Si les secrets magickes du Sexe, qui sont un secret fondamentalement scientifique, étaient parfaitement compris (ce qui me semble très difficile : après douze années d’étude constant et d’expérimentations, je n’ai encore fait qu’effleurer le sujet), il n’y aurait rien de ce que l’esprit humain peut concevoir que l’Homme ne pourrait réaliser en pratique. – Aleister Crowley
Contrairement à ce que son nom peut laisser à penser, la Magie Sexuelle n’est pas une Discipline, ni une forme de magie distincte des autres. Il s’agit d’une pratique, qui peut être associée à l’une ou l’autre des Disciplines rituelles (Sorcellerie, Nécromancie, Thaumaturgie) et qui sert à s’acquitter de tout ou partie du Sacrifice.
La théorie
L’excitation sexuelle, en provoquant chez le sujet qui en bénéficie une altération des sens, est par elle-même de nature à modifier les perceptions, et éventuellement à ouvrir le champ de conscience. Mais la magie sexuelle va bien au-delà : le sexe, en effet, constitue une puissante source de pouvoir magique, et ce pour au moins deux raisons. D’une part, il permet l’union des contraires ; d’autre part, il est l’acte créateur par excellence, puisque c’est à travers lui que se perpétue l’espèce et que de nouveaux êtres voient le jour.
Le magicien averti sait user de ces pouvoirs afin de détourner cette énergie créatrice à son profit et de l’aider à se manifester d’une manière qui corresponde à sa volonté.
La pratique
Pratiquant et Sujet
Le Pratiquant (le magicien) n’est pas forcément le Sujet (c’est-à-dire la personne impliquée dans l’acte sexuel). Toutefois, ce distinguo n’est pas sans conséquence :
- Si le Pratiquant EST le Sujet, il y a un risque pour que le désordre des sens provoqué par la pratique sexuelle rende sa maîtrise du rituel plus difficile : il subit alors un malus à son jet de Sorcellerie égal au niveau de Magie Sexuelle pratiqué. Si le Pratiquant est un Caïnite, ce malus est doublé.
- Si le Pratiquant N’EST PAS le Sujet, il y a un risque de dispersion de l’énergie magique dans des directions secondaires.
- Si le Sujet n’est ni entraîné, ni conscient de participer à un acte magique, le nombre de succès nécessaires est augmenté de 3
- Si le Sujet est entraîné (c’est-à-dire qu’il dispose d’au moins un niveau en Magie Sexuelle) ou conscient de participer à un acte magique (et volontaire pour le faire), le nombre de succès nécessaires est augmenté de 2.
- Si le Sujet est à la fois entraîné et conscient de participer à un acte magique, le nombre de succès nécessaires est augmenté d’1.
- Si le Sujet est un Caïnite, le nombre de succès nécessaires est, en outre, augmenté d’1 point.
Cette augmentation du nombre de succès nécessaires peut considérablement rallonger les lancements, et donc nécessiter de nouveaux Sacrifices.
La Magie Sexuelle en tant que Trait
En tant que Trait, le score en Magie Sexuelle correspond à la connaissance d’un certain nombre de pratiques. Selon l’évolution de son score, le magicien peut maîtriser :
O : 1 seule pratique, niveau O maximum
OO : 2 pratiques de niveau O
OOO : 3 pratiques de niveau O, 1 pratique de niveau OO
OOOO : 3 pratiques de niveau O, 2 pratiques de niveau OO, 1 pratique de niveau OOO
OOOOO : 4 pratiques de niveau O, 3 pratiques de niveau OO, 2 pratiques de niveau OOO
Les Pratiques
Le niveau d’une Pratique indique la valeur maximale de Sacrifice qu’elle peut représenter. Il est possible, quand une Pratique n’est pas suffisante pour s’acquitter de l’intégralité d’un Sacrifice, de la doubler d’une autre Pratique ou de compléter le paiement par du Sang.
Certaines Pratiques sont spécifiquement liées à un Thème de Sorcellerie en particulier. Dans le cadre des autres Disciplines académiques, considérer cette limite selon la logique du rituel et de l’effet recherché. Une Pratique dédiée à un Thème peut être utilisée pour un autre Thème, avec un malus de 1 à son niveau.
