Patricia « Patty » Draugh

« Inspectrice des Murailles Lémuriennes, déléguée du Trône des Eaux Ardentes et maîtresse du pardon » : c’est ainsi qu’elle s’est présentée à Morgan lors de leur première rencontre, en plein Maëlstrom, alors qu’elle profitait de la protection du Red Carpet.

Pouvoir trouver un abri dans un tel lieu, tout en sachant que les Giovanni qui le possèdent ne chercheraient pas à l’asservir ni à la contraindre, a été pour elle d’une aide précieuse. Et pas seulement pour elle. La poignée de Hiérarques ayant réussi à demeurer en ville ces dernières années s’est révélée elle aussi reconnaissante, tout en se montrant méfiante quant au prix que ce service pourrait avoir à l’avenir.

Morgan a très rapidement compris, en effet, que si les rapports avec les Nécromanciens ne sont pas à proprement parler interdits, ils ne sont pas bien vus pour autant. Mais en temps de crise, on fait avec ce que l’on a sous la main. D’autant que les capacités particulières de Morgan ont pu beaucoup servir à Patty : l’informer de ce qui se passait hors des lieux où la tempête la confinait, ou encore réaliser quelques petites commissions pour elle dans le monde physique, peut se révéler un avantage non négligeable.

Les Hiérarques voient généralement les Giovanni comme des sortes de braconniers, prélevant parmi les âmes des trépassés un petit tribut, et à ce titre privant la Hiérarchie de ressources légitimes; mais des braconniers qui peuvent, à l’occasion, se révéler utiles, surtout quand on les oriente vers des adversaires. Et après les immenses difficultés traversées par la Hiérarchie ces dernières années, les braconniers pourraient bien être une carte à garder malgré tout dans son jeu.

Les années qui ont suivi le Maëlstrom ont été, pour Patty, des années de doute, et souvent de tourment : la disparition de Charon, en laissant la structure anencéphale, a créé de nouvelles difficultés et ce n’est qu’avec grande difficulté et des sacrifices considérables que la Hiérarchie a su redresser la barre. Localement, cela s’est traduit par une affirmation du pouvoir des Guildes, au détriment de celui de la Nécropole.

Sur un plan plus personnel, Patty aime à arpenter les terrains vagues en bordure du Skidrow, où se trouvaient durant la Grande Dépression les camps de prisonniers fuyant le Dust Bowl, dont elle a sans doute fait partie. Un cimetière à proximité abrite son tombeau, surmonté d’une statue la représentant, un enfant dans chaque main, les yeux tournés vers le ciel. Comment une réfugiée a-t-elle eu un tel tombeau ? Patty ne le dit pas. A la nuit tombée, il arrive que des enfants du quartier se glissent entre les tombes, fassent un cercle autour de la statue et murmurent « Patty, Patty, why did you kill your babies ? ». On prétend que si on murmure cela assez longtemps, on entendra la statue soupirer et geindre.

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