Une brève histoire de la Famille

Si l’on doit résumer l’histoire de la Famille, c’est avant tout une histoire de victoires et de succès. Pour dire les choses en quelques mots : au Moyen-Âge, un Vampire très puissant mais complètement fou donna l’Etreinte au patriarche de notre famille ; se rendant compte d’à quel point son Sire était dément, notre ancêtre le tua et s’empara de son pouvoir. Puis, comme ses propres ancêtres avaient établi la richesse de la famille, il établit la puissance du Clan. Tous les autres Clans furent jaloux, et nous rejetèrent, mais nous sommes toujours là. Sans la protection de la Camarilla ni celle du Sabbat, et pourtant craints des deux sectes. Quant à notre avenir, c’est bien simple : nous allons gagner.

Bon, maintenant, examinons les détails…

Antiquité

Avant d’être un Clan, les Giovanni sont une Famille. Une grande et belle famille, dont les racines plongent profond. Nos plus lointains ancêtres connus, la gens Ioanus, était une famille d’origine étrusque, établie aux limites de l’Italie et de la Gaule Cisalpine, et qui fut intégrée dans la classe patricienne romaine juste après la Guerre Sociale.

A l’époque déjà, nous étions versés dans les sciences occultes : le nom Ioanus vient certainement du dieu Janus, auquel notre famille était consacrée. Le dieu des portes et des passages, par le monde et dans l’après-vie. Un beau dieu, pour une famille de marchands qui se passionne pour l’Autre Monde.

N’oublie jamais cela : nous avons été une Famille avant d’être un Clan. Les autres Clans se moquent de notre petit millénaire d’existence. Mais en réalité, en tant que groupe, nous sommes tout aussi anciens qu’eux. Et dès cette époque, nous pratiquions l’Art Noir. Après tout, à l’époque romaine, le culte des ancêtres était une pratique courante. Nous sommes juste allés un tout petit peu plus loin : nos ancêtres étaient vraiment là, parmi nous, invisibles mais présents, et ils veillaient sur le destin de leurs descendants.

Toutes les familles romaines priaient les lares du foyer et craignaient l’influence néfaste des lémures. Mais nous, nous pouvions réellement les percevoir. Et percevoir également la présence de celui que nous avons appris à nommer Dis Pater, faute d’un meilleur nom. On ne sait pas si Dis Pater est vraiment le fondateur de notre lignée, ou s’il s’agit seulement de l’esprit le plus ancien ayant survécu jusqu’à nous. On ne sait pas non plus quel est son véritablement nom (seul Augustus doit le savoir, je pense). Mais le fait est qu’il a toujours veillé sur la famille, et qu’il est, aujourd’hui, le plus vieux, le plus puissant, le plus fidèle de tous nos serviteurs fantômes.

Moyen-Âge

Dès la fin de la période impériale, nous avions quitté Padoue et Ravenne pour nous installer dans ce qui allait devenir Venise. Au fil des siècles, Ioanus est devenu Iovanus, puis Giovanus (Giovani en Italien ou au génitif). Le second N est arrivé vers le milieu du Moyen-Âge, va savoir pourquoi…

Toujours est-il qu’autour de l’An Mil, nous étions une fière et riche famille d’armateurs et de marchands vénitiens, qui, dans le secret de ses palais, pratiquait la sorcellerie, invoquait les esprits et discutait avec les démons. Dès cette époque, nous avions choisi une politique de discrétion : si des membres de la famille ont toujours siégé au Concile Majeur, nous n’avons jamais essayé d’avoir un doge. De même, nous avons eu beaucoup de cardinaux, mais jamais de pape. C’est bien mieux ainsi. Cela évite bien des ennuis. Il faut dire que nous avons été pas mal refroidis : autrefois, la Famille a tenté de pousser vers l’avant un de ses membres, qui est devenu Empereur Byzantin. Bon, il a régné un an, avant de se faire assassiner. Depuis, on a changé de stratégie.

Cappadocius

A cette époque, le patriarche de la famille, Augustus, celui qu’aujourd’hui les jeune appellent Oncle Augie, a fait la rencontre de Cappadocius, un très vieux et très puissant vampire (oui, nous ne sommes pas comme ces crétins de la Camarilla ou du Sabbat : dire « vampire » ne nous fait pas peur ; eux préfèrent dire Caïnite … grand bien leur fasse, et que ça ne t’empêche pas de le faire en leur présence, ne serait-ce que par politesse ; mais quand nous sommes entre nous, pas la peine de se cacher derrière son petit doigt). Cappadocius était membre de la Troisième Génération : l’un des treize fondateurs de Clans originaux, l’un des Petits-Infants de Caïn (si toutefois Caïn a existé et est autre chose qu’une simple métaphore, ce qui est une autre paire de manches). Bien entendu, Cappadocius n’est pas son vrai nom : il n’a été appelé ainsi que parce que son Clan s’était installé dans les monastères de Cappadoce. Son nom véritable était sans doute perdu depuis bien longtemps, déjà à l’époque ; mais sache qu’on l’a aussi appelé Ashur, Abu Lazar, Sargon (et c’est amusant, parce qu’on parlait de Caïn à l’instant, et l’un des titres du Sargon historique était Le fils de personne), Laodice, Kizzura, Anubis et bien d’autres encore.

Cappadocius venait, quand il a rencontré Augustus, de massacrer les deux tiers de sa descendance. Figure-toi que quelques années auparavant, il s’était éveille de sa Torpeur et avait convoqué tout son Clan dans un monastère, quelque part en Cappadoce, justement. Monastère énorme, et en grande partie troglodyte, et d’ailleurs il y a maints membres de notre Famille qui aimeraient bien savoir où il est aujourd’hui … tu vas comprendre pourquoi.

