Joseph Gilligan

Fils de Peter Gilligan & Gabriella Donizetti
Né en aout 1925

Enfant de l’été, né au moment où tout allait pour le mieux, Joseph a vu son petit univers s’écrouler en 1931 à la mort de sa mère qui fit de lui un petit garçon mélancolique et rêveur solitaire. Terrifié par le poney de sa sœur autant que par l’eau du bassin du parc, se cassant un bras en tombant d’un rocher, le petit garçon se renferma sur lui-même et si son père comptait en faire son héritier, les années passant, il commençait à désespérer. Étudiant médiocre dans la plupart des matières, il n’excellait que dans l’écriture et la littérature. Indifférent au monde féminin qui l’entourait, incompris de son père et incapable de trouver refuge auprès d’un quelconque homme de la famille, le jeune homme se plonge dans les livres et l’écriture jusqu’au jour où son père le découvrit, un pistolet à la main faisant un parfait carton sur des boites de conserves en déclarant que les jaunes, c’était des tête de jap’ et les noires, des nazis. Joseph avait 17 ans et voulait tricher sur son âge pour aller faire la guerre… Peter dut faire montre d’une exceptionnelle autorité pour lui interdire mais accepta que son fils rejoigne dès l’été les forces réservistes afin d’y suivre un vrai entrainement, en priant que la guerre soit finie avant le 1e janvier 1944.

1943-1954

Joseph a fait la guerre du Pacifique. Il en est revenu indemne mais il en a vu. Beaucoup vu. Sans doute trop pour un garçon de l’âge qu’il avait. Comme beaucoup de vétérans, le retour n’a pas été facile. Non pour des raisons financières, la famille étant trop aisée pour cela, mais parce qu’il ne parvenait pas à se résoudre à un retour à la vie normale. Il a pensé à faire une carrière militaire. Mais quelque chose en lui était cassé, était mort, peut-être, là-bas. Il a poursuivi des études, a fait du droit parce que son père lui disait de faire du droit, a décroché un diplôme sans y croire, ne s’est jamais présenté à l’entretien pour le poste à la mairie que son père lui avait dégotté. Il a trainé son spleen et ses angoisses quelque temps encore, puis s’est retourné vers la littérature. Il a dévoré Steinbeck, s’est passionné, quelques années plus tard, pour The town and the city, premier roman de Kerouac.
A bientôt trente ans, il a le sentiment que sa vie n’a pas encore commencé ou qu’elle s’est achevée trop tôt, comme s’il appartenait à une génération perdue, sacrifiée, et qu’on ne qualifie pas encore de beat mais ça ne va pas tarder. Il fréquente sa famille, inquiète comme de juste ses sœurs, aime les courses de voiture dans le lit de la Los Angeles River, le look greaser, la musique moderne…

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