Outremonde, les vents de la Tempête se font plus violents et plus fréquents, et de nombreux esprits semblent être victimes d’étranges accidents.

Mort du fils de Francisco Buccola dans l’incendie de la maison de Santa Monica qu’occupaient sa femme et ses deux enfants. Les deux jumeaux, âgés de quelques mois, périssent également dans les flammes. Joanna Milliner, son épouse, s’en tire de justesse.

Anna Gilligan se passionne pour les recherches d’Haggen-Smit.et obtient un stage dans son laboratoire à Caltech.

Plusieurs Etreintes ont lieu durant l’été, notamment celles de Kenneth Renfield et d’Henry Waters.

4 octobre : messe de la Saint-François d’Assise. « Et le sang de ses ennemis ».

Quatrième Trimestre

Monde

1er octobre : en pénétrant dans Naples, les troupes alliées découvrent une ville en flammes. Les troupes allemandes, en faisant retraite, ont mis le feu à plusieurs édifices, y compris la bibliothèque (médiévale) de l’université de Naples, où 200 000 ouvrages vont être détruits.

L’empire du Japon annule la clause selon laquelle les étudiants étaient exemptés de service militaire pour la durée de leurs études.

En Union Soviétique, les prisonniers de guerre roumains et hongrois sont autorisés à se porter volontaires pour rejoindre l’Armée Rouge et lutter contre le fascisme. Ils sont également prévenus que ceux qui ne seront pas volontaires seront envoyés en Sibérie.

Le roi de Suède accorde la nationalité suédoise, immédiatement et sans condition, à l’ensemble des réfugiés danois arrivés ces derniers jours. Le lendemain, le gouverneur allemand du Danemark déclare officiellement son territoire judenrein. C’est la seule fois dans l’histoire moderne de la Suède que la nationalité a été accordée aussi rapidement, et sans exiger la maîtrise de la langue suédoise, ni un serment d’allégeance au roi.

En Pologne, le gouverneur allemand met en place des unités spéciales de la Gestapo, chargées de lutter contre la propagande anti-allemande et les forces terroristes polonaises; ces unités ont le pouvoir à la fois d’enquêter, d’instruire les procès, de juger et d’exécuter la sentence.

4 octobre : premier discours de Poznan, au cours duquel Heinrich Himmler expose des points essentiels de sa pensée à des dignitaires de la SS : « Ce qui peut arriver aux Russes, aux Tchèques ou aux autres m’est d’une totale indifférence. Je ne leur veux ni bien, ni mal. Ceux qui sont de notre sang, ceux qui sont de notre race et qui vivent parmi les autres nations, nous devons les gagner à notre cause, au besoin en leur prenant leurs enfants et en les élevant en notre sein. Ce qu’il advient des autres races, qu’elles vivent dans le confort ou périssent de famine, ne m’intéresse qu’autant que le Reich puisse avoir besoin d’esclaves. Bien entendu, nous ne devons jamais nous montrer brutaux, ni dénués d’empathie, quand la chose n’est pas nécessaire. Nous autres Allemands, par exemple, sommes les seuls à avoir une attitude digne et décente envers les animaux ; nous devons nous inspirer de cette attitude pour être également dignes et décents envers les humains inférieurs. »

Bombardement de Francfort : la RAF détruit, entre autres, un hôpital pour enfants. 530 victimes civiles.

Bataille de Corse : les régiments allemands, chassés de Sardaigne, s’opposent aux forces de la France Libre et aux troupes britanniques venues en renfort, ainsi qu’aux garnisons monarchistes italiennes. Après 25 jours de combats, l’île est libérée et rejoint la France Libre.

En Mer Egée, les Allemands remportent plusieurs victoires mineures. Si les soldats britanniques capturés sont traités correctement, les soldats monarchistes italiens sont tous exécutés dès leur capture.

En Turquie, l’OSS parvient à faire rencontrer l’un de ses agents à Franz von Papen. On promet à Papen le pouvoir en Allemagne et la paix s’il renverse Hitler. Mais Papen refuse, croyant à une manigance d’autres membres du Parti, cherchant à lui nuire.

