La famille Giovanni et ses amis – Californie, 1954

En cours de mise au propre et d’ajouts

Don Andreas et son conseil

Andreas Giovanni

Sur le plan du business, Andreas semble tout avoir réussi ces dernières années : son influence s’étend sur toute la Californie et le Nevada, ses Infants et ses proches ont le vent en poupe. Il a été reconnu comme anziano lors d’un 4 avril à Venise où se trouvait Augustus en personne et son Grand-Sire l’a officiellement adopté. Sa générosité envers les Vénitiens semble avoir fini par payer et il est unanimement considéré comme un acteur majeur du Clan, y compris en Europe.

Sur le plan personnel, c’est autre chose : la disparition de certains de ses fantômes semble avoir profondément affecté Andreas, qui semble plus cynique et désabusé qu’il ne le fut auparavant. Il poursuit ses travaux concernant le Sudario, et reçoit régulièrement la visite d’Ambrogino, qu’il va également voir au moins une fois l’an.

Andreas Giovanni réunit autour de lui un conseil, composé de personnes de confiance et des hommes puissants au sein de la Famille, qu’il rencontre trois à quatre fois par an au Manoir Giovanni, afin de discuter des affaires en cours. Ce conseil comprend :

  • Don Benito Giovanni, de Los Angeles
  • Padre Gioacchino Ghiberti
  • Carmen Flores
  • Stefano Giovanni
  • Don Schlomo Rottenstein, de Las Vegas
  • Don Michaelle Giovanni, de Reno
  • Don Bruno Giovanni, de San Francisco
  • Don Augustino Putanesca, de San Diego

Pour Jo : Don Andreas se confesse une fois l’an, généralement le 3 avril. Il prend la tradition tout à fait au sérieux, même s’il reste prudent quant à ce qu’il admet devant son Infant. Au fil de ces quelques dernières années, Joachim a pu noter que son Sire est tourmenté par des angoisses, se plaignant à plusieurs reprises de l’énormité de la mission qu’il estime être la sienne, et passant occasionnellement par des phases durant lesquelles il craint de ne pas être à la hauteur.

Proches et serviteurs de Don Andreas

Vampires

Carmen Flores

Carmen demeure l’une des proches d’Andreas. Elle était avec lui lors de l’étude du Maëlstrom, de la traque des Portecrânes et de l’installation des quelques rescapés au Manoir. Les affaires de l’OTO, ces dernières années, lui ont semblé passionnantes. Elle s’est également intéressée à la disparition de Necalli, semblant se demander ce qu’avait pu devenir l’étrange indien.

Depuis le décès de son époux mortel, elle joue les veuves joyeuses et fréquente avec plaisir la bonne société hispanique du sud de la ville. Plus récemment, elle s’est rapprochée de Marjorie Cameron quand celle-ci a créé The Children, et elle a pris part à plusieurs des rituels de l’éphémère société.

Pour Jo : Carmen se confesse une fois par semestre environ. Généralement avec un certain amusement, et un jeu de tentatrice à l’égard du Padre. Il est difficile de savoir si les débauches qu’elle avoue sont réelles ou simplement destinées à meubler la conversation. Hormis cela, elle parle fréquemment de pulsions violentes, et continue régulièrement à prétendre que son défunt mari est insupportable.

Stefano Giovanni

Le fidèle argentier de Don Andreas, toujours dans son ombre, gère paisiblement et en bon père de famille l’important patrimoine immobilier placé entre ses mains. Patrimoine qui a cependant, une fois encore, été entamé par la générosité de Don Andreas en matière de versements à ses cousins européens. Stefano a également perdu beaucoup d’argent avec l’échec des projets immobiliers de logements sociaux financés par la municipalité et le succès de CASH. Ce revers lui donne de bonnes raisons d’en vouloir à Antonio, qui, s’il n’est pas personnellement responsable de l’existence de CASH, a néanmoins contribué à son financement. Le changement de direction au sein des Républicains a saboté les Influences politiques de Stefano : il se trouve donc en difficulté, et cherche de nouveaux champs de développement.

Gloria Li-Wang

L’Infante de Don Andreas, et première Vampire de la famille Li-Wang, est loin d’être une imbécile. Medium douée de son vivant, elle s’est intéressée aux différentes formes asiatiques de Nécromancie, et a enrichi la bibliothèque du Manoir d’ouvrages chinois, consacrés en particulier à la géomancie et aux méthodes d’agencement de lieux afin d’y capter les énergies de la mort.

