
Ravnos AT
○ Coterie / affiliation : co-fondatrice des Lionnes ; Santa Monica Family
○ Quartiers / Domaines familiers : Santa Monica
○ Influences connues : Politique – Féminisme, Politique – Républicains
1943
On sait qu’elle a participé à la bataille de San Diego, puis, après le passage de la Caravane à Los Angeles, a quitté celle-ci pour s’installer en ville. Depuis, elle est en froid avec ses anciens compagnons d’arme.
Installée à Santa Monica.
Co- fondatrice des Lionnes.
Soutien de Therese Voermann
Ce qu’en apprend Gaby :
Lorenza est sans doute née autour de 1910, quelque part dans la Bible Belt. Un père pasteur rural, une mère dont elle ne parle pas, des frères, des soeurs. Et puis, au moment de la Grande Dépression et du Dust Bowl, son monde qui s’écroule. La ruine des fermiers alentours, sa mère qui sombre dans l’alcoolisme, son père qui se pend après la condamnation de son frère aîné pour un crime passionnel … bref, tout ce qui faisait le cadre de son existence qui se fissure, puis tombe en ruines. Elle aurait pu s’écrouler aussi. Elle a préféré partir. Elle s’est retrouvée parmi les caravanes d’immigrants, dans ces camps crasseux et surpeuplés, à affronter la violence, la disette, la maladie et les poux, seule. Et elle a survécu. Ca n’a pas toujours été facile. Ca a rarement été agréable. Mais elle a fait ce qu’il fallait, tout ce qu’il fallait, pour se débrouiller.
Ce qu’elle ignorait, c’était que le camp dans lequel elle se trouvait, au Texas, servait de terrain de chasse à des Vampires : des hordes de réfugiés, dont beaucoup sans famille ni attache, que personne ne viendra réclamer, ça fait toujours un cheptel tentant. Des circonstances précises de son Etreinte, elle ne parle pas, ou très peu, mais on peut les deviner : elle a sans doute fait partie de ces gens que le Sabbat enlève, Etreint en masses puis laisse au fond de tombes creusées à la hâte, pour voir ceux qui ont la volonté ou la hargne nécessaires pour s’en tirer, et trouver leur subsistance immédiate parmi les autres Etreints. Là encore, elle a fait ce qu’il fallait pour survivre. Puis elle a été accueillie, éduquée, formée. Elle aurait pu trouver plaisir et sécurité dans sa nouvelle famille. Mais ça n’a pas été le cas. Les familles, Lorenza ne leur fait plus confiance depuis longtemps. Là encore, elle a fait ce qu’il fallait. Elle a appris, elle a obéi, mais elle n’y a pas cru, elle n’y a jamais cru. Elle a parcouru le sud des Etats-Unis et le Mexique avec sa meute, a visité plusieurs cités, a fini par rencontrer El Sepulturero, avec qui elle a sympathisé et qui lui a ouvert des possibilités qu’elle ne soupçonnait pas. Elle a changé d’allégeance et a rejoint sa meute.
Quand, en 1943, El Sepulturero a choisi de changer lui aussi d’allégeance, Lorenza a suivi. Pas par conviction, mais parce que ce changement lui promettait un peu plus de liberté, et, enfin, de ne plus dépendre des desiderata des autres. Elle a pris part aux combats de Tijuana et de San Diego, puis, dès que la Caravane s’est arrêtée à Los Angeles, s’est esquivée. Elle a gardé des rapports courtois avec El Sepulturero, Ephraïm Sortano, Anna-Rita Montana et surtout Jenna Vikander mais désormais c’est chacun sa route. Et sa route, à elle, menait à Santa Monica. Therese Voerman s’est montrée accueillante, les terrains de chasse étaient faciles d’accès et personne ne l’emmerdait. Alors elle est restée. Elle était prête à faire beaucoup pour acheter sa tranquillité, mais il est apparu que, comparativement à ses attentes, Therese exigeait assez peu : un coup de main de temps à autre, un oeil ouvert sur la rue et les cercles que Lorenza fréquente, un peu d’aide pour la surveillance de l’Asylum. Le deal était plus qu’équitable.
1954
… Cela lui laissait du temps libre. Assez pour faire des rencontres, et notamment celle de Maggy Hard, avec laquelle elle a tissé des liens étroits. Il y avait plus en commun entre elles que Lorenza ne le soupçonnait a priori et quand Maggy a voulu créer le Lionness Club, Lorenza a suivi avec intérêt. Elle est même devenue militante, se représentant le club comme une sorte d’avant-garde féministe dans la société vampirique. En parallèle, elle s’est intéressée aux cercles politiques féministes et, en se rendant compte qu’ils suscitaient peu d’intérêt de la part de la plupart des Vampires, s’est engouffrée dans la brèche, en se disant qu’elle pouvait en faire son domaine personnel. Il y a là-dedans une part de sincère intérêt et une part d’opportunisme, les deux n’étant pas contradictoires.
Lorenza est d’abord et avant tout une survivante. L’un des grands plaisirs de l’existence de Lorenza, c’est de ne rien faire; ou plus exactement : de jouir de ces instants rares et précieux où personne ne vient l’emmerder. C’est fondamentalement une solitaire, qui s’est résolue à fréquenter les autres par nécessité. On lui connait quelques alliances et amitiés, mais ni amour ni relation vraiment profonde, et elle fait ce qu’il faut pour tenir les autres à une certaine distance. Le Lucha Vavoom est son terrain de chasse de prédilection, et le lieu où elle passe une partie de ses nuits (l’autre étant l’Asylum). Les combats sur le ring, auxquels elle participe avec plaisir, font partie des rares fois où on la voit exprimer des émotions : l’excitation du combat semble alors l’emporter, et un large sourire illumine son visage habituellement renfrogné.