7 octobre : second discours de Poznan, au cours duquel Himmler évoque directement l’Holocauste : « Pour ce qui est des femmes et des enfants, la question peut se poser. Mais au vu des responsabilités qui sont les miennes vis-à-vis de notre race, je ne me considère pas comme autorisé à exterminer les hommes pour ensuite permettre aux enfants de grandir et de chercher à se venger sur nos propres enfants ou petits-enfants. Une décision pénible, douloureuse, mais raisonnable a été prise : celle de retirer l’ensemble de ces peuples de la face de la Terre. L’avenir nous donnera raison. »

A Naples, des bombes à retardement, cachées par les troupes allemandes avant leur départ, explosent une semaine après l’entrée des Alliés dans la ville, tuant des centaines de civils.

Fin de la campagne de Nouvelle Georgie : le Japon perd le contrôle de la majorité des Îles Salomon (mais des bastions tiendront jusqu’en 1945), ce qui permet aux forces navales australiennes, américaines et néo-zélandaises de faire leur jonction. Fin de la suprématie aérienne du Japon sur le Pacifique, avec le déploiement massif de Hellcats.

A Rome, fidèle à ses engagements, Herbert Klapper emploie les Juifs à des travaux forcés de construction sur place mais ne les déporte pas. Apprenant qu’il a tenu parole, ses supérieurs lui ordonnent de procéder tout de même aux déportations prévues. Il obéit.

Défaite de la RAF et de l’USAF au-dessus de Münster, où la Luftwaffe parvient à détruire une majorité des avions bombardant la ville. Les combats précipitent de nombreux appareils sur la ville-même, occasionnant des dommages importants.

En Chine nationalise, Tchang Kaï-Chek exerce officiellement seul le pouvoir.

En Yougoslavie, les partisans, menés par Tito, s’emparent de la capitale croate Zagreb, forçant le leader Oustachi Ante Pavelic à fuir. 

Le Portugal, officiellement neutre, autorise les forces navales britanniques à utiliser ses ports. Le régime fasciste portugais déclare à l’ambassadeur allemand qu’il ne s’agit pas d’un nouveau traité, mais bien de la continuation d’un traité signé avec la couronne britannique en 1373, et qui n’a jamais été aboli. Rien de nouveau, donc.

13 octobre : le premier ministre Pietro Badoglio annonce à la radio que depuis la veille minuit, le royaume d’Italie a rejoint le camp des Alliés et se trouve ipso facto dans un état de guerre avec l’Axe.

Dans le camp d’extermination de Sobibor, 300 des 700 prisonniers encore présents tentent une insurrection. Ils parviendront à tuer une douzaine de gardes et à quitter le camp mais mourront tous dans les champs de mine entourant Sobibor. A la suite de l’insurrection, la direction du camp décide de massacrer les 400 prisonniers restants et de fermer l’institution.

En Suède, la Croix Rouge supervise des échanges de prisonniers entre l’Axe et les Alliés.

20 octobre : accrochage aérien entre les Etats-Unis et le Japon dans les Îles Aléoutiennes. L’incident est mineur mais il s’agit du dernier combat de la Deuxième Guerre Mondiale à avoir lieu sur le sol américain.

Mise en place à Londres de la Commission des Nations Unies pour les Crimes de Guerre.

Subhas Chandra Bhose proclame l’indépendance de l’Azhad Hind (Inde Libre), dont les territoires s’étendent sur les quelques fragments du Raj britannique capturés par les Japonais, et en particulier les îles Nicobar. Le nouvel Etat déclare immédiatement la guerre à l’empire britannique et déclare son ralliement à l’Axe.

Retrait des forces allemandes de Biélorussie. Massacre du ghetto de Minsk.

Le Japon autorise le recrutement des lycéens par l’armée.

La ville industrielle allemande de Kassel est réduite à néant par dix escadrons de la RAF : en quelques heures, 569 bombardiers larguent sur la ville 416 000 bombes incendiaires. La ville entière brûle, tuant environ 5% de sa population.

En Argentine, le Colonel Juan Peron devient Ministre du Travail. Il fera rapidement alliance avec les travaillistes et mènera d’importantes réformes sociales.

Début novembre : une erreur de l’aviation britannique, qui visait des positions allemandes à Rome, amène plusieurs bombes à exploser sur le Vatican. Un garde suisse est blessé, ce qui en fait l’unique victime vaticane de la Seconde Guerre Mondiale.