Bref : les voyages étant ce qu’ils sont au Moyen-Âge, les Cappadociens mettent des mois à arriver. Mais ils arrivent. Tous ou presque : certains sentent que ça va mal finir et ne viennent pas (les Lazaréens, du nom de Lazare, l’Infant de Cappadocius qui les dirigeait). La majorité du Clan finit par être présente. Alors Cappadocius leur pose quatre questions : Y en a-t-il parmi vous qui ne savent ni lire ni écrire ? Y en a-t-il parmi vous qui n’ont jamais contribué à la construction d’une église, d’une mosquée ou d’une synagogue ? Y en a-t-il parmi vous qui ne suivent pas la Via Caeli (la Voie des Cieux : un code de morale religieuse médiévale) ? Y en a-t-il parmi vous qui ne cherchent pas la réponse à la Grande Enigme (sans préciser ce qu’est cette énigme) ?

Tous ceux qui se manifestaient après une question étaient emmenés dans la partie troglodyte du monastère, de sorte que les autres ne savaient pas s’il s’agissait d’un honneur ou d’une punition. Quand les questions ont été terminées, Cappadocius a simplement dit à ceux qui restaient de s’en aller, et de mener leur existence comme ils l’entendaient. Puis il a fait sceller les accès du monastère troglodyte et a laissé ceux qui y étaient enfermés crever. On dit qu’ils étaient douze-mille là-dedans. Logiquement, ils se sont bouffés les uns les autres, et les quelques survivants sont en Torpeur.

Augustus et le Clan

Cappadocius venait donc d’éradiquer une part importante de son propre Clan, et il avait besoin de sang neuf. Quand il a rencontré Augustus, il s’est dit que c’était la personne qui lui fallait : un homme dynamique, ambitieux, connaissant les secrets de la Mort, et qui était à la tête d’une vaste famille à la fois lettrée, catholique, pratiquante et s’intéressant aux énigmes et aux secrets.

Voici donc Augustus devenu un Vampire. Alors tu te dis sans doute que du coup, tous les vampires du Clan Giovanni descendent de lui. Eh ben non, ça n’est pas si simple. On parlera plus tard des bastardi, mais d’ores et déjà, il y a la question des Premascines. Les Premascines, ce sont des membres du Clan Cappadocien qui se sont ralliés à nous mais ne sont pas les Infants d’Augustus. Mais beaucoup de Premascines sont quand même des membres de la famille Giovanni. Simplement, ils ont été Étreints par d’autres Cappadociens que Cappadocius ou Augustus. Tu suis ? De toute manière, techniquement, le Clan Giovanni est bien le Clan Cappadocien…

Il faut bien se dire que cette histoire d’Etreinte a été présentée à Augustus comme un deal : il apportait au clan Cappadocien les secrets de la Nécromancie et en échange, il obtenait la vie éternelle. Dit comme ça, ça semble équitable. Mais en réalité, ce qu’il obtient, c’est une éternité de ténèbres et de servitude, à la botte d’un Antédiluvien dément. On raconte d’ailleurs que les Cappadociens n’avaient pas été les premiers à nous approcher : d’autres s’intéressaient aussi à nos secrets ; c’est sans doute d’ailleurs pour cela qu’Augustus a pu négocier : il se mettait certes au service de vampire, mais pas question de recevoir un sang faible. Il a bien fait savoir aux Cappadociens qu’il avait aussi des offres des Ventrues et des Tremeres. C’est parait-il comme ça qu’il a pu obtenir le sang du patron, en faisant monter les enchères.

Diablerie en légitime défense

Bon, les siècles passent, la Famille et la lignée vampirique se développent … et une nuit, Augustus se rend compte que Cappadocius est complètement fou. Il a de grands plans pour, grâce à la Nécromancie, accéder à l’Autre Monde, trouver Dieu … et le Diabler ! De plus, il n’en a pas terminé avec ses histoires de génocide de sa propre descendance. Il s’apprête à en remettre une couche, et lui, Augustus, est peut-être bien sur la liste. Alors il prend les devants. Il fait réunir par son Infant Claudius un groupe d’autres Caïnites opposés à Cappadocius, et, avec leur aide, commence par supprimer Japheth (l’Infant de Cappadocius qui veillait sur son sommeil), puis Cappadocius en personne. Claudius dévore Japheth, Augustus dévore Cappadocius. Tout va pour le mieux, la famille est sauvée. Et Dieu aussi, par la même occasion, si ça se trouve.

Enfin sauvée … façon de parler. Éliminer deux salopards n’a pas été suffisant. Tu te doutes bien que le reste du clan (du moins ce qui en restait) n’a pas été content et qu’il a fallu tailler dans le vif. Et ce sans compter la Camarilla et le Sabbat : les deux sectes venaient de se former et se faisaient la guerre ; la Camarilla ne voulait pas de nous (alors qu’elle veut bien des Tremeres … va comprendre…) et nous ne voulions pas du Sabbat. Conserver notre indépendance, avec une Venise coincée entre un Milan sabbatique et une Vienne camariste, n’a pas été une mince affaire…

Bref, il a fallu lutter. Puis la Renaissance est arrivée. Et nous avons aimé la Renaissance. Princes-marchands, avec tout un nouveau monde à explorer et à conquérir, des marchés qui s’ouvrent, des opportunités inédites. Nous avons conquis le monde. Et nous continuons à le conquérir.

