La Californie relève de la XIème région ecclésiastique des Etats-Unis, qui comprend quatre provinces :
- La province de San Francisco
- La province de Los Angeles
- La province du Nevada
- La province d’Hawaï
Chacune des provinces est placée sous l’autorité d’un évêque. Les évêques de San Francisco et de Los Angeles ont rang d’archevêque, puisqu’ils supervisent plusieurs diocèses.
La province de Los Angeles comprend :
- Le diocèse de Los Angeles (placé sous l’autorité directe de l’archevêque)
- Le diocèse de Fresno
- Le diocèse de Monterrey
- Le diocèse d’Orange
- Le diocèse de San Bernardino
- Le diocèse de San Diego
Organisation du diocèse
Le diocèse est divisé en doyennés, chacun des doyennés étant divisé en paroisses. Le doyen, nommé par l’évêque, est choisi parmi les prêtres paroissiaux.
Les doyens ont trois rôles principaux :
- Un rôle fraternel : s’occuper du bien-être et du suivi des prêtres et des diacres
- Un rôle pastoral : limité en réalité, et qui consiste le plus souvent à relayer les ordres du diocèse
- Un rôle de coordination et de mutualisation : coordination notamment des initiatives locales, des oeuvres de charité, etc.
Les paroisses sont placées sous la responsabilité d’un curé, parfois accompagné d’un administrateur, et occasionnellement secondé par d’autres prêtres, ainsi que par des diacres.
Fonctionnement du diocèse
L’évêque a la haute main concernant plusieurs questions essentielles :
Les affaires économiques occupent une part importante de son temps : en effet, l’archidiocèse reste un très gros propriétaire foncier. Il tire des revenus considérables de fermages notamment, mais également de locations. Ces revenus sont contrebalancés par des dépenses importantes (traitement des curés, salaires des employés, entretien des bâtiments, logements sociaux financés par l’Eglise, opérations de charité…).
Les affaires canoniques : elles sont supervisées par le chancelier du diocèse, l’évêque intervenant cependant en dernière instance pour les questions particulières ou complexes (mariages, baptêmes, demandes spécifiques…).
Il préside également au conseil des directeurs diocésains, dont chacun est à la tête d’un service :
- Pastorale
- Pastorale des jeunes
- Catéchèse
- Catéchuménat
- Pastorale de la santé
- Pastorale de la famille
- Enseignement
- Commission d’art sacré
- Commission oecuménique
- Service des pélerinages
- Services administratifs
- Archives
Les directeurs sont des laïcs, employés par le diocèse, et secondés par un prêtre.
Les différents services du diocèses sont répartis dans plusieurs bâtiments administratifs (une demi-douzaine en tout), répartis dans et autour de la ville de Los Angeles.
Limites de l’autorité de l’évêque
L’autorité du diocèse est absolue en matière pastorale. Mais elle est limitée pour tout ce qui concerne les ordres et congrégations religieuses, qui ont leur propre organisation et gèrent leurs propres affaires économiques (ce sont par exemple les ordres religieux, et non l’Eglise en tant que telle, qui sont le plus souvent propriétaires des terres exploitées par les monastères ruraux). Au sein de ces ordres, seuls les prêtres relèvent de la hiérarchie épiscopale : les moines, qui sont des laïcs, sont théoriquement indépendants.
En Californie
Le catholicisme est principalement implanté sur les deux côtes américaines, dans les zones où les communautés hispaniques, italiennes et irlandaises notamment sont très représentées. En Californie, l’implantation historique s’est faite autour du Camino Real, un réseau de vingt-et-une missions espagnoles, destinées à évangéliser les indigènes, et qui ont donné leur nom à la plupart des agglomérations construites autour d’elles (mission de Notre-Dame-des-Anges, mission de Saint François, mission de Saint Jacques…). D’où une présence marquée, pour des raisons historiques, d’ordres missionnaires, et en particulier les dominicains, franciscains et jésuites. Le comté d’Orange abrite également une forte communauté de prémontrés. Autre congrégation fortement présente : l’ordre hospitalier de Saint-Jean-de-Dieu, qui gère plusieurs centres de réhabilitation pour anciens toxicomanes et malades mentaux.
De manière générale, après des décennies de recul, le catholicisme est en progression en Californie dans les années 50 : quand MacIntyre (voir plus bas) arrive en poste, le diocèse compte 625 000 fidèles. A sa mort en 1979, ils sont 1.6 millions. Cette progression est due autant à l’avancée démographique (notamment de la population hispanique) qu’à l’action missionnaire, réelle et efficace, du clergé local.