On la sait amie de Carmen Flores. On sait également qu’elle est très proche de son Sire, peut-être même très très proche. Le fait est qu’elle a développé des contacts dans les milieux du proxénétisme de Chinatown et qu’il lui arrive de proposer à Don Andreas de varier un brin son ordinaire en sortant « manger chinois ».

Goules

Domenico Giovanni

L’éternel butler du Manoir Giovanni a semble-t-il pris quelque distance d’avec ses parents, et reste le fidèle serviteur de Don Andreas. Il s’occupe toujours de la gestion quotidienne du manoir, de l’administration, de la direction du personnel, ainsi que d’une bonne partie du travail de secrétariat de Don Andreas. Quand il a un peu de temps dans la journée, il occupe une partie de ses loisirs à la conduite (il aime les belles voitures) et au golf. Il passe également du temps dans les cryptes du manoir, où, semble-t-il, il aime à s’entretenir avec certains défunts.

Pour Jo : Domenico se confesse tous les deux à trois mois. Début 1954, il a confessé avoir tué une prostituée, lors d’un week-end d’escapade à Vegas. Apparemment, Shlomo s’est arrangé pour couvrir l’affaire et Andreas n’en a rien su.

Mario Siccati

Le chauffeur et garde du corps d’Andreas. Il est toujours présent près du padrone, et toujours armé. Taciturne, silencieux, très professionnel. Une ou deux fois l’an, il a le droit de prendre quelques vacances, ce qui signifie, pour lui, passer trois ou quatre nuits à Vegas, s’y ruiner en drogue, prostituées et jeux d’argent, puis revenir prendre, sans un mot, sa place auprès du Don.

Fantômes

Le Maelstrom a été cruel pour Don Andreas, qui y a perdu plusieurs des Esprits auxquels il tenait. Au cours des années suivantes, il a passé beaucoup de temps à tenter de recréer son cheptel de serviteurs mais les fantômes post-Maelstrom se sont souvent révélés instables, voire dangereux. Andreas a finalement réussi à en sélectionner quelques-uns qui lui conviennent.

Reginald

Le seul « survivant » de la précédente équipe, et désormais l’homme de confiance du Don de l’Autre Côté. Il agit comme une sorte de superviseur pour les esprits du Manoir et y a acquis une autorité certaine et un prestige considérable, dans la mesure où toute audience auprès d’Andreas passe d’abord par lui.

Sarah

Victime parmi tant d’autres d’un meurtre mystérieux quelques années plus tôt. Elle est silencieuse, ne s’exprimant qu’à l’oreille de Don Andreas.

Le Goulu

Son apparence, quand il se manifeste de manière visible, est rarement ragoutante. Il apprécie les réceptions au Manoir, où il se glisse fréquemment dans les corps des invités pour profiter des victuailles. ON lui sait un goût immodéré pour la nourriture.

Angelo

De son vivant, il était un homme de main au service de la famille. Le genre gros bras, batte de base-ball, briseur de genoux. Et la mort, il n’a presque rien changé à son existence.

La jeune fille pâle

Une suicidée dont même la mort n’a pas voulu, et qui, bien après son trépas, continue à pleurer son désespoir. Elle sert Andreas d’assez mauvaise grâce mais semble espérer, à terme, obtenir l’oubli et le néant.

Mortels

Gianbatista Rosselini (né en 1911)

Après la mort de sa soeur et de son père, Gianbatista s’est retrouvé seul porteur de son nom dans la région. Il lui fallait assurer la pérennité de sa lignée et son statut de prêtre ne le lui permettait pas. Avec l’autorisation d’Andreas, et après mûre réflexion, il s’est défroqué et a, en 1952, épousé Angelica Jones, qui elle aussi avait quitté les ordres. Le couple est installé à Venice, et Gianbatista travaille désormais pour Andreas, à qui il sert de secrétaire personnel et de bibliothécaire au Manoir.

Pour Jo : malgré son renoncement à la prêtrise, Gianbatista n’a pas perdu la foi. Il se confesse tous les mois, et tente de mener une vie aussi chrétienne que possible.