Ce qu’il faut bien comprendre, concernant la Diablerie de Cappadocius, c’est que c’est presque de la légitime défense de la part d’Augustus : en définitive il a éliminé un dingue, et gagné la puissance nécessaire pour permettre la survie de la Famille et du Clan. S’il ne l’avait pas fait, qui sait ce qui serait advenu de nous ? Certes, ce n’est pas joli joli, la Diablerie. Mais il y a des fois où on ne peut pas faire autrement. Il y a même des fois, comme on va le voir ensuite, où ça peut être un devoir.

La Grande Promesse et ses suites

Ce qui nous a permis cette expansion à la Renaissance, c’est la Grande Promesse. Un traité, signé en 1528 entre le Cercle Intérieur de la Camarilla et Augustus. Par ce traité, nous promettons de demeurer à jamais apolitiques. Nous ne nous mêlons pas des affaires de la Camarilla, nous ne nous allions pas avec le Sabbat. Et les vaches sont bien gardées. Au passage, et par ce même traité, la Camarilla s’interdit de nous persécuter en tant que Clan. Bien entendu, si tu fais une bêtise, un Prince peut très bien te déclarer la Chasse au Sang. Mais uniquement si tu fais une bêtise. Il lui est interdit de te pourchasser seulement parce que tu es Giovanni.

Ce traité nous a permis d’une part de pouvoir nous étendre dans toutes les cités majeures contrôlées par la Camarilla, en jouant sur cette neutralité. Et d’autre part de régler nos petites affaires entre nous. Car le plus beau, dans ce traité, c’est qu’Augustus y est reconnu comme l’Antédiluvien du Clan Cappadocien par le Cercle Intérieur : aux termes du traité, l’élimination de nos ennemis au sein du Clan devenait donc une affaire purement interne, qui ne concernait pas la Camarilla. Certains Cappadociens ont eu beau tenter d’entrer dans la Camarilla pour y chercher protection, ils ont trouvé porte close : les Princes leur ont fait savoir que les affaires de leur Clan se traitaient désormais à Venise.  

D’ailleurs concernant Venise, la Camarilla a aussi reconnu que nous avions la souveraineté dessus. C’est pratique : ça veut dire qu’on a beau être apolitiques, on peut quand même détenir des Domaines. Si tu ajoutes à cela que plusieurs Princes, surtout en Europe, cherchent à conserver absolument de bonnes relations avec nous (ne serait-ce que pour pouvoir profiter de nos services quand ils en ont besoin, ou disposer de petites mains non liées par la Camarilla, ce qui peut toujours servir), ça commence à ressembler à une situation confortable…

Bref : voilà, grosso modo, pour les origines de la famille et ce qui nous amène jusqu’à aujourd’hui.

La Famille et ses familles

La notion de « Famille », pour les Giovanni, doit s’entendre au sens, très étendu, de gens romaine : sont considérés comme des membres non seulement ceux qui appartiennent à la descendance de sang, ainsi que les membres par alliance, mais également les lignées de serviteurs, de familiers, d’alliés proches. Un patriarche (et au sein de la Famille, on est patriarche quand personne de plus important ne vous conteste ce terme) peut très bien décider qu’un Dunsirn, un Putanesca ou autre sera désormais appelé Giovanni. Et un tel honneur peut également, bien entendu, être retiré.

Le plus souvent, cependant, l’intégration d’autres familles passe par des mariages officiels. C’est plus propre. Du coup, il est bien évident que tous ceux que nous considérons comme membres de la Famille ne portent pas le nom Giovanni. Ils peuvent porter le nom d’une branche cadette … ou n’importe quel autre, au gré des alliances et des mariages.

Les branches « cadettes » de la famille, par ordre d’intégration :

Rosselini

Bien entendu, les premières alliances se sont faites avec d’autres familles italiennes. Les Rosselini, originaires de Ravenne, étaient des voisins. Et des voisins qui, eux aussi, existaient en tant que famille organisée depuis l’Antiquité, et, eux aussi, s’intéressaient aux sciences occultes et à la vie après la mort. Si les Cappadociens ne nous étaient pas tombés dessus d’abord, le Clan d’aujourd’hui s’appellerait peut-être Rosselini. Aujourd’hui, ils sont très proches de la branche principale de la famille mais ont en général plus d’intérêt pour l’occulte et la religion, et moins pour les affaires matérielles.

Della Passaglia

Famille de marchands au long cours, d’origine génoise. Ils tenaient, à la Renaissance, une bonne partie du commerce méditerranéen vers l’Orient. Ils restent à ce jour ceux qui ont, parmi le Clan, le plus d’intérêt pour le commerce en général, et, géographiquement, pour l’Asie. Les comptoirs Giovanni au Machrek, en Inde ou en Chine sont généralement établis par eux.

Ghiberti

Une autre famille italienne, originaire de Naples. Ils se sont beaucoup investis dans le commerce triangulaire et ont fait partie des premiers d’entre nous à mettre le pied dans le Nouveau Monde et à y établir des bases permanentes. On les trouve également dans nos comptoirs africains. Ils auraient d’ailleurs fait entrer dans la Famille quelques bastardi de Shangos africains, pratiquant le Dur-An-Ki.

Putanesca

Siciliens d’origine, ils sont et ont toujours été membres de Cosa Nostra. Ils constituent notre connexion avec la Mafia, et, plus généralement, ceux qui font le sale boulot. Il en faut toujours. Ils sont connus pour leur capacité de rancune : pour un Putanesca, une vendetta n’est jamais oubliée.