Bataille de la baie d’Augusta : suite à un nouveau débarquement américain aux Îles Salomon, la flotte japonaise tente de couper l’infanterie à terre de ses ravitaillements maritimes. Bien qu’en infériorité numérique, les navires de guerre américains remportent une éclatante victoire. Principale raison de ce succès : à la différence des navires japonais, tous les bâtiments américains sont désormais équipés de radar, ce qui leur a permis de manœuvrer même quand les conditions météo n’offraient aucune visibilité.

En Papouasie, les néo-zélandais bombardent Rabaul, immobilisant la flotte japonaise qui y est présente et l’empêchant d’aller renforcer celle des Îles Salomon.

Combats en mer, opposant Allemands et Britanniques, au large du Maroc. Les Britanniques remportent la victoire et interdisent à la Kriegsmarine le passage de Gibraltar. Les forces allemandes de Méditerranée sont coupées du reste de la flotte.

Aktion Erntefest : à l’approche de l’Armée Rouge, les camps de travail et camps d’extermination allemands sont liquidés. Plusieurs dizaines de milliers de personnes sont exécutées en quelques jours.

Anticipant la possibilité d’un débarquement allié en France ou en Belgique, Hitler ordonne le renforcement du Mur de l’Atlantique.

Décès à Dachau du prêtre catholique antinazi Bernhard Lichtenberg, considéré par de nombreux catholiques allemands comme un saint et un martyr. Ses funérailles sont organisées à Berlin autour d’un cercueil vide. Les autorités interdisent tout rassemblement. 4000 Berlinois bravent l’interdit.

Les Soviétiques prennent Kiev. En pénétrant dans la capitale ukrainienne, les hommes de l’Armée Rouge constatent que l’ancien quartier juif, qui abritait 140 000 personnes avant la guerre, est intégralement vide. On retrouvera 100 000 corps dans une forêt proche de Kiev. Quelques jours après l’entrée des troupes soviétiques dans Kiev, la Wehrmacht tente une contre-offensive qui durera 40 jours avant d’être abandonnée. Dans les derniers jours de la contre-offensive, les Allemands se retrouvent entourés de toute part par l’Armée Rouge, privés de munitions et de ravitaillements. Un dernier carré d’officiers dételle alors les chevaux de trait qui halaient les pièces d’artillerie et tente une ultime charge à cheval sur les lignes soviétiques. Ils sont reçus à la mitrailleuse.

Le parlement libanais se réunit en session extraordinaire et prononce à l’unanimité la fin du mandat français et l’élection de son président Bechar El Khoury à la présidence de la république. Quelques jours après, le gouverneur français fait arrêter l’ensemble des parlementaires et des membres du gouvernement provisoire et suspend la nouvelle constitution. Après plusieurs jours de tensions, il doit cependant, sur ordre de De Gaulle et sous la pression des Britanniques, relâcher ses prisonniers et évacuer ses troupes. Indépendance du Liban.

En prévision de la fin de la guerre, les Alliées créent l’Administration des Nations Unies pour le Secours et la Reconstruction.

Les Etats-Unis s’adressent à la diplomatie allemande et disent être prêts, dans le cadre des échanges de prisonniers ayant lieu en Suède, à accueillir tous les ressortissants civils de territoires contrôlés par le Reich et menacés par ses politiques raciales. Hitler refuse l’offre; il dira par la suite que cette démarche lui a prouvé que, comme il le soupçonnait, ses ennemis étaient bel et bien contrôlés par un complot juif international et qu’il en a été encouragé à poursuivre et renforcer la politique d’extermination.

En Allemagne, exécution des Martyrs de Lübeck, trois prêtres catholiques et un pasteur soupçonnés de tiédeur quant au nazisme.

12 novembre : bombardement de Darwin. L’événement n’est qu’une anecdote de la guerre et ne fait que peu de dommages. Mais c’est la dernière fois que l’armée de l’air japonaise a les moyens de frapper en territoire australien.

Dans le Dodécanèse, les forces allemandes s’emparent de Leros, repoussant les contingents alliés.

Opération Crossbow : les services de renseignement alliés parviennent à photographier depuis le ciel les centres de production de V-1 et découvrent l’existence des V-2, des « avions sans pilote » supposés devenir l’arme secrète de l’Allemagne.

Manifeste de Véronne : la République Sociale Italienne émet sa déclaration constitutionnelle. Le texte est sous influence nazie évidente : il exprime des points de vue racialistes qui étaient totalement absents de la doctrine fasciste originelle.

Les avions américains et britanniques atteignent la Bulgarie et y détruisent les réseaux ferrés.

