1920-1929 : le premier âge d’or d’Hollywood

A Hollywood-même, Sunset Boulevard et Hollywood Boulevard ont vu le jour. Les premières mains ont été apposées sur le Hall of Fame. En 1923, des promoteurs immobiliers ont fait dresser les fameuses lettres géantes, indiquant Hollywoodland (les quatre dernières lettres sont encore présentes : elles ne disparaîtront que dans les années 50).

Hollywood continue son développement. En 1926, on estime que 90% de la production cinématographique mondiale est produite à Los Angeles. Et les huit studios installés à Hollywood détiennent conjointement 98% des salles de diffusion et des nickelodeons aux Etats-Unis.

L’année 1925 a vu la sortie du film le plus cher jamais tourné jusqu’alors : Ben-Hur. Succès mondial, et lancement à l’international du genre peplum, qui concurrence le western, jusqu’alors prédominant. Les cantines d’Hollywood voient désormais se croiser mousquetaires, centurions romains, cow-boys et autres.

Certains aménagements légaux ont accompagné le développement d’Hollywood, comme cette loi d’Etat, qui interdit de faire paître des troupeaux sur les zones appartenant aux studios, ou cette autre, de la municipalité de Los Angeles, interdisant aux troupeaux de plus de 2000 têtes de traverser les zones urbaines.

Sexe, scandale et pellicules

Mais l’histoire d’Hollywood, c’est aussi celle des scandales et des tragédies : mort de Rudolph Valentino, à 31 ans seulement, en 1926. Scandaleux mariage de Chaplin avec Lita Grey, âgée de 16 ans seulement (et lui de 35), suite à la découverte de leur relation (le mariage étant le seul moyen pour Chaplin d’éviter l’accusation de viol sur mineure, doublée d’une tentative d’avortement, en 1924). Joan Crawford, alors toute jeune (21 ans à peine en 1925), et déjà rattrapée par son passé quand un film pornographique, tourné en 1922, et dans lequel elle figure, est révélé à la presse par un amant éconduit. Ou encore les sinistres histoires de chirurgie esthétique sauvage ou d’avortements commandités par les studios.

Mais surtout, en 1921, l’affaire Arbuckle. Au cours d’une fête dans un hôtel de luxe à San Francisco, organisée par Roscoe « Fatty » Arbuckle, la grande star comique, la starlette Virginia Rappe est prise de convulsions. Elle décède quatre jours plus tard, et très vite, Arbuckle est accusé d’être la cause de sa mort : Virginia aurait été droguée, molestée, puis violée à plusieurs reprises lors de la soirée. Au cours de trois procès-fleuve, qui vont s’étendre sur 1921 et 1922, la vie privée de stars d’Hollywood est mise à nu, et ce n’est pas toujours beau à voir : on parle drogue, prostitution, pratiques sexuelles diverses et variées (allant du sadomasochisme à la scatophilie), alcool, etc. Arbuckle est finalement acquitté mais l’ombre d’un doute planera toujours, et il ne retrouvera jamais de travail à Hollywood sous son vrai nom. Il réalisera plusieurs films par la suite, sous pseudonyme, mais ne sera jamais revu à l’écran et ses anciens films ne seront plus remontrés en cinéma avant des décennies.

L’autre grande série de scandales de ces années touche l’actrice Mabel Normand, d’ailleurs étroitement associée à Arbuckle (ses meilleurs films ont été tournés avec Arbuckle comme co-star). En 1921, Mabel Normand était courtisée par le réalisateur William Desmond Taylor, qui s’était entiché d’elle et disait vouloir l’aider à se soigner de sa dépendance à la cocaïne. On ignore si leur relation est allée au-delà du flirt, mais le fait est qu’en février 1922, Normand fut la dernière personne à voir Taylor en vie : après l’avoir ramenée chez elle un soir, en rentrant d’un restaurant à la mode, il a été abattu chez lui, dans sa maison de Westlake. Son corps a été retrouvé chez lui. Lors de l’examen des lieux par la police, un homme, se présentant comme un médecin, examina le corps, puis assura que la mort était due à une hémorragie de l’estomac. Le soi-disant docteur s’est ensuite retiré sans avoir été identifié par la police et il fut impossible de le retrouver. Le corps, examiné le lendemain par un médecin légiste, présentait dans le dos un impact de balle de petit calibre, tirée à bout portant au niveau de l’estomac et ayant brisé la colonne vertébrale et traversé l’abdomen. Le pistolet en question ne fut jamais retrouvé. Inquiétée un temps, Normand fut finalement disculpée. Le scandale la rattrapa quand, après avoir témoigné en faveur d’Arbuckle dans son procès, il fut révélé par la presse qu’elle avait été la maîtresse du comique.