Les nouveaux résidents du Manoir

Christina

Elle s’est installée dans l’une des chambres, où elle est entourée d’une kyrielle de poupées et de figurines de porcelaine. Elle ne s’intéresse pas au monde extérieur mais semble passer beaucoup de temps à écouter les voix de l’Outremonde. Don Andreas la considère apparemment comme une sorte d’oracle et la consulte régulièrement.

Pour Jo : Christina ne quitte pas le Manoir mais elle a plusieurs fois demandé à voir le Padre, au cours de ces dernières années. En trois occasions, c’était pour se confesser (à chaque fois de crimes ou de péchés datant de sa vie mortelle, qui semblent lui revenir sporadiquement). Plus récemment, c’était pour demander les derniers sacrements pour l’une de ses poupées, qu’elle venait de déclarer morte.

Frère Iorik

Finement surnommé « le pauvre Iorik » par Don Andreas, mais il ne semble pas comprendre la référence. Il passe l’essentiel de son temps dans les cryptes, où il semble à l’aise en compagnie des cadavres. Il dispose visiblement d’une connaissance encyclopédique de l’Outremonde est s’est révélé un collaborateur plutôt enthousiaste et très intéressé par les avancées de ces derniers siècles en matière de nécromancie.

Abisha

C’est celle qui semble le plus s’intéresser au monde extérieur, et elle a longuement étudié les moyens pour elle de sortir sans trop attirer l’attention. Sa loyauté étant considérée comme acquise par Don Andreas, elle a été autorisée à voyager en ville et en dehors de la ville, à la recherche d’autres rescapés.

Birdie

Contrairement aux autres, sa décomposition ne semble que partielle, et ne toucher que son visage, qu’elle couvre le plus souvent d’un voile ou d’un masque. Elle est revenue de l’Outremonde avec une folle envie de vie et de joie, et a trouvé en Carmen Flores et ses rituels où mort, sexe et sang se marient, une compagne intéressante et intéressée. Elle aimerait sortir davantage en ville mais son caractère instable, et volontiers fantasque, implique la présence obligatoire d’un chaperon.

La Famille à Los Angeles

Vampires

Roberto Ghiberti

Il est arrivé en Californie il y a quelques années, en provenance d’Ethiopie. Installé à Downtown, où il gère une activité d’import-export d’art africain, il est souvent accompagné de Nyalo Ozoza, un de ces étranges vampires du Continent d’Ebène, qu’il a Lié par le Sang il y a déjà plusieurs décennies.

Nyalo Ozoza

Il parle très peu, et on n’est pas absolument certain qu’il maîtrise l’anglais, encore qu’il comprenne apparemment l’italien. On ne le voit jamais qu’en compagnie de Roberto, qui le considère comme une sorte de laquais de luxe, exotique et efficace à sa manière : Nyalo est en effet un homme de main brutal, et souvent mortel. C’est indubitablement un vampire. Quant à son Clan, il reste un mystère : lui-même se définit comme Shango.

Bernardo Giovanni

Il a fini par accepter, de mauvaise grâce mais sans révolte, le rôle de second couteau qui lui a été attribué, et l’absence, en Californie, des privilèges que son statut de vrai Giovanni, vrai Italien et vrai Vénitien lui vaudraient habituellement au sein du Clan. S’il n’est pas d’une cordialité sans faille à l’égard des bastardi et des membres des familles mineures, il reste poli.

Il était bien entendu présent lors de l’anniversaire de 1944, où il a été un convive plaisant et surtout très heureux de revoir nombre de ses cousins. Actif durant la traque des Portecrânes, on lui doit la découverte d’Abisha, qu’il a ramené, en Torpeur, au Manoir. Au cours de la Bataille de Sunset Strip, il s’est honorablement comporté et s’est montré efficace, pragmatique et relativement bon stratège.

Depuis quelques années, il s’intéresse de très près au destin de sa petite-nièce Stella. On murmure d’ailleurs qu’il n’y aurait pas, entre eux, que de l’amour avunculaire.

Pour Jo : Bernardo se confesse une fois l’an, parce qu’il faut bien et que c’est le minimum. Il ne parle pas du business, en ce genre de cas, mais fait souvent mention de coups de colère ou de pulsions violentes, sans trop entrer dans les détails.