Heinrich Himmler émet une circulaire ordonnant que, dans tous les territoires du Reich, les Gitans, Tziganes, Roms et autres nomades non sédentarisés soient « traités selon les mêmes procédures que les Juifs ». La plupart de ces populations n’étant pas déclarées aux états-civils, l’ampleur du génocide restera très difficile à établir.

Mi-novembre : les forces allemandes arrêtent l’avancée alliée en Italie, au niveau de la Ligne Bernhardt.

En Mer Egée, les Britanniques perdent le contrôle de Samos.

Opération Sextant : au Caire, rencontre entre Churchill, Roosevelt et Staline, ainsi que des représentants chinois nationalistes. Rapprochements diplomatiques avec la Chine et évocations du destin de l’Asie après la guerre. Suite à cette conférence, les Alliés émettent la Déclaration du Caire, qui indique clairement leurs objectifs de guerre dans le Pacifique : le Japon doit être ramené à ses frontières de 1914 et l’ensemble des territoires continentaux sous son contrôle doivent être rétrocédés à la République de Chine, à charge pour elle d’organiser les nécessaires consultations d’autodétermination pour les peuples concernés.

Fin de la campagne du Dodécanèse, qui s’achève sur un cuisant échec des Alliés. Les troupes allemandes ont conservé les îles et la maîtrise des détroits. L’évacuation des troupes alliées se fait sous le tir de puissants canons côtiers, dont certains pourront être détruits par des opérations commando de l’OSS. C’est l’épisode des Canons de Navaronne.

Dans le Pacifique, mort du contre-amiral japonais Keiji Shibazaki : après des combats intenses suite au débarquement américain à Tarawa, il se trouve isolé avec une poignée d’hommes, ses pièces d’artillerie détruites par l’aviation. Une fois les munitions d’armes légères épuisées, il communique un dernier message radio à son commandement : « Armes détruites. Provisions épuisées. Position perdue. Situation désespérée. Victoire impossible. Nous chargeons. Tenno Heika Banzai. »

Un séisme de magnitude 7.3 frappe le nord de la Turquie.

Conférence de Téhéran : les Alliés et les Soviétiques s’entendent sur la suite à donner aux opérations militaires en Europe. Les Alliés acceptent que les parties de la Pologne annexées en 1940, ainsi qu’une partie des territoires actuellement sous contrôle allemand, demeurent en possession des Soviétiques. Le gouvernement polonais en exil n’a pas été consulté. La Pologne doit être compensée de cette perte par l’annexion d’une portion de l’Allemagne orientale : le pays doit donc, en quelque sorte, se déplacer de plusieurs centaines de kilomètres vers l’ouest.

Fin novembre : le haut conseil antifasciste yougoslave met en place un gouvernement chargé d’administrer les zones libérées par les partisans. Il met à sa tête Josip Tito.

Dans le port de Bari, un raid de l’aviation allemande détruit plusieurs navires de guerre américains à l’ancre. Des cargaisons de gaz moutarde, stockées dans ces navires, se répandent dans la ville. Plusieurs centaines d’intoxications.

La Bolivie déclare à son tour la guerre à l’Axe, après de longues hésitatioons en raison de la forte minorité allemande présente dans le pays. Il n’y a plus dans le monde que neuf nations neutres : l’Afghanistan, l’Argentine, l’Irlande, l’Arabie Saoudite, l’Espagne, la Suède, la Suisse et la Turquie.

Les alliés concentrent désormais leurs bombardements sur les lieux de production de V1 mais peinent dans un premier temps à les localiser.

Raids aériens japonais sur Calcutta.

Avant de revenir aux Etats-Unis après la conférence du Caire, Roosevelt rencontre Dwight Eisenhower et lui signifie sa promotion à la tête du commandement suprême interalliés. On apprendra après la guerre que c’est à cette occasion qu’il lui apprit qu’il allait commander le débarquement en France, ainsi que le nom de code de l’opération : Overlord.

En Grèce, suite à des actes de résistance de la part de la population locale, la Wehrmacht détruit par le feu la ville de Kalavryta et exécute l’intégralité de sa population masculine.

En Italie centrale, les combats à San Pietro Infine voient pour la première fois les troupes italiennes monarchistes combattre des troupes italiennes fascistes.