Il est à noter que les Pratiques peuvent considérablement rallonger le lancement d’un rituel.
O : Opération Mineure de Sol (pour un homme) ou de Séléné (pour une femme)
La Pratique de Magie Sexuelle la plus élémentaire et basique qui soit : elle consiste tout simplement à ce que le Pratiquant (qui est également Sujet) se masturbe tout en visualisant l’objectif à réaliser. Le Sacrifice est accompli quand le Pratiquant parvient au plaisir, la décharge d’énergie magique suffisant à nourrir un rituel mineur. L’Opération Mineure ne peut contribuer au Sacrifice que d’effets de niveau O ou OO.
O : Opération Majeure de Sol/Séléné
Cette Pratique est double : Sol si le Sujet est un homme, Séléné si le sujet est une femme. Le Pratiquant ne peut pas être le Sujet.
Cette Opération consiste à faire parvenir le Sujet au plaisir, tout en visualisant l’objectif de l’opération magique. Le Sujet, dont la chair est généralement ornée de glyphes et/ou qui est placé dans un cercle magique, ne peut pas ne pas prendre le rapport sexuel pour un acte normal.
O Lucidité éroto-comatique (Divination)
Le Pratiquant doit recevoir l’aide d’au moins trois personnes (ou deux, si elles sont initiées à la Magie Sexuelle). Les assistants ont pour fonction d’amener le Pratiquant à la limite du plaisir et de le maintenir à cette limite, sans jamais la franchir, aussi longtemps que possible. L’état de conscience altéré dans lequel se trouve alors le Pratiquant lui permet d’entrevoir des choses au-delà du visible. Cependant, si le Pratiquant cède au plaisir, tout est perdu et le rituel est entièrement à refaire.
Toutes les 30 minutes, chaque assistant tente un Dextérité + Magie Sexuelle et le Pratiquant un Composure + Magie Sexuelle. Le rituel est accompli lorsque d’une part le Pratiquant réussit son jet, et d’autre part les assistants cumulent au moins autant de succès que la Stamina du Pratiquant. Si les assistants ne parviennent pas à ce chiffre, leur performance n’est pas suffisante pour mener le Pratiquant à l’état d’excitation souhaité. Si le Pratiquant échoue à son jet, il cède au plaisir et le rituel est un échec.
O Rite du Mariage Cosmique
Ce rite a lieu sur une semaine entière et commence le dimanche, où le Pratiquant doit avoir une relation sexuelle avec un homme. Le lundi, il doit avoir une relation sexuelle avec une femme. Le mardi, avec une personne d’un signe astrologique de feu; le mercredi, d’air; le jeudi, d’eau; le vendredi, de terre. Le samedi, le Pratiquant doit s’abstenir de toute relation sexuelle. Le dimanche, le sortilège peut être lancé. Le Pratiquant n’a pas, cette fois, accumulé beaucoup de puissance magico-sexuelle mais il s’est mis en harmonie avec les grandes énergies cosmiques. Aussi ce Rite sera-t-il utilisé pour des sortilèges en rapport avec l’état intérieur, la guérison, etc. Il peut être utilisé sur un Sujet n’étant pas le Pratiquant, à condition que le Pratiquant guide le sujet dans chacun de ses six accouplements. Les six accouplements, d’ailleurs, n’ont pas nécessairement besoin de se faire avec six partenaires différents (une femme du signe du Scorpion, par exemple, ou un homme du signe du Verseau, peuvent parfaitement « servir » deux fois dans la semaine).
O : Rite de la Petite Noce
Un des rites de magie sexuelle les plus simples, puisqu’il consiste à avoir un rapport sexuel avec la cible du sortilège. Le rapport peut ou non être consenti mais il doit être réel et complet. Le rapport tient lieu de Sacrifice. Le sortilège est lancé dès la fin du rapport ou dans les quelques heures qui suivent (avant la prochaine aube ou le prochain crépuscule).