Antonio Giovanni

Le cousin Antonio a eu à se recycler plusieurs fois au cours de ces dernières décennies. Après la législation sur le pari mutuel, qui a ruiné les paris clandestins sur les chevaux, il s’est développé un réseau d’influence dans les milieux juridiques. Dernièrement, il a investi beaucoup d’argent dans la campagne CASH, et s’est retrouvé dans une position confortable quand Bowron a été évincé. Bien entendu, ce faisant, il a quelque peu marché sur les plate-bandes de Stefano, mais ce sont des choses qui arrivent.

Depuis quelques années, il semble en froid avec son épouse Elisa.

Elisa Giovanni

L’épouse et Infante d’Antonio (et mère de Domenico) semble en froid avec son mari. Depuis quelques années, elle a d’ailleurs quitté ses motels des abords de la ville, dont plusieurs ont été fermés pour insalubrité, et s’est installée chez son petit-fils Philip, en plein Downtown, après avoir reçu l’autorisation de lui donner la Probation.

Jason Milliner

Jason a été plusieurs fois en froid avec Don Andreas au ours de ces dernières années. D’abord parce qu’il ne versait pas tout à fait assez de Dîmes. Ensuite parce qu’il avait donné l’Etreinte à sa fille Joana, sans l’autorisation d’Andreas. La tutelle de Joana lui ayant été retirée, il a eu à faire preuve de beaucoup de loyauté pour revenir dans les bonnes grâces du maître.

Jason a considérablement investi dans les nouveaux développements technologiques, ces dernières années, et certains de ses investissements se sont révélés moins efficaces que par le passé. Il semble bien que ses dons pour renifler les coups juteux provenaient autrefois de tuyaux obtenus de diverses manières, plus que d’un flair personnel. Après un long passage à vide, il a cependant retrouvé un certain succès avec l’achat de parts dans des compagnies aériennes intra-californiennes, qui lui ont permis de rendre des services réguliers à la Famille. Depuis le début des années 1950, il semble à nouveau dans les bonnes grâces du padrone. Il a également profité des appuis de sa famille au sein de l’appareil républicain pour développer ses influences dans le domaine de la politique, en particulier sous la période Mac Carthy.

Joana Buccola-Milliner

Après la mort de son mari et de ses deux enfants dans l’incendie de sa maison de Santa Monica, Joana a connu une phase très difficile. Elle était déjà à l’époque la Goule de son père mais l’épreuve les a apparemment rapprochés. Du moins jusqu’en 1948, quand Joana a reçu l’Etreinte de la part de Jason. La rupture du Lien de Sang, puis l’éloignement forcé durant son éducation par d’autres membres de la Famille, ont distendu les relations entre le père et la fille.

En tant que Vampire, Joana reste ce qu’elle a toujours été : une jeune fille charmante, mais fragile et dangereusement instable, avec de fortes tendances maniaco-dépressives. D’une utilité très relative pour la Famille, elle passe l’essentiel de ses nuits à Santa Monica et Venice, arpentant les bars, les fêtes foraines et les plages.

Pour Jo : Joana est une habituée du confessionnal, qu’elle fréquente avec assiduité. Elle y parle longuement de ses doutes, de ses problèmes, des dizaines d’histoires compliquées ou sordides dans lesquelles elle s’embourbe, de sa culpabilité autour de la mort de ses jumeaux et de son amour pour son père. La séparation forcée d’avec Jason semble lui avoir fait du bien, en mettant fin de facto à leur liaison incestueuse et en permettant à la jeune fille de sortir de l’orbite paternelle.

Guadalupe Pisanob

Une nouvelle arrivée, réfugiée du Mexique, installée à Los Angeles depuis 1947.

Goules

Philip Giovanni

Le médecin-légiste a été pris en Probation en 1945, par sa grand-mère Elisa Giovanni. Il vit toujours à Downtown, avec sa famille.

Claudio Cosatta

Lui aussi petit-fils d’Elisa Giovanni. Il dirige désormais la société de pompes funèbres Ricordi Eterni et a été pris en Probation par Stefano. Claudio a indubitablement des dons pour les rapports avec l’Autre Monde, qui se conjuguent à une fascination pour les cadavres. Il semble quelque peu frustré du fait que Stefano n’est pas lui-même un sudariste, et que sa progression en la matière soit donc freinée.