En 1924, nouveau scandale : Joe Kelly, chauffeur et garde du corps de Mabel Normand, fut arrêté après avoir blessé par balle Courtland Dines, un millionnaire, propriétaire d’une entreprise d’extraction pétrolière et éminent golfeur, qui venait de rompre avec Mabel. Là encore, Mabel fut disculpée, le chauffeur ayant déclaré avoir agi seul. Deux ans plus tard, en 1926, Mabel Normand enterra définitivement sa carrière : récemment mariée à l’acteur Lew Cody, elle fut accusée par celui-ci d’avoir contacté un médecin véreux afin de pratiquer un avortement, estimant qu’il était « trop tôt dans sa carrière pour tomber enceinte ». Là encore, Mabel fut finalement innocentée, mais le couple en fut brisé, et, malgré l’amitié que lui témoigna toujours Mary Pickford, elle fut définitivement éloignée des studios : trop de fumée pour qu’il n’y ait pas de feu, trop d’odeur de soufre. 

Le ménage à trois : Mabel Normand, Courtland Dines et Edna Purviance

Les débuts du Code

Ces affaires sont l’occasion de la mise en place d’une Black List, ainsi que d’un organe interne à Hollywood, et dirigé par William Hays, encadrant strictement les pratiques de l’industrie du cinéma, sur les plateaux comme hors des plateaux. Le code Hays est publié dès 1922 à titre de suggestion ; il sera officiellement adopté par la MGM en 1927 (et par toutes les autres entreprises d’Hollywood en 1934).

Ce code encourage à ce que les films :

  • Ne portent pas atteinte aux valeurs morales des spectateurs
  • Ne comportent pas, comme acteurs principaux, des personnes à la moralité douteuse
  • Ne présentent jamais leur histoire d’une manière qui puisse faire pencher la sympathie du spectateur en faveur de criminels, de pêcheurs, etc.
  • Ne ridiculisent jamais la police, la justice ni l’Etat américain
  • N’accordent pas de sympathie aux personnages de type gangster ou « femme perdue », sauf si c’est pour mettre en scène leur rachat moral
  • Ne montrent aucun détail anatomique sanglant, dans les scènes de combat ou de meurtre
  • Ne soient pas didactiques en ce qui concerne les méthodes criminelles
  • Ne présentent jamais de personnages positifs consommant de l’alcool ou de la drogue, sauf à leur corps défendant (forcés ou trompés par un méchant)
  • Ne présentent jamais l’adultère ou les rapports sexuels non-conjugaux sous un jour positif
  • Ne présentent jamais de « passion excessive »
  • Ne présentent jamais de rapports ou de relations homosexuels
  • Ne présentent jamais un homme et une femme dans le même lit, même habillés.
  • Ne présentent jamais de scène de viol, même de la part d’un méchant.
  • Ne présentent aucune relation sentimentale ou sexuelle interraciale, même si cette relation est négative dans l’histoire (cette interdiction amènera par exemple, pour des histoires sentimentales supposées se situer en Asie, à refuser des actrices chinoises pour le rôle principal, en raison du fait que la vedette masculine, jouant également un personnage asiatique, était un Blanc grimé)
  • N’évoquent jamais la prostitution des Blanches
  • N’évoquent aucun sujet vulgaire, répugnant ni désagréable et respectent la sensibilité du spectateur : tout film doit pouvoir être vu par l’ensemble de la famille.
  • Ne présentent aucune scène de nudité, ni de déshabillage, ni des vêtements trop révélateurs.
  • Ne présentent aucune scène d’accouchement, même suggérée (la future mère doit être vue enceinte, puis fondu au noir et passage directement à une scène où l’enfant est déjà né).
  • Ne présentent en outre aucun des sujets suivants à l’écran : l’électrocution, l’esclavage de Blancs, la cruauté envers les enfants, les opérations chirurgicales, le tatouage.
  • Ne se moquent d’aucun ministre du culte ni d’aucune religion, à l’exception éventuelle de superstitions tribales et sauvages.
  • Ne se moquent jamais du drapeau américain, ni ne le détériorent de quelque manière que ce soit à l’écran (même quand cette détérioration serait le fait d’un méchant).
Une image impossible après le Code