OO Transe Dianiste
Le Pratiquant doit recevoir l’aide d’un Sujet, qui n’est pas forcément conscient du rituel pratiqué. La Transe Dianiste consiste en un simulacre d’union charnelle, mais dans laquelle aucun rapport sexuel réel n’a lieu, les participants étant même généralement vêtus. Le Pratiquant doit amener le Sujet au bord de l’orgasme par des caresses indirectes et des étreintes, sans pour autant « consommer » lui-même. Le sortilège doit avoir été préparé auparavant. Le Sacrifice est accompli quand le Sujet parvient aux limites extrêmes du plaisir … et que soudain tout disparaît, son énergie sexuelle étant toute entière dévorée par le rituel. Le Sujet se trouve alors dans un état de dépression post-coïtale classique, qui généralement va se poursuivre pendant quelques heures.
OO Union alphaïste
Le Pratiquant et les Sujets (trois au minimum) doivent être entraînés à la Magie Sexuelle. Ils se tiennent nus, en méditation, les uns près des autres mais sans se toucher. Une certaine synchronicité étant nécessaire, une musique est souvent utilisée pour rythmer le rituel. Le Pratiquant se tient généralement debout, tandis que les Sujets sont agenouillés ou allongés à ses pieds. Les Sujets doivent s’unir charnellement au Pratiquant, dans leur imagination seulement d’abord : cela permet à leurs énergies sexuelles et magiques de darder vers lui. Puis, vers la fin du rituel, ils commencent chacun une Opération Mineure. La difficulté du rite d’Union alphaïste est que les Sujets doivent parvenir à l’orgasme en même temps ou quasiment. Un jet de Composure + Magie Sexuelle est nécessaire pour chacun des Sujets. Si un seul d’entre eux échoue, le rituel est un échec.
OO Rite de la Grande Noce
Ce rite consiste à visualiser la cible du sortilège et à chercher à l’atteindre par le biais du sexe. Le Rite de la Grande Noce est complet quand le Pratiquant parvient à croire s’accoupler à la cible. Pour cela, il doit méditer au centre d’un cercle magicke et, le plus souvent avec l’aide de drogue ou de pratiques chamaniques, entrer en transe. Des assistants peuvent alors intervenir pour exciter le Pratiquant et lui laisser à penser qu’il reçoit les caresses de la cible mais leur aide doit se limiter aux premières étapes seulement : pour achever le Rite de la Grande Noce, le Pratiquant doit parvenir à l’orgasme sans masturbation physique ni aide extérieure, par la seule force de la transe, tout en imaginant s’accoupler à la cible.
OOO Rite charnel
Le Pratiquant entre en méditation et en une forme de transe, au cours de laquelle il est approché par les Sujets. Le Pratiquant peut être un homme ou une femme mais tous les Sujets doivent être des hommes, et le Pratiquant ne peut avoir qu’un rôle passif/pénétré dans la suite des opérations : il s’agit en effet, tout en restant en méditation, d’accueillir dans son propre corps l’énergie sexuelle des Sujets, ainsi que la puissance de vie transmise par leur semence. Les Sujets doivent être au moins trois mais peuvent être plus nombreux. Pour chaque Sujet au-delà du troisième, le Pratiquant reçoit un bonus supplémentaire de deux dés à son jet de Sorcellerie mais un malus d’un dé au jet de Composure + Magie Sexuelle nécessaire au maintien de la transe et à la bonne marche du rituel.
OOO Chair et sang
Similaire à Rite charnel, mais seulement de manière superficielle : comme dans celui-ci, plusieurs participants vont se relayer sur une personne unique. Au contraire du Rite charnel, cependant, cette personne est le Sujet, et non le Pratiquant. Utilisé comme une forme de réceptacle brut de puissance de vie et de puissance de désir, le Sujet est généralement attaché et/ou drogué, afin de faciliter les opérations. Une fois que le Sujet a été uni à suffisamment de partenaires, il doit entrer dans un état altéré de conscience (d’où l’usage de drogues, si le sujet n’est pas entraîné à la transe ou à la méditation/autohypnose); il est brutalement tiré de cet état par le Pratiquant, qui le fouette soudainement au sang ou, d’une manière ou d’une autre (douche glacée, aiguilles, poignard…), le ramène soudainement à une réalité douloureuse, libérant ainsi en un seul coup la puissance magico-sexuelle accumulée.