Mario Putanesca

Né en 1909, le petit-fils d’Augustino a toujours été dans le « business », depuis qu’il y est entré à l’âge de 19 ans. Loyal, silencieux et efficace, Mario s’est également illustré par quelques beaux combats de boxe en amateur, à l’Olympic, ce qui lui a permis de se faire quelques copains et sparing partners parmi les flics amateurs de combats et de paris sur la boxe. Au cours de la Bataille de Sunset Strip, ces amitiés se sont révélées utiles. Il s’est marié en 1949.
Andreas a donné son accord pour qu’il soit mis en Probation

Sam Redstone

Alias Shmuel Rothenstein. Le charismatique rabbin moderne, prêchant un judaïsme progressiste et relativement light, tel qu’une bonne partie d’Hollywood a enie de l’entendre prêcher, est sans doute très différent de son père Shlomo. Mais il est, à sa manière, efficace. Il a contribué à régler les affaires de succession sur Sunset Strip après l’arrestation de Cohen, en présentant les bonnes personnes à ceux qui pouvaient avoir des arguments pour les convaincre de cesser les hostilités. Il dispose par ailleurs de l’oreille attentive de plusieurs personnes importantes au sein des studios d’Hollywood, et semble à tous égards présenter un concurrent de poids pour Ruth Waters.

Il a été mis en Probation.

Joseph « Jo » Rothenstein

Depuis son arrivée en 1941, Jo n’a jamais craché sur un boulot, aussi sale soit-il. Autrefois contrebandier en fourrures pour le compte de Mickey Cohen, il a peu à peu pris de l’ampleur, a été l’un des artisans de la trahison de Brooklier, et est sorti de la Bataille de Sunset Strip plus influent qu’il n’y était rentré, avec plusieurs bordels clandestins sous sa protection et un pouvoir certain sur la Kielbasa.

Il a été mis en Probation.

Artemise Saint-John

L’épouse de Morgan Saint-John se montre à chaque réunion de famille et y tient son rôle de vieille dame respectable et cultivée. Elle s’intéresse de loin au destin des enfants, et semble avoir en particulier de la sympathie pour ceux de Gabriella. En dehors de cela, on la voit peu au Manoir.

Bien entendu, au fil des années, on s’est bien aperçu qu’elle avait cessé de vieillir. Mais outre qu’on ne demande pas son âge à une dame, on a le plus souvent supposé qu’elle était devenue la Goule de son époux. Cela a donné lieu à quelques froncements de sourcils, dans la mesure où elle n’a jamais officiellement reçu la Probation.

Mortels

Aurora Giovanni (née en 1928)

Aurora avait tout ce qu’il fallait pour percer à Hollywood : du charme, une certaine intelligence froide, de l’ambition, et assez peu de scrupules. Quand elle a été confiée à Gaby, elle en était à faire les casting couchs, tout en notant scrupuleusement les désirs et habitudes sexuelles des hommes qu’elle rencontrait et en se faisant accompagner discrètement d’un détective privé, payé sur ses maigres économies, et qui prenait des clichés des ébats. Don Andreas a estimé que cela constituait, pour la jeune femme, une base assez intéressante pour demander à Gabriella de s’intéresser à son destin.

Stella Giovanni (née en 1931)

La petite-nièce de Bernardo Giovanni. Elle est jeune, elle a de l’énergie, elle veut percer à Hollywood. Elle n’est pas laide. Mais c’est une insupportable cruche, et elle n’a aucun talent artistique.

Ernesto Putanesca (né en 1908)

Le garagiste louche, tenant un chop shop à Venice et faisant du trafic de voitures volées, s’est marié en 1954 avec l’une de ses cousines : la fille de Sergio Putanesca, âgée de 21 ans.

Sergio Putanesca (né en 1910)

Après le renvoi de plusieurs cadres du Philharmonic pour syndicalisme ou communisme, Sergio, grâce à son talent musical mais aussi à l’appui et parfois l’insistance de la Famille, s’est retrouvé à la tête de l’orchestre. Et si quelques mauvaises langues prétendent qu’il doit sa position à des menaces qui ont été faites sur les dirigeants de l’institution, il s’est révélé un chef plutôt compétent. Et il chante toujours aussi bien Bruccia la terra.