En Italie du nord, le chef de la police Tullio Tamburini est démis de ses fonctions par les autorités allemandes. Motif : lors des arrestations de Juifs, il avait autorisé les plus de 70 ans et les malades chroniques à rester chez eux, évitant ainsi la déportation. Assigné à résidence, Tamburini sera finalement déporté à Dachau en février 1944. Il y survivra, reviendra en Italie, sera emprisonné pour son rôle dans le régime fasciste, avant d’être gracié en 1946 et, comme de nombreux anciens fascistes, d’émigrer au Brésil.

Edvard Benes, premier ministre tchécoslovaque en exil, signe un traité d’amitié avec l’Union Soviétique, promettant en pratique que son pays sera dans la zone d’influence de l’URSS après la guerre.

Brème, Hambourg et Kiel sont bombardées simultanément par plus de 1400 avions américains. La Luftwaffe est incapable de répondre à une attaque coordonnée d’une telle ampleur. Les villes brûlent.

Le Comité National de la Résistance promet la nationalité française pleine et entière à tous les Algériens sachant lire et écrire le français. Auparavant, cette condition n’était pas suffisante : l’abandon de l’Islam était également nécessaire.

Décembre : les prix Nobel récompensent Otto Stern (Allemagne, physique, pour la découverte des moments magnétiques du proton), George von Hevesy (Hongrie, chimie, travaux sur les isotopes radioactifs) et le duo Enrik Dam et Edward Doisy (Danemark et USA, médecine, découverte de la vitamine K).

En Allemagne, exécution de la soeur de l’écrivain Erich Maria Remarque (l’auteur d’A l’est, rien de nouveau), réfugié aux Etats-Unis. Son crime : elle n’a pas pris l’initiative de dénoncer l’antinazisme de son frère.

Aux Philippines, les Japonais arrêtent et exécutent les missionnaires chrétiens et leurs familles, et tout ce qui leur semble anglophone.

Une partie de l’état-major allemand et le haut commandement de la SS pressent Hitler de déclarer la guerre à la Suisse. Le Führer hésite et finit par repousser le projet à plus tard.

Seize jours après avoir déclaré la guerre à l’Axe, le président bolivien est renversé par un coup d’état militaire. Le chef de la junte militaire sera lui-même assassiné en 1946.

En Italie, les troupes canadiennes percent les lignes allemandes sur la rivière Moro.

Adolf Hitler crée le Corps des Officiers de la Direction Socialiste Nationale, chargés de la propagande de guerre et dont la mission est de convaincre les soldats allemands de la victoire finale du Reich : « Le simple soldat doit faire confiance au Führer et croire à la victoire, même quand il ignore les moyens de cette victoire. »

L’Armée Rouge avance en Ukraine et parvient aux Carpathes à la fin de l’année.

Le Département d’Etat américain propose aux Alliés les bases d’un accord visant à créer après la guerre un remplaçant à la SDN : l’Assemblée des Nations Unies.

En Italie, Dwight Eisenhower demande aux troupes alliés de tout faire pour éviter la destruction de monuments historiques. Il étend l’instruction aux futures campagnes de France et d’Allemagne.

Dans son traditionnel discours du 31 décembre, Adolf Hitler déclare aux Allemands : « L’année 1943 nous a amené nos revers les plus sévères et 1944 sera sans doute l’une des années les plus exigeantes dans l’histoire de l’Allemagne. Cette vaste guerre approche de son point de crise. Elle nous coûtera encore beaucoup. Mais je suis convaincu que nous survivrons. » Au même moment, Clement Atlee, vice-premier ministre britannique, s’adresse à ses concitoyens : « Nous savons que l’année qui vient verra la guerre s’intensifier. Nous devons être prêts à davantage de sacrifices encore que ceux qui ont déjà été concédés. J’ignore si ce sera l’année de la victoire. Mais je sais que pour nos adversaires, ce sera l’année du jugement. »

États-Unis

Création d’ABC Television Network.

Ouverture du métro de Chicago.

Premiers épisodes radiodiffusés de Perry Mason.

Albert Schatz, chercheur à l’université Rutgers dans le New Jersey, découvre la streptomycine, puissant antibiotique capable de traiter des patients pour qui la pénicilline est inefficace.

L’US War Department, après analyse des résultats dans la Guerre du Pacifique, déconseille au Président Roosevelt d’envisager une invasion terrestre du Japon, estimant que le coût humain serait désastreux. Il conseille de s’emparer d’îles proches et de positions en Chine continentale et d’envisager des bombardements jusqu’à reddition.