Si le code Hays est jugé excessif en 1922, il va peu à peu gagner en popularité, et devenir, à l’orée des années 1930, une norme reconnue, même si elle n’est pas encore obligatoire. Témoin : le personnage de Betty Boop, qui en dix ans passe de flapperette dévergondée (robe courte, jarretelle visible, attitude séductrice) à jeune fille rangée (robe longue et bas opaques, col claudine). Il faut dire que la pauvre Betty a été victime de son succès et de son aspect sexy : dans le slang quotidien, boop-boop-pee-doo est devenu un synonyme de sexe.

De même, dans les films Tarzan, Jane passera d’un bikini de peau de bête en 1930 à une robe complète (toujours en peau de bête), couvrant les épaules et descendant jusqu’aux genoux en 1938.

En 1929, nous sommes donc dans les dernières années de l’Hollywood « pre-code » : certains studios sont déjà convertis, d’autres résistent encore au puritanisme et font assaut de grivoiserie, de sous-entendus, voire de visuels franchement lascifs. C’est l’époque des premiers films en maillots de bain (qui ne referont leur apparition qu’après 1954, au moment des grandes comédies musicales aquatiques), des grands films de gangsters, etc.

Révolution du parlant

L’autre grand événement hollywoodien, c’est bien entendu l’arrivée du cinéma parlant. D’abord réservé à des films courts, il devient, avec Le Chanteur de Jazz, en 1927, une norme pour les long-métrages. Et à Hollywood, cela représente un changement générationnel considérable : le son, associé à la normalisation d’un tournage à 24 images/seconde (ce qui élimine l’effet d’ « accéléré » des films plus anciens, souvent tournés à 16, voire à 14 images/seconde) change complètement la manière de jouer. Si certaines super-stars, comme Chaplin, peuvent se permettre de refuser le son et de continuer à produire des films muets, auxquels ils se contentent d’ajouter de la musique, la plupart des autres doivent s’adapter. Le son augmente considérablement les coûts des films et oblige à créer des effets de doublage ou de sous-titrages, alors que les films muets s’exportaient jusqu’alors facilement, en changeant simplement la langue des cartons inter-scènes.

Chaplin, par ailleurs, est dans la tourmente et ne surnage que parce qu’il peut se permettre de produire lui-même ses films : deux ans après leur mariage, son épouse Lita Grey l’accuse, en 1926, d’inconduite sexuelle, d’infidélité et de désirs pervers et contre-nature (il aurait demandé à sa femme une fellation, pratique qui, aux yeux des lois en vigueur en Californie, relève effectivement de la perversion et constitue une felony).

Oscars

Enfin, Hollywood, c’est aussi les paillettes. Et plus particulièrement, le 16 mai 1929, lors d’un dîner au Roosevelt Hotel rassemblant plus de 250 personnes, la première cérémonie des Oscars, présidée par un Douglas Fairbanks déjà vieillissant mais toujours aussi beau. Au cours de cette cérémonie, la profession rassemblée exprime son soutien à Chaplin, en lui remettant un oscar d’honneur pour sa polyvalence et l’ensemble de sa carrière. C’est à la fois une reconnaissance sincère et un enterrement de première classe : en 1928, avec Le Cirque, il a remporté son plus gros succès d’audience, et aucun de ses films par la suite (pas même Le dictateur, en 1940) ne lui vaudra autant de succès.