Peter Gilligan (né en 1898)

Peter a vieilli. Bien vieilli mais vieilli tout de même. Les années de maccarthysme ont été dures pour le leader syndical, et la fermeture du Bureau Portuaire lui a fait perdre une part importante de son influence officielle. Il a cependant retrouvé des fonctions presque identiques au sein de l’organisme municipal qui gère désormais le port, et demeure en charge du dialogue avec les travailleurs du port.

Veuf depuis longtemps, il ne s’est jamais remarié, malgré plusieurs propositions qui lui ont été adressées par des cugini. Il s’est beaucoup consacré à ses enfants et semble très bien prendre le statut de grand-père. On lui a cependant connu quelques aventures, et il se murmure que Joana Milliner lui aurait tourné autour quelque temps.

Angelica Jones (née en 1913)

Edward « Eddie » Mannix

Eddie est et reste le plus important star fixer d’Hollywood, et on ne compte plus les procès évités, les témoins muselés, les avortements discrets ni les rapports de police oubliés grâce à lui. Veuf depuis 1937, il s’est remarié en 1951 avec une danseuse des Follies, qui a très rapidement entretenu une relation extraconjugale avec l’acteur George Reeves. Cet adultère est considéré comme un open secret à Hollywood, d’autant qu’Eddie, de son côté, a lui-même une affair avec une jeune femme japonaise.

Dans les années 1950, Mannix est au sommet de sa carrière : c’est la pleine période que caricature le film Hail Caesar.

Emma Putanesca-Gilligan (née en 1921)

La sage et dévouée fille de Gabriella a épousé Giuseppe Putanesca à son retour de l’armée. Puis, comme une bonne mère de famille, elle a sagement eu trois enfants, à deux ans et demi d’intervalle. Elle assume parfaitement ses fonctions de dame respectable, mais qui sait ce qui peut bien se mouvoir derrière cette façade lisse et respectable ?

Anna Smit-Gilligan (née en 1924)

La bouillante cadette de Gabriella a épousé, quelques mois après le très italien mariage de sa soeur, le chercheur Arie Hagen-Smit et l’assiste dans ses travaux. Cela ne l’a pas empêchée de donner deux enfants à la famille, sans pour autant réellement décrocher de ses recherches universitaires. En 1954, elle s’occupe essentiellement de ses enfants, tout en servant de secrétaire scientifique à son époux et en travaillant, quand elle a quelques minutes, à sa propre thèse, consacrée aux pollutions aquatiques.

Joseph Gilligan (né en 1925)

Joseph a fait la guerre du Pacifique. Il en est revenu indemne mais il en a vu. Beaucoup vu. Sans doute trop pour un garçon de l’âge qu’il avait. Comme beaucoup de vétérans, le retour n’a pas été facile. Non pour des raisons financières, la famille étant trop aisée pour cela, mais parce qu’il ne parvenait pas à se résoudre à un retour à la vie normale. Il a pensé à faire une carrière militaire. Mais quelque chose en lui était cassé, était mort, peut-être, là-bas. Il a poursuivi des études, a fait du droit parce que son père lui disait de faire du droit, a décroché un diplôme sans y croire, ne s’est jamais présenté à l’entretien pour le poste à la mairie que son père lui avait dégotté. Il a trainé son spleen et ses angoisses quelque temps encore, puis s’est retourné vers la littérature. Il a dévoré Steinbeck, s’est passionné, quelques années plus tard, pour The town and the city, premier roman de Kerouac. A bientôt trente ans, il a le sentiment que sa vie n’a pas encore commencé ou qu’elle s’est achevée trop tôt, comme s’il appartenait à une génération perdue, sacrifiée, et qu’on ne qualifie pas encore de beat mais ça ne va pas tarder. Il fréquente sa famille, inquiète comme de juste ses sœurs, aime les courses de voiture dans le lit de la Los Angeles River, le look greaser, la musique moderne…

Liliana Howard-Ghiberti (née en 1916)