Paper doll est en tête des ventes de disques.

A New York, le jeune Leonard Bernstein, 25 ans, assistant de l’administrateur du Philharmonic, doit remplacer au pied levé un chef d’orchestre malade dont le remplaçant est coincé dans des embouteillages à l’autre bout de la ville. Le jeune homme réalise une prestation qui étonne et fascine la presse présente. La carrière de Bernstein est lancée.

Sam Lacy, chroniqueur sportif du Chicago Defender, un hebdomadaire destiné aux Noirs, interroge K.M.Landis, l’un des responsables de la ligue nationale de baseball et lui demande pourquoi les équipes noires ne sont pas intégrées à la même ligue que les équipes blanches. Landis répond : « C’est la première fois qu’on me demande ouvertement une telle chose, et franchement, je ne sais pas trop quoi répondre. Je ne sais pas ce que donnerait un tel mélange, et je ne suis pas certain que ce serait une bonne chose. » Il accepte cependant d’y réfléchir, et donne au journaliste un second rendez-vous pour le 3 décembre, au cours duquel il déclarera : « Je ne peux pas vous dire ce que j’en pense; je veux dire : sur le principe, on peut y penser. Mais les actionnaires des clubs, et surtout les annonceurs… ».Deux semaines plus tard, cependant, la pression des journaux sportifs est telle que la ligue prend une position officielle sur la question : « Chaque club est libre d’employer des nègres dans ses équipes, comme et autant qu’il le souhaite. Cette décision lui appartient en propre et engage sa responsabilité, mais ne saurait engager celle de la ligue. ».

Le général Patton est décrié par les médias américains et l’objet d’un scandale, quand on apprend ses manières rustres, le mépris avec lequel il traite ses subordonnés et la brutalité avec laquelle il n’hésite pas à frapper les soldats américains récalcitrants. Roosevelt va lentement mais sûrement retirer des responsabilités à Patton, pour les confier à Eisenhower.

Succès de Girl Crazy, comédie musicale de George Gerschwin.

Fin novembre, le président Roosevelt émet l’Executive Order 9397, qui crée l’immatriculation à la sécurité sociale et octroie à chaque citoyen américain un numéro d’identification unique. L’inscription de tous les nouveau-nés sur les registres de l’état-civil devient obligatoire. L’opposition dénonce une tentative de fichage de la population.

Le chômage ayant disparu des Etats-Unis, le président Roosevelt proclame la dissolution de la Work Progress Administration (mutatis mutandis, cela équivaudrait, de nos jours en France, à dissoudre Pôle emploi, puisque le problème du chômage est réglé), dernier vestige de la Grande Dépression.

Le Groupe de Combat Aérien 214, composé de 27 pilotes, est mis en place dans le Pacifique. Cet groupe est formé de vétérans d’autres escadrons, dont certains issus des Tigres Volants et dont plusieurs sont déjà des ace, et est chargé de missions jugées dangereuses, voire suicidaires. Sous la direction du colonel Gregory Boyington, dit Pappy, le groupe, surnommé Black Sheeps par l’amirauté et Boyington Bastards par les hommes de troupes, va s’illustrer pendant tout le reste de la guerre du Pacifique, cumulant 84 combats et 203 destructions d’appareils ennemis. Boyington et ses hommes deviendront des célébrités, et feront l’objet d’une série télévisée : Baa Baa Blacksheeps (en français : Les Têtes Brûlées). Hors période de guerre, le groupe est domicilié à Santa Barbara.

La loi qui limitait à 105 par an le nombre maximal des immigrants en provenance de Chine est annulée à la demande du président Roosevelt.

Ultimatum des syndicats de cheminots américains, qui menacent le gouvernement d’une grève nationale pour le 30 décembre si les salaires ne sont pas immédiatement revus à la hausse. Le 27 décembre, le président Roosevelt ordonne la nationalisation de l’ensemble des chemins de fer et la Garde Nationale s’empare de la majorité des terminaux. Des négociations s’engagent avec les syndicats mais les militaires s’assurent que le trafic n’est pas bloqué. Un accord a minima sera trouvé en janvier.