Pisanob

Ils ont été les premiers étrangers à être réellement intégrés à la famille. Issus de certaines branches du clergé aztèque, ils ont été remarqués pour leur intérêt envers le monde des morts par ceux des nôtres qui ont participé à la Conquista. Il aurait été dommage que leur savoir se perde.

Dunsirn

D’origine écossaise, les Dunsirn sont entrés dans la Famille au début du dix-septième siècle. Banquiers prospères, avec des intérêts des deux côtés de l’Atlantique, les Dunsirn, comme les Giovanni, s’intéressaient de près à la mort. La famille pratiquait en effet en secret, notamment sur ses ennemis, divers rituels cannibales, dont certains remarquablement efficaces.

Saint-John

Une acquisition du dix-huitième siècle. Lignée de bourgeois érudits britanniques, très proche des cercles maçonniques. Peu nombreux mais généralement bien vus, car efficaces et très versés dans l’occulte.

Hidalgo

Ils n’existent presque plus : autrefois une famille florissante, d’origine espagnole, qui s’était installée au Mexique, ils ont été en grande partie massacrés par le Sabbat. Il en reste quelques-uns, cachés au Mexique ou réfugiés au Texas.

Les familles en Probation

Ce sont celles qui, pour l’instant, n’ont reçu que le don de Probation, et pas encore l’Etreinte. Cela signifie qu’elles comprennent un nombre important de Goules, sont déjà liées au reste de la Famille par de multiples mariages et intégrées aux affaires, mais ne comptent pas encore de Vampires. 

Rothenstein

L’une des rares branches non-catholiques de la Famille : une lignée de Juifs kabbalistes, néerlandais à la base, mais qui a presque disparu des Pays-Bays depuis le dix-neuvième siècle, pour s’installer dans sa quasi-intégralité à New York. Liés d’assez près à la Mafia juive.

Koenig

Une charmante surprise des années 1870, acquise après leur découverte : il s’agit d’une famille d’industriels allemands. Constructeurs et marchands d’armes de guerre, ils pratiquaient également en secret un culte de la Mort, considérant que chacun de leurs produits servait la cause de leur sombre maîtresse. Des gens charmants.

Beryn

Des financiers belgo-luxembourgeois, grands magiciens des flux monétaires et sorciers de l’évasion fiscale, avec des intérêts importants au Congo Belge (c’est ce qui leur a permis de croiser notre route, par le biais des Ghiberti).

Milliner

Une famille d’hommes d’affaires et de criminels irlandais, surtout présents sur la Côte Est des États-Unis. Ce sont les plus récemment arrivés.

Et il y en a d’autres ! De toute manière, à chaque fois qu’on met en Probation une personne, elle espère bien, le plus souvent, emmener avec elle une partie de sa famille mortelle. Celles citées ici sont les familles réellement intégrées ou en cours d’intégration à la Famille par le mariage et par le sang.

Quelle que soit votre famille d’origine, cependant, quand vous vous présentez à un membre de la Camarilla ou du Sabbat et devez lui donner un nom, n’hésitez à prétendre que vous vous appelez Giovanni.  Ou même Giovanni Giovanni.  La plupart s’imaginent que nous portons tous le même nom. Autant qu’ils continuent à le croire.

 Vocabulaire et concepts

De A comme Anziani à V comme Va’a farti fottere

Anziani

Les Anciens du Clan. Plus précisément : on appelle couramment anziani la garde rapprochée d’Augustus et/ou les Anciens résidant à Venise, et gérant les affaires de la maison-mère.

Anniversaires

Les Giovanni fêtent leur anniversaire d’Etreinte ou de Procuration. C’est généralement le Sire ou le Maître qui fait un petit cadeau à l’Infant ou à la Goule. Mais il arrive que certains en fassent de grandes fêtes.

Argent

Oui, la Famille est très riche. Mais ce n’est pas le cas de tous ses membres à titre individuel. La plupart du temps, on préfère que les gens travaillent, quel que soit leur business : ça forge le caractère et ça crée des compétences. Mais on essaie aussi de tenir vaguement à l’œil, même de très loin, tout un chacun, afin que personne ne tombe jamais dans la vraie misère.

Bastardi

Les Giovanni sont une Famille avant d’être un Clan. Et comme n’importe quelle famille, elle a ses bâtards. On appelle bastardi les membres de la Famille qui sont Étreints par des vampires d’un autre Clan. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose. Surtout s’ils sont capables de se souvenir qu’ils doivent loyauté à leur Famille et à nulle autre cause, nul autre groupe. Il est rare qu’ils grimpent très haut dans la hiérarchie visible du Clan mais, s’ils font leurs preuves, ils ne sont pas rejetés pour autant. Il y aurait plusieurs bastardi parmi les conseillers proches d’Oncle Augie.

Le statut des bastardi est facilité par un fait qui semble universel dans les autres Clans : la tendance à oublier complètement que peuvent exister des loyautés datant d’avant l’Etreinte et que pour certains, leur origine mortelle est plus importante que le pedigree de leur Sire. Cela étonne toujours certains (Ventrues et Lasombras, en particulier).

Business

Non, tous les Giovanni n’ont pas directement à voir avec la Mafia. C’est vrai pour certains, mais on trouve aussi beaucoup, au sein de la Famille, de simples jet-setters (pour ceux dont les parents sont riches), d’avocats, de banquiers (surtout les Dunsirn), de diplomates. Quelques militaires, également. Un bon paquet d’érudits, d’occultistes, de rentiers. Et sans compter les croque-morts, toujours utiles, les médecins, quelques prêtres. Et … bon, oui, quand même, un bon paquet de mafieux. Mais qui ne représentent qu’une forte minorité.