Le cardinal MacIntyre
Irlando-américain d’origine modeste (père américain de deuxième génération, d’abord ouvrier dans le bâtiment puis policier au NYPD; mère immigrante irlandaise, femme de ménage), James Francis Aloysius MacIntyre est l’archevêque de Los Angeles depuis 1948, date à laquelle il a été transféré depuis New York. Dès son arrivée, il a marqué la différence avec son prédécesseur, connu pour ses positions politiques très droitières et sa fréquentation de la bonne société. MacIntyre a tenu à conserver une cure (à l’église Saint-Basile), où il exerce une activité de prêtre comme les autres. Par ailleurs, il a été le moteur d’une politique de création de paroisses (26 nouvelles au cours de ses quatre premières années) et d’ouverture d’écoles catholiques, notamment destinées à reconquérir la jeunesse.
Il est également très impliqué dans le rôle social de l’Eglise, étant l’un des principaux soutiens de l’Ordre des Chevaliers de Colomb (ordre laïque de bienfaisance, essentiellement tourné vers l’aide aux plus démunis), dont il a présidé, lorsqu’il était évêque de New York, à la création de la branche féminine. Son soutien à l’ordre lui a d’ailleurs valu quelques polémiques, notamment quand il a déclaré qu’il ne fallait pas en exclure les homosexuels, estimant qu’une telle implication pouvait les aider à se rapprocher de Dieu, et, in fine, à se guérir de leur vice.
Parallèlement, il est très actif dans la lutte contre le communisme et impose à ses prêtres des formations politiques. Il s’est également plusieurs fois exprimé contre la morale, qu’il juge laxiste, véhiculée par Hollywood. Au sein de son diocèse, il est en lutte à la fois avec les plus conservateurs et les plus libéraux, ces derniers étant représentés par l’ordre des Soeurs du Coeur Immaculé de Marie, qui promeuvent le libéralisme, l’abandon des habits religieux traditionnels et une action directe dans le monde ouvrier (équivalent féminin, et sans la prêtrise, des mouvements de prêtres-ouvriers).
Dans l’ensemble, MacIntyre a la réputation d’être un homme austère, excellent gestionnaire, rigoriste et puritain sur la plan des moeurs mais pratiquant la charité de manière réelle. Il a été créé cardinal en 1953.

Au niveau paroissial
Dans une paroisse donnée, il y a un seul curé mais il peut être assisté de plusieurs autres prêtres, les vicaires. Une paroisse est généralement géographique, mais des prêtres sine cure peuvent recevoir des paroisses personnelles, correspondant à des missions spécifiques. C’est par exemple le cas des prêtres ouvriers, ou encore des prêtres chapelains d’unités militaires. Ainsi, Jo est affecté à une paroisse personnelle, correspondant à une pastorale tournée vers les personnes surtout disponibles la nuit. Du point de vue de la hiérarchie ecclésiastique, c’est une vocation un peu particulière, mais qui n’est pas si étonnante que cela : on s’attend par exemple à ce qu’il soit à l’écoute des prostituées, des gens travaillant dans la restauration, etc.
Les prêtres de la paroisse sont secondés par des diacres (des clercs, habilités à se charger de certaines missions religieuses mais pas d’administrer les sacrements), mais aussi et surtout par deux groupements (qui se confondent souvent, surtout dans les petites paroisses) : le conseil pastoral (groupement de fidèles intervenant sur toutes les affaires religieuses) et le conseil paroissial (l’association laïque qui se charge de faire vivre la paroisse : organisation d’événements, entraide, charité, kermesses…).
Zoom sur Venice
Jo a rang de vicaire de la paroisse et il dispose par ailleurs d’une paroisse personnelle liée aux activités nocturnes. A ce titre, il touche un petit traitement du diocèse (300 US$ par mois, ce qui est un petit peu moins que le salaire d’un instituteur). Le curé en charge de la paroisse est Michael Moreno, qui assure la plupart des activités quotidiennes et diurnes. C’est un homme dont la famille est dans les « affaires » depuis assez de générations pour savoir qu’il y a des questions qu’on évite de poser. Pour lui, Jo est un rejeton d’une famille mafieuse, devenu prêtre sans doute par convenance, et à qui on a offert un poste tranquille; il ne connait pas l’existence des Vampires mais sait qu’il y a des questions qu’on ne pose pas.