Californie

Les deux grands succès de cinéma du trimestre : Guadalcanal Diary, fiction militaire présentant la campagne de Guadalcanal achevée récemment, et Le fils de Dracula. Dans le désert de Mojave, on tourne Sahara, avec Humphrey Boggart, qui relate les événements de la campagne d’Afrique du Nord survenus en début d’année.

La californienne Jean Bartel est Miss America 1943.

Création de l’Hollywood Foreign Press Association, qui rassemble les journalistes de la presse étrangère présents à Los Angeles et s’intéressant à Hollywood. L’association se charge principalement d’organiser les Golden Globe Awards.

Début novembre : importantes manifestations de prisonniers du camp de Tule Lake, qui protestent contre leurs conditions de rétention. Le gouverneur déploie immédiatement la Garde Nationale. A la grande surprise des autorités, cependant, les soldats sont reçus poliment par les représentants des prisonniers, qui leur transmettent une liste précise de revendications (augmentation des rations de nourriture, amélioration du chauffage dans les baraquements, etc.). Les manifestants se dispersent en bon ordre et retournent à leurs travaux quotidiens quand le représentant du gouverneur, ayant pris connaissance des revendications et les estimant raisonnables, promet d’y répondre dans les semaines qui viennent.

Dwight Frye, acteur hollywoodien spécialisé dans les rôles de méchant dans des films d’horreur et des thrillers, meurt mystérieusement, à 44 ans, d’un arrêt cardiaque alors qu’il se rendait en bus sur un lieu de tournage avec le reste de son équipe. Il n’était pas connu comme souffrant d’une pathologie cardiaque et n’avait eu aucun signe avant-coureur. Les membres de l’équipe de tournage, le voyant immobile à sa place, l’ont laissé là pendant plus d’une heure, croyant qu’il s’était simplement endormi.

Bing Crosby enregistre ce qui sera l’un de ses plus grands succès : I’ll be home for Christmas.

Premiers vols publics du Lockheed P-80 Shooting Star, premier avion de combat américain à réaction, conçu en grande partie par le JPL. Bien que présenté par la propagande de guerre américaine comme l’un des « avions de la victoire », il ne fera en réalité que peu de service durant la Deuxième Guerre Mondiale (les premiers escadrons composés de P-80 ne combattront qu’à partir de début 1945) et s’illustrera surtout pendant la Guerre de Corée.

Mort dans le ciel de Californie de William Dyess, un pilote, survivant de la Marche de Bataam. Son avion ayant été frappé par une avarie, Dyess refuse de s’éjecter pour éviter que l’appareil ne s’écrase sur des maisons et continue à le diriger tant bien que mal jusqu’à se crasher juste en dehors de la ville de Burbank.

Plusieurs installations de camps militaires supplémentaires, notamment pour l’Armée de l’Air. Les achats de terrains ont fait l’objet de nombreuses polémiques, en raison d’irrégularités et de pressions faites sur les propriétaires des terrains acquis par l’armée.

Fondation à San Diego de la firme Convair, qui se spécialise dans l’aviation de pointe (et plus tard fournira des éléments de fusées à la NASA).

La ville de Los Angeles organise de vastes événements pour Thanksgiving. La population est invitée à ouvrir ses portes aux soldats en permission, se trouvant loin de leurs foyers, et à organiser des événements, privés ou associatifs, partout en ville. Gros succès, qui voit de nombreuses amitiés (et quelques mariages) apparaître à la suite de ces fêtes.

LA Nightlife

Dissolution de la Sororitas Saturni, dont le quatuor dirigeant se limite de toute manière désormais à Dawn seule.

Les camps militaires dans le comté de Ventura s’installent, après l’évacuation des fermiers.

Il semble de plus en plus évident que l’anniversaire du 4 avril ne pourra pas se tenir à Venise l’an prochain. Don Andreas charge plusieurs de ses Goules, ainsi que divers membres de la Famille, d’organiser un événement de grande ampleur à Venice, qui devra accueillir des cugini venus de toutes les deux Amériques.

Liliana Ghiberti écrit à son père pour lui apprendre qu’elle s’est fiancée avec un soldat rencontré dans la base où elle est affectée dans le Pacifique.

Une réflexion sur “1943 : deuxième partie

  1. L’opération Ginny a lieu en 44 du coup, Paul n’apprendra le décès de son fils a priori que en 44 et pas en 43 … 😉
    D’ailleurs, je veux bien la date de naissance de son fils parce qu’il se peut que soit le filleul de Peter & Gaby.

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