Il est également très inexact de croire que tout ce qui concerne la Mafia est sous le contrôle des Giovanni : de même que tous les Giovanni ne sont pas mafieux, tous les mafieux ne sont pas sous influence Giovanni. Bien d’autres influences existent au sein de la Pieuvre. Il est fréquent que les Giovanni y côtoient des Ventrues, des Lasombras, des Brujahs, quelques Nosferatus, des Assamites … et même parfois des Garous. Sans compter une très forte majorité de simples mortels, pas toujours moins dangereux que les créatures surnaturelles.

Capo

Le chef d’opération local. Peut ou non être le Don. Il est fréquent que le Don d’une zone importante s’entoure d’un ou de plusieurs capi, chargés de secteurs d’activités spécifiques.

Catholicisme

On ne vous demandera pas si vous croyez en Dieu. Mais il est important d’aller régulièrement à la messe. Ça fait partie des traditions et ça permet de voir la Famille. Quand on fait remarquer que certains ne sont pas croyants, que les Rothenstein sont juifs ou que les Della Passaglia ont parmi eux des bouddhistes et même des musulmans, la réponse consiste généralement en un haussement d’épaule et en un : « Tant mieux pour eux si ça leur fait plaisir. Mais c’est pas une raison pour rater la messe ! »

Cugino

Entre eux, les membres du Clan s’appellent volontiers cousin : cugino ou cugina.

Diablerie

Pas si courante qu’on pourrait le croire, malgré les origines du Clan. En fait, elle est surtout pratiquée en interne, notamment en cas d’exécution. Quand un Nouveau-Né a fait une très grosse bêtise, et qu’il faut en venir à le tuer, c’est souvent par Diablerie que son Sire met fin à son existence : symboliquement, il reprend le Sang qui lui avait été donné.

Pour le reste … on est comme tout le monde : si quelqu’un est connu comme Diaboliste régulier, il est mal vu. Personne n’aime fréquenter quelqu’un qui te considère comme de la bouffe.

Reste qu’on a cette réputation auprès de la Camarilla, et que ça nous colle à la peau. Mais bon, s’il fallait virer de la Tour d’Ivoire tous ceux qui ont tué leur Sire, Diablé ou trahi, il ne resterait plus grand-monde pour leurs bals…

Dîme et cadeaux

Les Goules, ainsi que les membres du Clan, doivent s’acquitter de la Dîme. S’ils ne le font pas, personne ne le leur rappellera, et personne ne le leur reprochera. Mais ce sera noté. Et sans doute pas oublié de sitôt.

La Dîme est tout simplement un cadeau, généralement de valeur, fait à son maître, à son Sire et/ou au Don, et plus généralement à tout membre respecté de la Famille et du Clan que l’on fréquente (dans le doute, ne pas hésiter à multiplier les cadeaux). Ce cadeau peut prendre la forme d’argent, d’objets, de services, de Calices, d’Entraves, etc. Tant qu’un Nouveau-Né n’est pas libéré, c’est son Sire qui paie sa Dîme pour lui. On verse généralement la Dîme pour la Saint-Marc.

Dis Pater

On ne sait pas vraiment qui il est, même si on prétend qu’il est le plus vieil ancêtre de la Famille. On sait aussi qu’il est lié de près à Augustus et aux anziani. Mais selon quels termes ? Mystère. Toujours est-il que la Famille le révère comme son saint patron et le fête pour la San Isidorio. Il arrive de temps à autre qu’un jeune exalté prétend lui avoir parlé, et avoir reçu de lui des oracles. Le plus souvent, c’est un mensonge. Mais il arrive que ce ne soit pas le cas.

Don

Le Giovanni le plus influent d’une région est appelé le Don. On ne s’octroie pas ce titre : on est reconnu comme tel par les autres. Comme beaucoup d’autres titres au sein du Clan, il est informel. Jamais les anziani ne vous nommeront « Don de telle ville » ; par contre, les cugini de la région pourraient bien, un jour ou l’autre, venir vous voir en vous appelant Don Giovanni. C’est cela qui fera de vous un Don. C’est généralement signe d’une certaine réussite (et que les cousins ont quelque chose à vous demander).

Plus généralement, on appellera don à peu près n’importe quel membre du Clan ou de la Famille à qui on souhaite témoigner de son respect. On fera alors suivre don ou donna du prénom de la personne. A l’inverse, on dira Don Giovanni (quel que soit le nom de famille réel de son interlocuteur) pour s’adresser au Don en tant que chef régional.

Doppio Sangue

Sang double : une personne qui a été Etreinte dans le Clan mais n’était pas membre de la Famille à l’origine.

Entrave

Un objet auquel un spiritto est lié. Souvent un souvenir de sa vie, un morceau de son corps ou autre. On ne peut normalement pas créer une entrave : il faut l’identifier et la trouver. Grâce à une Entrave, un bon nécromancien gagne de l’autorité sur l’esprit et peut communiquer avec lui. Les Entraves avérées et fonctionnelles sont l’une des monnaies d’échange courantes au sein du Clan et des Dîmes généralement appréciées.

Fête de Saint Isidore (4 avril)

Parce que c’est du 4 avril 1444 que daterait le trépas de Cappadocius, les Giovanni célèbrent une messe spéciale en ce jour de Saint Isidore. C’est également devant la statue de San Isidorio qu’ils déposent bougies et offrandes à l’attention de Dis Pater.

