Cultes

La liberté dans les Etats Anarchs est aussi une liberté de culte, et les sectes les plus variées apparaissent dans les premières années. Certaines sont éphémères, d’autres durent, et s’installent durablement dans le paysage.

Ashers

Ashes to Ashes, dust to dust. Culte apocalyptique, traquant les signes de la Géhenne imminente. Les Ashers s’intéressent en particulier de près à la tendance constatée de l’affaiblissement du Sang, ainsi qu’à la multiplication des Caitiffs et des Sangs-Clairs.

On sait peu de chose des pratiques internes des Ashers, si ce n’est qu’ils ont la réputation de chercher l’illumination mystique par le biais des Cendres, une drogue magique concoctée à partir des restes de Vampires détruits. Les Ashers prétendent ne pas volontairement détruire qui que ce soit pour cela, et être au contraire à la recherche des poussières et cendres de Vampires déjà deux fois morts. Mais est-ce vraiment certain ?

Culte de Shalim

Shalim fut le premier des Vampires et le grand maître du vide. Il apparut avant même la création du monde, et bien des divinités primordiales de mythologies anciennes ne sont rien d’autre que des masques de Shalim. La Création est une erreur, une trahison envers Shalim : Il est le Vide, et à la fin des temps Il ramènera le monde au néant. Ses enfants sont ses agents en ce monde, les témoins de Sa fureur envers une matière qui trahit la sainte paix du Néant.

Le premier devoir de celui qui cherche la Vérité est donc d’abandonner toute illusion ou tout espoir de rédemption. Il n’y a qu’une seule réponse aux questions que l’on se pose : Rien. Le néant, l’abysse, l’absurde … c’est là l’origine et la nature de toute chose, et toute chose y retourne. Il n’y a ni dieu ni diable, ni raison. Rien que le vide et le chaos.

Un Shalimite ne se permet jamais de célébrer l’existence, ni d’apprécier sa non-vie, car cette non-vie n’a qu’un seul but : témoigner de l’absurdité du monde, de l’échec de la Création, et, si possible, amener la matière vers sa fin. Perdre son calme, se mettre en colère, ou, en général, accorder la moindre importance à ses émotions est également un péché.

Eglise de Caïn

Les Vampires sont les instruments rebelles du Démiurge, choisis par Lui parmi les mortels pour accomplir une destinée particulière mais s’étant détournés de ce dieu maléfique. L’Etreinte rend son bénéficiaire saint, faisant de lui une sorte d’intermédiaire entre les mortels et le Divin. Le monde, dans l’ensemble, est une prison créée par le Démiurge pour y emprisonner l’humanité, véritable fille du Dieu Ineffable, exilé du monde. Les Vampires sont les gardiens de cet enfer, les démons qui y tourmentent les pêcheurs. Leur condition leur permet cependant également de transcender leur mortalité passée.

Accomplir son destin nécessite d’apprendre à contrôler sa Bête, sans renoncer à ce que l’on est : pas question de devenir un pacifiste, ni de se contenter de sang animal, mais pas question non plus de laisser le contrôle à la Bête. La Bête est l’expression de la volonté du Démiurge : ce qui pousse le Vampire à n’être qu’un prédateur.

L’Eglise de Caïn base ses enseignements sur les fragments connus du Livre de Nod et est en permanence à la recherche de nouveaux fragments. Les fidèles accordent une grande importance à la volonté de l’individu et à son contrôle personnel. Ne jamais succomber ni à la rage ni à la peur est un devoir sacré. Choisir ses proies également : l’Eglise pense en effet que la plupart des mortels sont voués à l’Enfer, et que seuls certains individus très spirituels peuvent échapper à la prison de la Création établie par le Démiurge ; de tels êtres sont considérés comme interdits aux Vampires, seuls les pêcheurs devant être leur Troupeau.  

Les Vampires sont voués au statut angélique et ne doivent en aucun cas oublier cela. A terme, la transcendance leur apportera un statut divin et leur permettra de rompre les liens imposés par le Démiurge. Caïn fut maudit non par Dieu mais bien par le Démiurge, parce qu’il s’approcha trop de la divinité et faillit renverser l’ordre pervers de la Création. Les membres de son Eglise poursuivent son œuvre.

Enfants de Lilith

Lilith était l’égale d’Adam et la gardienne du Jardin d’Eden mais en a été chassée par la jalousie de Dieu et sa préférence pour Adam. Après avoir été chassée de l’Eden, elle établit de nouveaux jardins, et eut des enfants, notamment avec Lucifer. Mais Caïn détruisit ces jardins et dévora les enfants de Lilith.