Ancienne élève du pensionnat de Margaret Lena-Hardy, ancienne flying nurse, la fille de Joachim Ghiberti a épousé en 1945 Bruce Howard, un soldat de sa base dans le Pacifique. Le couple s’est installé dans le comté de Monterey en 1946. Liliana y a repris une activité d’infirmière, jusqu’à la naissance de son fils Joachim Howard en 1947. Courant 1948, le couple semble avoir traversé une crise mais, après quelques mois, avoir surmonté les difficultés. Bruce, au chômage comme beaucoup de vétérans, semblait mal vivre le fait que ce soit sa femme qui faisait bouillir la marmite. En 1951, alors qu’elle était enceinte de son deuxième enfant, Liliana a été renvoyée de l’hôpital dans lequel elle travaillait, car elle a été surprise à y voler de la morphine, à laquelle Bruce était devenu dépendant. Le sevrage forcé a été très difficile pour Bruce, qui est devenu violent. Quand Liliana a parlé de le quitter et de retourner chez son père à Los Angeles, une dispute a éclaté, au cours de laquelle Liliana s’est emparée du pistolet que Bruce gardait toujours sous son oreiller et l’a abattu. Arrêtée, elle a accouché de son deuxième enfant, une fille du nom de Lois, à l’hôpital de la prison. Sa défense a été prise en charge par le cabinet DiCarlo, et en 1952 elle a obtenu un acquittement pour légitime défense.

Joachim Junior est né en 1945 : Liliana, enceinte, est revenue plus tôt, et a épousé officiellement Bruce en 1945. Joachim Junior est né pour Victory Day.

Giuseppe Putanesca (né en 1917)

Personne ne revient vraiment indemne de la guerre. Et Giuseppe ne fait pas exception. Malgré une campagne d’Europe dans laquelle il s’est bien comporté, deux citations, un beau mariage, il a toujours gardé comme une blessure intérieure, peut-être liée à la mort de son frère. Prenant très au sérieux son statut de patriarche, il prend soin de la mamma depuis la disparition de son père.

Après la guerre, il a profité des programmes universitaires pour vétérans et a fait des études de droit. Un diplôme en poche, et nanti de son aura de héros de guerre, il a refusé de travailler pour les affaires de la famille, et a fait campagne comme juge. Aux élections de 1950, il a été pour la première fois élu parmi les membres de la cour du comté de Los Angeles.

Giuseppe continue à fréquenter sa famille, mais en se tenant à prudente distance de tout ce qui pourrait entacher sa réputation ou compromettre sa carrière. On le sait assez proche de son beau-père Peter Gilligan.

Il a été très affecté par la mort de sa femme et ne s’est pas encore remarié.

Isabella Romano-Putanesca (née en 1920)

En 1954, Isabella a 34 ans, et déjà plus d’une dizaine d’années d’expérience dans l’enseignement. Son métier n’est pas une passion mais elle l’exerce avec sérieux. Fiancée à un soldat qui n’est jamais revenu du front, elle a porté le deuil longtemps, avant de se résoudre, raisonnablement, à se marier à un autre instituteur, du nom de Peter Romano, avec qui elle a eu deux enfants : William et Clara. Là encore, pas de grande passion mais un petit bonheur tranquille, aux côtés d’un homme raisonnable, et, surtout, totalement à l’écart des affaires de la Famille. Depuis la mort de sa mère et celle de sa belle-soeur, Isabella s’est rapprochée de ses frères. Elle passe beaucoup de temps avec Giuseppe, en particulier.

Il lui aurait sans doute été facile, surtout avec l’appui discret de son père, de prendre la direction d’un établissement scolaire mais elle n’a pas semblé manifester d’intérêt à cet égard pour l’instant : l’éducation de ses enfants, mais également le soutien qu’elle apporte à ses frères, lui prennent en effet beaucoup de temps.

Andreas Putanesca (né en 1928)

Andreas n’a pas fait la Deuxième Guerre Mondiale, et il en a conçu le sentiment d’être, à une ou deux années près, passé à côté de son destin. Il voulait s’engager pour la Corée, mais sa mère a réussi à le convaincre de ne pas le faire. Il a accepté, mais, là encore, avec l’impression d’avoir raté quelque chose.

Plus jeune, on l’estimait pouvant s’intéresser à la religion. Et il a effectivement étudié la théologie à l’université pendant deux ans, en prévision, peut-être, d’une entrée au séminaire. Mais les tragédies qui ont frappé sa famille ces dernières années ont bouleversé le jeune homme, et il a été amené à reconsidérer ce qu’il estimait être sa voie tracée. Il est certain qu’il a, un temps au moins, été tenté d’entrer dans les affaires, de manière à se raccrocher en quelque sorte à l’héritage de ce père absent. Mais il s’en est dissuadé, craignant de reproduire également les schémas de violence et, en quelque sorte, de perpétuer la « malédiction ».