Fête de Saint Marc (25 avril)

Le saint patron de Venise ne saurait être oublié. Où qu’ils se trouvent dans le monde, les Giovanni célèbrent la Saint-Marc. C’est l’occasion de se réjouir et d’échanger des cadeaux. C’est également considéré comme un jour faste : un enfant né autour de la Saint-Marc sera souvent promis à l’Etreinte. Une Etreinte réalisée la nuit de la Saint-Marc est supposée porter chance au Sire et à l’Infant.

Fête de Saint Auguste (7 octobre)

Le saint patron d’Oncle Augie ! Il faut bien le fêter ! Il est de coutume, pour l’occasion, qu’un Don réunisse toute la Famille pour une grande soirée. Être invité à Venise pour le 7 octobre peut être le signe d’une très grosse promotion à venir. Ou d’une disparition sans préavis.

Hiérarchies internes

La hiérarchie au sein du Clan Giovanni est floue. C’est avant tout une question d’âge, de prestige, d’influence et de réalisations personnelles. Une question de faveur de la part des anziani, aussi.

Il existe toutefois des tendances globales : tout le monde ne semble pas avoir les mêmes chances d’accéder à des positions de leadership. Quelques tendances (pas forcément par ordre d’importance) :

Le sexe

Oui, les Giovanni sont machos, et ils n’en font pas mystère. Il y a bien plus d’hommes que de femmes parmi les anziani, et très peu de femmes Don. D’ailleurs dans l’ensemble, ils Etreignent plus d’hommes que de femmes (les femmes représentent environ un quart du Clan). Mais bon, quand on y réfléchit … il y a combien de femmes, parmi les Princes, les Justicars ou au Cercle Intérieur ? Pas des masses non plus. Je crois bien qu’il n’y a que le Sabbat qui soit à peu près égalitaire.

La tendance à Etreindre plus d’hommes que de femmes vient aussi de considérations pratiques : outre les problèmes relationnels qu’une femme peut rencontrer (voyager seule, par exemple), la Famille s’attend à ce que ses femmes fassent des enfants. On aura donc tendance à ne les Etreindre qu’une fois leurs gamins déjà éduqués. Ce qui peut rendre problématique pour elles le fait de briller suffisamment pour mériter la Probation.

La lignée

Les enfants mortels d’un membre du Clan ont souvent plus de chances que les autres d’être Etreints ou de parvenir à des places de pouvoir.

Le sang

Les primi et les unici ont généralement la préférence sur les doppi, et bien entendu les bastardi. Il n’existe pas de Don qui soit un bastardo.

La nationalité et la culture

Les Italiens, ou, a minima, les italophones, ont souvent la priorité. Parmi les Italiens, il est évident que les Vénitiens auront la préférence. Et parmi les Vénitiens, ceux dont la famille est de Malamocco ou de Torcello seront souvent privilégiés.

Le plus fort en gueule

Oui, ça compte aussi.

Bien entendu, aucun de ces éléments n’est absolu : le respect que l’on reçoit de la Famille et du Clan est un savant cocktail, qui dépend de tout cela, mais aussi de ses réalisations personnelles, de ses soutiens et amitiés, de l’ampleur de sa descendance (mortelle comme vampirique), de la quantité et de la qualité de ses influences, et ainsi de suite.

Inceste

Faut pas croire tout ce qui se raconte. On ne se marie pas si souvent que cela entre cousins. Entre cousins au premier degré, en tout cas.

Lazaréens

Les Cappadociens ayant suivi Lazare, et donc échappé au massacre commis par Cappadocius. La plupart ont disparu de la circulation dès avant l’Etreinte d’Augustus. Depuis, on est sans nouvelles. Amis ? Ennemis ? Mystère. A chaque fois qu’on découvre une lignée mineure qui a des notions de nécromancie (comme les Samedi, ou encore les Nagaraja), on se demande si ce ne seraient pas des Lazaréens. Mais aucune preuve tangible pour l’instant.

Malédiction de Lamia

C’est ainsi que l’on nomme l’affliction qui touche tous les Giovanni : leur Baiser (le fait de se nourrir sur un humain) est bien plus dangereux et difficile à supporter pour un mortel que celui des autres Vampires. Cela rend les chasses difficiles et oblige le plus souvent à créer une forme ou une autre de Troupeau.

Mariage

Le mariage, mais également tous les autres liens de famille, perdurent après la Procuration ou l’Etreinte, et on s’attend à ce que l’individu remplisse ses devoirs envers la Famille, quel que soit son statut.

Le mariage fait entrer de plein droit une personne dans la Famille au sens large. Il est donc courant que des membres de la Famille contractent des mariages sur ordre de leur Don ou des anziani, afin d’intégrer de nouveaux alliés. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne se marie pas aussi par amour chez les Giovanni. Ça peut arriver. Ça n’est pas interdit.

Messe

On ne badine pas avec la religion ! La plupart des Procurations ou des Etreintes sont faites à la suite ou pendant une messe solennelle.

Nigrimancia

La Nécromancie, pratiquée par un certain nombre de Goules et de Vampires du Clan. Tout le monde ne s’y intéresse pas forcément mais il y a un certain prestige à être un bon nécromant. Les esprits peuvent rendre toutes sortes de services et être utiles à bien des choses. Reste que la Nécromancie est un art dangereux et cher (en temps, en énergie, en puissance de volonté, en risques…) : aussi ceux qui se consacrent uniquement à son étude sont-ils souvent considérés comme un peu étranges, ou jouant avec le feu.