Suivre la voie de Lilith, c’est renoncer à Caïn. Affirmer la supériorité de la Mère Noire sur un Caïn imparfait, violent et sanguinaire. Comprendre que toutes les créatures surnaturelles sont les fils et les filles de la Mère Noire, et que toute la magie du monde provient d’Elle. Ceux qui se réclament de Caïn sont des dégénérés et des pervers. La Mère enseigne qu’il faut se fier à ses instincts, et que si la perte de contrôle est à éviter, la Bête, qui n’est rien d’autre que le murmure intérieur de Lilith, n’est pas à redouter. Le remords, le maintien d’une morale mortelle, les liens avec l’Humanité … autant de choses inutiles dont il faut apprendre à se débarrasser. Ce qui apporte réellement le réconfort aux enfants de la nuit, c’est le sentiment d’appartenance, les rites partagées, et bien entendu le sang.

Les Domaines doivent être vus comme des jardins, appelés à atteindre la perfection édénique. Les créations des immortels doivent être préservées et leur destruction ne doit jamais rester impunie. La Bête doit être entraînée et dressée, comme on dresse un animal, et non combattue aveuglément ; mais elle doit aussi apprendre qu’on ne tue que pour faire des offrandes à la Mère Noire : le meurtre non rituel est proscrit. La Sorcellerie, don de la Mère Noire, est hautement estimée, de même que les connaissances occultes en général.

Eglise de la Libération Intérieure

Un Vampire peut passer ses nuits à tenter de se raccrocher sans espoir à son Humanité perdue. Ou il peut être plus aventureux : établir ses propres règles et ses propres lois, comprendre sa nature profonde, faire de sa Bête une alliée et non une ennemie et enfin accéder à ce qu’il a toujours été destiné à être.

La voie de la restriction, de la méfiance envers la Bête et du maintien de liens étroits avec l’humanité est la voie facile, la voie prudente : celle qui permet la survie du plus grand nombre. La voie de l’acceptation de la nature vampirique est une voie étroite, risquée, et au cours de laquelle beaucoup succombent. Mais c’est celle qui mène à la grandeur.

Le sens et la signification de la non-vie ne se révèlent qu’à ceux qui acceptent de se libérer des diktats qui leur sont imposés, à réaliser une révolution en eux-mêmes, avant de chercher à changer les autres. Et ce n’est pas en se restreignant qu’on explore les profondeurs de sa nature ; bien au contraire, c’est, dans un environnement protégé, dans un contexte ritualisé, en cédant à la Bête pour voir jusqu’où on peut aller. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut espérer se connaître soi-même et enfin faire la paix avec cette idée fondamentale : la Bête n’est pas différente de moi ; ce n’est qu’une facette de ma personnalité, ni plus, ni moins légitime que mon esprit conscient.

L’Eglise de la Libération considère que le vice est un outil, non une forme de récréation ou de plaisir simple ; il faut y céder autant que faire se peut, mais d’une manière contrôlée, et afin de s’explorer soi-même. En cédant au vice, et en encourageant les autres à y céder, on contribue à renforcer ceux qui sont assez forts pour vivre avec leur côté sombre, et à éliminer ceux qui sont trop faibles pour survivre à la condition vampirique. La solidarité entre les membres est de mise et chacun doit essayer, dans la mesure de ses moyens, de permettre et de faciliter l’exploration de soi des autres fidèles ; il n’y a pas de chef, pas de gourou : seulement des personnes plus ou moins avancées sur la voie de la libération intérieure et de l’acceptation de soi. Il n’y a pas non plus de but ultime : la libération intérieure est une entreprise qui n’est jamais vraiment terminée.

Car nombreuses sont les illusions qui se dressent sur le chemin du quêteur de vérité : ce que d’autres pourraient considérer comme de la compassion, par exemple, n’est jamais qu’une forme de cruauté acquise, apprise, acceptée, puisqu’elle amène à refuser de mettre à l’épreuve la force de l’âme des autres, et ce en raison d’une faiblesse personnelle.

Enfin, l’Eglise de la Libération Intérieure encourage à la recherche quant aux origines des Vampires : Caïn, Set, Shalim ou tous les autres : ce ne sont, bien entendu, que des mythes. Découvrir l’origine réelle des Vampires pourrait donner bien des éclairages quant à leur nature. Pour autant, ces mythes renferment certainement des parts de vérité et il est essentiel de les connaître, car ils sont le témoignage des errements passés et des vérités d’hier.

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