En 1951, il a enfin trouvé sa voie, et a entamé des études de médecine, avec une spécialisation en psychiatrie. Il a très vite acquis une fascination pour les enfants souffrant de troubles psychiques ou mentaux, qu’ils soient congénitaux ou issus de traumas. Début 1954, toujours étudiant, il a rejoint la NARC (National Association for Retarded Children, premier groupement de parents et de médecins spécialisés destiné à soutenir les familles d’enfants autistes, trisomiques ou souffrant de handicaps mentaux ou psychologiques).

Meredith Saint-John (née en 1900)

Meredith Saint-John n’est plus de première jeunesse mais elle a mené sa vie comme elle l’a voulu : intellectuelle, universitaire, chercheuse en histoire littéraire, elle a également publié quelques poèmes dans The Circle, fréquenté Henry Miller, participé aux pannels Kinsey, et le tout avec un statut de mère célibataire qui lui collait à la peau.

Sa carrière universitaire a été brisée par le maccarthysme et elle a finalement eu à se reposer sur la fortune familiale. Elle continue à écrire, pour l’essentiel des essais et critiques littéraires.

Mariel Saint-John (née en 1925)

La petite-nièce de Morgan Saint-John a terminé des études d’histoire américaine et a déjà publié un ouvrage consacré aux guerres indiennes. En parallèle, elle poursuit ses recherches consacrées à l’histoire du crime organisé italo-américain aux Etats-Unis et a tenté à plusieurs reprises d’obtenir des entretiens (anonymat garanti) avec des hommes de la Famille. Oncle Benny aura-t-il été réceptif ?

Mila Beryn-Van Nuys

Hors-les-murs

Côte Est

Eric Milliner

Las Vegas

Hank Rothenstein

SHLOMO ROTTENSTEIN

San Francisco

*BRUNO GIOVANNI (IX)*

*PAUL DICARLO (X)*

JAMES LI-WANG

Reno

*MICHAELLE GIOVANNI*

*ALBERTO PUTANESCA (XII)*

San Diego

*AUGUSTINO PUTANESCA*

JOHNY PUTANESCA

.

COUSINS ET AMIS MEXICAINS

*TANTE GENEVRA*

La dernière décennie n’a pas été tendre pour Tante Genevra. Comme tous les Giovanni, elle a été frappée de plein fouet par le Maëlstrom, et y a perdu de nombreux servants de longue date. De plus, l’émergence soudaine des Portecrâne a été très dure pour elle : non seulement les nouveaux venus ont rapidement attaqué ses positions et ses Infants, mais ils se sont, dans les mois qui ont suivi, organisé autour d’une Ancienne appelée Unre, qui a fait alliance avec le Sabbat mexicain. Et depuis qu’ils disposent de leurs propres nécromanciens, les chefs du Sabbat se montrent nettement moins enclins à faire appel aux services de Genevra. Sur la côte atlantique, les Portecrâne ont également noué des relations étroites avec les Samedi, les rapprochant localement du Sabbat et sapant là encore ses positions

Elle a été forcée de quitter Mexico, et de se replier à Culiacan, dans l’Etat de Sinaloa. Elle y a rapidement conquis un territoire important, en mettant notamment la main sur les cultures d’opium de la région (cultures légales à Sinaloa, mais dont l’export est officiellement très réglementé; officieusement, la région est, dans les années 1950, en passe de devenir l’un des coeurs du narcotraffico à destination des Etats-Unis).

Genevra a donc perdu du pouvoir et de l’influence, mais elle ne prend pas pour autant la chose au tragique : elle a déjà connu des revers de fortune par le passé, et elle sait qu’elle en connaîtra d’autres encore. Si son influence est aujourd’hui en reconstruction, elle n’en demeure pas moins réelle, d’autant que le reste du Clan, au Mexique et dans le reste de l’Amérique centrale, a considérablement souffert lui aussi : dans l’ensemble, elle s’en tire même plutôt mieux que la moyenne, et a pu profiter de la crise pour asseoir son influence sur la Famille du Guatemala et du Salvador. En revanche, au nord, elle a perdu du terrain, les cugini de Baja California se tournant désormais plutôt vers Andreas.

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