Nonno / Nonna

« Grand-père » ou « Grand-mère » : au sein de n’importe quel groupe social Giovanni, le plus vieux membre (toutes années comptées, mortelles comme vampiriques : un vieil humain peut donc être vu comme plus ancien qu’un jeune Nouveau-Né) est toujours considéré avec respect. Il ne dispose pas forcément d’une autorité directe mais si, par exemple, le Don s’avère être plus jeune que lui, il est rare qu’il fasse quoi que ce soit d’important sans consulter le Nonno avant.

Padrone

Le Don le plus influent d’une vaste zone territoriale. Les délimitations des zones d’influence des différents prétendants à ce titre ne sont pas fixées. Pas davantage que leur attributions précises. Ni que leur mode de désignation. Tant qu’un Padrone continue à bien servir la Famille et le Clan et est assuré du soutien des anziani (soutien qui implique le plus souvent de très généreuses Dîmes), il tend à rester en place. Mais cette place ne dure que tant que personne n’est capable de prouver qu’il ferait mieux le boulot.

Premascines

Les membres du Clan qui sont techniquement des Cappadociens Etreints au sein de la Famille Giovanni. Rien ne les distingue particulièrement des autres anziani mais certaines lignées peuvent avoir des spécificités. Exemple : Andreas Giovanni est l’Infant d’Umberto Rosselini, lui-même Infant d’Ambrogino Giovanni, Infant de Constancia (Cappadocienne), Infante de Japheth.

Primo Sangue

Les membres du Clan Giovanni qui viennent de la branche principale de la Famille Giovanni. On dit aussi un primo, des primi.

Procuration

On appelle Procuration le passage par l’état de Goule, qui est quasiment toujours le passage obligé avant d’espérer atteindre le statut de membre du Clan à part entière. Certains restent Goules toute leur existence, d’autres ne font qu’un passage assez bref dans cet état. Tout dépend des capacités personnelles et de l’avis de votre Don.

Beaucoup de membres de la Famille connaissent la coutume de la Procuration. Plus exactement : ils savent que parfois, certains sont choisis pour une sorte d’initiation, et que cette initiation leur donne accès à des droits et des ressources supplémentaires, en les faisant entrer dans les petits secrets de la Famille. Certains cherchent à se faire remarquer pour obtenir une Procuration, d’autres à l’éviter à tout prix. Personne ne sait exactement pourquoi on choisit quelqu’un pour la Procuration, et c’est tant mieux : ça permet à tous ceux qui cherchent à l’obtenir de rester dans une saine concurrence. En réalité, pour recevoir la Procuration, il faut avoir été remarqué. Et pour avoir été remarqué, il faut être remarquable. Exceller à quelque chose est une très bonne façon de se montrer remarquable.

Il est très mal vu de donner l’Etreinte à quelqu’un sans passer par la Procuration. Bien entendu, la Procuration crée un Lien de Sang. Mais comme l’Étreinte entraîne la mort clinique du corps, il existe un moyen (et qui est généralement utilisé) pour que le Lien disparaisse après l’Etreinte. Cela correspond à une marque de confiance envers le Nouveau-Né, qui n’a plus, désormais, besoin d’être Lié pour bien servir.

N’importe quel membre du Clan peut octroyer la Procuration. La coutume veut cependant que la future Goule soit d’abord présentée à la Famille et au Clan local, de préférence au cours d’une messe ou à l’occasion d’une réunion familiale. Il s’agit toutefois d’une présentation, non d’une demande d’autorisation.

Priorités

Le Clan protège la Famille : il n’est pas question de sacrifier la Famille à des intérêts vampiriques. Sacrifier des pions, voire des Goules ou des Infants … oui, ça arrive. Mais faire du tort à la Famille, pas question.

Ultimo Giorno

Quand l’Etreinte a été préparée de longue date, il est de coutume de la faire précéder d’un Dernier Jour durant lequel, d’une part on s’y prépare (rasage, épilation, coiffure, etc…), et d’autre part, on s’adonne à tous les plaisirs qu’on n’aura plus l’occasion de goûter par la suite. Il est déjà arrivé que de futurs Etreints meurent durant leur ultimo giorno (overdose, pratiques érotiques dangereuses…). Mais il arrive aussi que d’autres soient plus modestes et se contentent de profiter une dernière fois de la cuisine de leur maman.

Spettro

Un fantôme incontrôlé, et souvent violent.

Spiritto

N’importe quel fantôme, mais le plus souvent un fantôme sous contrôle.

Sudario

Le Voile : la séparation entre le monde physique et le monde des morts. On surnomme sudarii les Giovanni qui s’intéressent particulièrement à l’Outre-Monde.

Traditions

Les Traditions de la Camarilla ne sont pas inconnues des Giovanni, qui en réalité les pratiquent quasiment toutes, sans les nommer. Il y a d’ailleurs souvent un certain amusement à l’égard des camaristes, qui mettent de grands mots et des principes essentiels derrière ce qui relève le plus souvent du simple bon sens.

Présentation

On n’est pas obligé de se présenter au Don d’une cité qu’on visite. Mais bon, si on veut s’éviter d’être mal vu, on le fait. De même, on n’est pas obligé de se présenter au Prince local, puisqu’on ne dépend pas de lui. Mais si on compte faire du business avec sa cour, c’est mieux.

