
Une majorité des gangs de rue des années 1950, mais également des membres de la jeunesse en général, s’identifient sous l’étiquette Greasers. Les Greasers se reconnaissent à leurs blue jeans, leurs blousons de jean ou de cuir noir (idéalement : un Perfecto couvrant un débardeur blanc), leurs chaussures ou bottes de cuir (Santiag’s pour ceux qui ont les moyens), leur coiffure gominée (parfois en banane) qui demande un entretien régulier et attentionné et leurs lunettes de soleil, portées même la nuit. En France, on les surnommera simplement les « blousons noirs ». Les femmes Greasers portent en général les mêmes blousons que les hommes, recouvrant un bustier échancré et des pantacourts. Un Greaser digne de ce nom sort rarement sans son peigne et son cran d’arrêt.

Les Greasers sont en quelque sorte des pré-punks : ils cultivent la désillusion, le cynisme, le goût pour une attitude provoquante. Ils s’intéressent en général aux motos et aux puissantes hotrods. Ce sont les rebels without a cause à la James Dean, incarnant une jeunesse désabusée. Ils sont pour la plupart issus du prolétariat ouvrier blanc, mais quelques groupes de greasers noirs ou hispaniques existent également. Les Greasers ecoutent du doo-wop, de la country, du rock’n’roll et du rockabilly. Ils idolâtrent Elvis, James Dean, Marlon Brando, et à partir de la fin de la décennie Johnny Cash. Aux yeux de la bonne société américaine, ils incarnent le lien entre rock’n’roll et délinquance.