Les studios

Les grands studios

Universal (1912)

Longtemps spécialisé dans les films sériels moyen-métrage et à petit budget. Beaucoup de films aujourd’hui classés en série B. A partir de la deuxième moitié des années 1920, Universal devient le premier producteur de films d’horreur ou de films fantastiques.

Mais à partir de 1928, le studio commence à se pencher vers des projets plus sérieux, et commence notamment le tournage d’A l’ouest, rien de nouveau, tout en continuant à produire des films fantastiques. Fin 1929, a commencé le tournage de Dracula, avec Bela Lugosi.

Plutôt anti-code mais en cours d’évolution.

Paramount (1912)

Adolph Zukor, créateur du studio, s’est spécialisé dans le reprise filmée de succès de théâtre, notamment La Prisonnière de Zenda ou encore Le Comte de Monte-Cristo.

Le studio s’est assuré les services de Cecil B. DeMille, et s’est installé dans un système double : des films comiques courts et vite filmés qui assurent une rentrée d’argent régulière et de grands films en costumes, épiques, souvent bibliques (comme Les dix commandements, 1923) ou western, plus rares et bien plus coûteux, sortant plus rarement.

En 1919, Paramount pensait avoir fait une bonne affaire en s’assurant les services de Roscoe Arbuckle, de Virginia Rappe et de Mabel Normand. Les scandales liés à ces trois stars ont considérablement éclaboussé la réputation du studio, qui a mis des années à s’en remettre.

Mary Pickford, grande star dans les années 1910, est désormais passée de l’autre côté de la caméra et réalise de nombreux courts et moyens métrages. 

Dès 1922, Paramount a donc donné des gages aux ligues de vertu. Et en 1928, il a rejoint la MGM comme signataire du Code Hays.

Warner Bros (1903)

Studio longtemps considéré comme un Poverty Row (films à petit budget, produits et filmés très rapidement), WB a commencé à évoluer à partir de 1926. Pionnier du film parlant, puisque producteur du Chanteur de Jazz en 1927, le studio est, en 1929, en plein changement.

En 1928, WB a acquis First National Pictures, un studio jusque là indépendant et détenu par des acteurs, spécialisé dans les films populaires. Cette acquisition a permis à WB de faire entrer Chaplin dans son écurie.

FNB a également permis à la Warner de mettre la main sur l’une des meilleures équipes de spécialistes en effets spéciaux, notamment responsables des dinosaures (à l’époque considérés comme une prouesse technique) de The Lost World (1925).

En 1929, WB réalise un nouvel exploit technique : le premier film à la fois parlant et en Technicolor. Pour l’instant réservée aux films légers de type comédie chantée (claquettes, paillettes, etc.), la couleur est en train de devenir la marque de fabrique de WB.

Mitigé au sujet du Code, WB est en plein questionnement : la direction y est plutôt favorable mais les équipes, et notamment les artistes, plutôt défavorables. Chaplin s’est prononcé contre le Code (malgré le fait que la plupart de ses propres films ne sont pas concernés par les interdictions) mais son odeur de soufre a rendu son discours peu audible.

Ne pouvant se débarrasser de Chaplin, bien trop populaire, la direction a cependant décidé de renouveler l’image de son cheptel, et, entre 1928 et 1929, a en particulier renoncé à deux de ses superstars : Rintintin (dont le succès va faiblissant) et Douglas Fairbanks (suite à un conflit avec lui sur des questions de droit à l’image).

Columbia (1918)

En 1929, Columbia est encore un studio du Poverty Row, produisant un très grand nombre de films à petit budget, vite tournés, mal payés, et toujours courts ou moyens métrages. Ces films sont soit des comédies familiales, soit des mélodrames romantiques.

Le studio, que Frank Kapra a réussi à séduire l’année précédente, vient tout juste de sortir Bessie à Broadway, son tout premier long métrage, et pour l’heure, ce luxe est réservé à Kapra.

En termes d’écurie, Columbia est pauvre et emploie volontiers des acteurs de seconde zone, comme Billy West (qui imite Chaplin) ou encore Neely Edwards (un spécialiste du vaudeville, avec portes qui claquent et amants dans les placards). Les films Columbia représentent volontiers des criminels, des prostituées, des filles légères, d’adorables idiotes, etc.