Domaine

Personne ne déclare expressément que telle ou telle chose est son Domaine personnel. Mais personne n’est assez bête pour faire semblant de croire que le refuge, le troupeau, les influences ou les sources de revenus d’un vampire ne lui appartiennent pas en propre. Personne, non plus, ne doute qu’en cas de conflit avec un autre membre du Clan, il vaut mieux en référer au Don local.

Progéniture et Responsabilité

En théorie, quand on souhaite faire entrer quelqu’un dans le Clan, il faut avoir le soutien d’un anziano et proposer son protégé pour recevoir l’Etreinte. Les anziani, s’ils acceptent, décident ensuite qui deviendra le Sire. La coutume veut que ça ne soit jamais celui qui a présenté le candidat. C’est un grand honneur que d’être choisi pour Etreindre un cugino, et cela ne se refuse que difficilement, même si on déteste le cousin en question.

Le plus souvent, les anziani évitent de laisser une même branche de la Famille Etreindre trop ou trop vite en son propre sein, et aiment bien obliger des Vampires qui ont le vent en poupe à prendre du temps pour s’occuper d’un Nouveau-Né venu d’une autre branche de la Famille. Etreindre son propre enfant mortel est un honneur exceptionnellement rare, et toujours le résultat d’une faveur particulière.

Tout ça, c’est en théorie. En pratique, il y a bien entendu des Etreintes sauvages. Il y a aussi, parfois, des villes où le Don estime que son propre jugement vaut bien celui d’un anziano. Il est toutefois rare qu’il ne demande pas, au minimum, l’avis de son propre Sire. Car après tout, le Sang qu’il s’apprête à donner est celui de son Sire, avant d’être le sien, et il ferait mieux de ne pas l’oublier. Si le père ou la mère du candidat est déjà dans le Clan, il est également courant qu’on le consulte.

Car l’Infant est sous la responsabilité de son Sire, et ce ad vitam aeternam. Si votre Infant déconne, on vous tapera sur les doigts à vous aussi. Bien entendu, il y a un moment où l’Infant est considéré comme éduqué et où on le libère de la tutelle. Mais le Sire garde toujours une part de responsabilité. Et le Sire garde pour l’éternité un droit correctionnel sur sa descendance. A la manière des patriarches de la Rome antique, votre Sire peut très bien décider, une belle nuit, que vous n’avez plus le droit d’exister, ni vous, ni votre descendance. C’est très rare mais ça s’est déjà vu.

Bien sûr, un tel pouvoir va avec des responsabilités elles aussi illimitées : si votre Infant a causé du tort à un autre Vampire et a été détruit pour cela, l’autre Vampire peut très bien vous demander des compensations en plus, par exemple.

Autre point concernant la Responsabilité : les actes d’une Goule sont bien entendu entièrement sous la responsabilité de son maître. Si la Goule est membre de la Famille, il arrivera souvent qu’en cas de bêtise du Maître, on la « sauve » en lui en trouvant un autre.

Mascarade

Les Giovanni ne sont pas suicidaires : même sans la nommer, ils respectent la Mascarade. Y compris au sein de la Famille, d’ailleurs : seuls ceux qui ont reçu la Procuration sont mis au courant de l’existence du Clan. Pour les autres membres de la Famille, celui-ci reste un secret. Bien entendu, tout le monde sait, peu ou prou, qu’il y a « des affaires bizarres » dans la lignée, mais la plupart des membres mortels de la Famille s’imaginent qu’il s’agit seulement de business peu recommandable.

Destruction

Tuer un autre Giovanni est une bonne manière de se mettre à dos son Sire, ses Infants et tous ses copains. Tuer un Camariste est une bonne manière de se mettre à dos toute la Praxis. Tuer un Sabbatique est une bonne manière de se mettre à dos toute une Meute. A part ça, c’est pas formellement interdit.

Entre Giovanni, on considère en général que seul le Sire a vraiment droit de vie et de mort sur l’Infant, et ce en toute occasion. Par voie de conséquence, et en remontant les générations, Augustus a droit de vie et de mort sur tout le monde. Sauf sans doute les bastardi et les premascines, mais si Augustus décide d’en tuer un, soulever un point de légalité en la matière ne semble pas une bonne idée.

Traîtres

La manière de gérer les traîtres dépend en grande partie de leur niveau d’implication et de capacité de nuire. Un mortel non-initié qui trahit la Famille est généralement abandonné à son sort. On n’essaiera pas de le tuer, mais on le privera des ressources de la Famille, et on ne viendra pas à son aide s’il est en danger. Une Goule ou un mortel initié qui trahit la Famille est plus problématique ; à moins de pouvoir le rallier à nouveau, on préférera souvent le tuer, et faire en sorte que son âme continue à servir.

Pour un Vampire, c’est plus variable, et plus délicat. Il n’y a pas d’équivalent Giovanni de la Chasse au Sang. Le plus souvent, un Don préférera en appeler au Sire du Vampire qui pose un problème et lui demander de régler les choses. Il pourra aussi mettre en Torpeur le Vampire et l’envoyer à Venise, afin que les anziani décident de son sort.

Dans tous les cas, quand et si élimination il y a, on tente de la faire discrète, on évite de faire exécuter quelqu’un par un proche ou un ami, et on lui fournit une sépulture.

Unico Sangue

Sang Unique : une personne membre de la Famille et du Clan, qui a été Etreinte par un parent ou un grand-parent, qui devient donc son géniteur à la fois mortel et immortel.

Va’a farti fottere !

Variante vénitienne de Va fanculo. Toujours utile à connaître.

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