Du fait de l’aspect volontiers grivois de certains de ses sujets, Columbia est plutôt anti-code. Mais qu’attendre d’autre d’un studio aussi médiocre ?

Metro-Goldwyn-Mayer (1924)

Studio récent, et premier à se convertir officiellement au Code, MGM est également celui qui résiste le plus activement au passage au parlant : outre quelques grosses productions en technicolor et parlantes, il produit pour l’essentiel des films muets, et continuera à le faire jusque dans les années 1940.

Contrairement à ce que son nom indique, MGM est le résultat de l’association de Marcus Loew et de Louis Mayer. Mais Samuel Goldwyn, évincé de la direction dès 1925, s’est retiré très vite.

MGM produit pour l’essentiel des films à la fois très corrects et très glamour, jouant sur le goût des paillettes, de la vie rêvée des stars, etc. Beaucoup de comédies dansées (pas encore sonores mais avec disque joué en fond), de comédies romantiques, mais aussi quelques films à très gros budget, comme Ben Hur (1925), ou encore Le viking (1928).

Les autres studios

Une foule de studios mineurs se bousculent également à Hollywood. Parmi eux, on peut compter :

  • United Artists, fondé par Chaplin, Griffith, Pickford et Fairbanks pour favoriser les œuvres originales et échappant aux diktats du marketing.
  • RKO pictures, à l’origine un studio d’enregistrement radio, qui s’est spécialisé dans le théâtre filmé.
  • Les Studios Disney ne produisent pour l’instant que des courts-métrages d’animation mais commencent à connaître un vrai succès.
  • Tiffany Films ne produit que deux à trois films par an, et presque exclusivement du film noir ou du drame avec jeunes filles innocentes exploitées par des malfrats sans pitié, mais heureusement toujours sauvées in extremis.
  • Mascot Pictures, qui s’est installé à Santa Monica, produit exclusivement des westerns musicaux, avec danses et chansons.
  • Larry Darmour movies, également à Santa Monica, se spécialise dans les westerns ( Ranger Courage, The fugitive sheriff ) et les films à mystères.
  • Victory Studio (qui deviendra plus tard Puritan Pictures) ne produit que des fables morales et bien-pensantes.
  • Dwain Atkins Espers est un producteur qui signe à son nom propre des films présentés comme des mises en garde pour jeunes générations, mais qui sont surtout l’occasion de contenus lourdement chargés en violence, sexe, usage de drogues, etc. Le tout pour la bonne cause, bien entendu. Il sera plus tard considéré comme le père des films d’exploitation.
  • Depuis la fondation en 1928 de l’Union Nudiste Américaine, certains petits studios ont également produit des films « documentaires » sur le sujet, et ceux-ci semblent rencontrer un certain succès.
  • Enfin, plus bas encore dans l’échelle des budgets : des entreprises comme Astors Studio, Pantages et Realart pictures produisent des films sans jamais tourner : elles rachètent aux studios de vieilles bobines ou des passages de films à succès non retenus au montage et les remontent, en les doublant ou en produisant du muet, pour créer de nouvelles histoires. Rarement brillantes. Pantages a obtenu un assez gros succès en 1927 avec Is your daughter safe ?, présenté comme une mise en garde contre les risques de prostitution pouvant concerner les jeunes filles, et qui a été immédiatement classé X. Sans doute voulait-il trop montrer le sujet qu’il dénonçait…

Enfin, pour en finir avec les sériez Z et les films d’exploitation : deux producteurs indépendants sont également connus pour en faire; Harry Cohn a ainsi produit en 1927 The Tigress, film sulfureux qui est sans doute à l’origine du terme cougar. Willis Kent, lui, se complait dans les histoires de déchéance personnelle de jeunes gens tentés par la drogue (The Pace that kills, 1928), avec débauche de violence, de scènes d’humiliation, etc.

Mais les films mineurs ne sont pas tous de ce registre : en réalité, ce sont les films chantants, les romances, les films dansants (surtout claquettes), les westerns et les films de gangsters qui constituent la majorité de la production, même pour les petits studios.

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